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[Startup Tour] Bloomlife, l’objet connecté qui mesure les contractions des futures « mamans »

La startup Bloomlife veut comprendre le mécanisme de la grossesse et aider les « mamans lors de cet événement crucial de la vie. Pour cela, elle développe un objet connecté qui mesure les contractions des femmes enceintes.  

Entre Liège, en Belgique et San Francisco, aux États-Unis, le lien ne semble pas évident. C’est pourtant le voyage effectué par les deux fondateurs de la startup Bloomlife. Nous avons pu découvrir en détail le projet de Julien Penders, cofondateur et COO de cette jeune entreprise née en janvier 2014.

L’objet présenté lors du CES 2017 à Las Vegas peut laisser pantois. Il s’agit d’une sorte de patch connecté à fixer sur le ventre des femmes. Curieux que cela. Cependant, le projet de Bloomlife est tout à fait sérieux. Le COO de l’entreprise atteste de son parcours de chercheur. Il explique :

 « A ce moment là, nous travaillions mon associé Éric Dy et moi au sein de l’IMEC, l’Institut de microélectronique et composants basé à Louvain. Je dirigeais un groupe de recherche qui créait des objets connectés pour le monitoring de la santé pour des applications médicales et consommateurs. Nous avons développé des casques pour mesurer les ondes du cerveau, nous avons développé des patchs pour mesurer le rythme cardiaque et des montres connectées 6 ans avant que ce soit l’objet cool sur le marché. »

Un vrai manque de données pour les mamans et les médecins

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Julien Penders et Eric Dy auraient très bien pu continuer leur carrière dans l’un des plus importants laboratoire de recherche universitaire européen. C’était sans compter un événement important dans la vie du premier nommé :

« Il se fait que ma femme est tombé enceinte en 2013 et nous nous sommes rendus compte que pendant une grossesse les jeunes couples avaient énormément de questions sur la santé du bébé, sur les choses à faire ou à ne pas faire pendant cette période, et sur la manière dont une grossesse se déroule. Après cette expérience, nous avons compris que nous pouvions répondre à beaucoup de ces questions avec les technologies que nous avions développé pour d’autres applications auparavant.« 

De là est née l’idée de Bloomlife, l’idée d’un objet connecté qui aide les femmes enceintes. « Nous avons très rapidement pris rendez-vous avec les gynécologues et les médecins pour discuter de l’intérêt médical. Là aussi il y avait un vrai sujet. Les pratiques de l’obstétrique et de la gynécologie sont basés sur des pratiques relativement âgées. Nous avons noté un vrai manque de données fines concernant le déroulement de la grossesse et l’état du bébé. Nous avons donc décidé de combiner objet connecté et analyse Big Data.

   A partir de cette « mission » scientifique et plusieurs itérations, (« je ne vous le cache pas » s’amuse le COO) les deux fondateurs ont conçu Bloomlife, un tracker capable de mesurer les contractions afin de rassurer les mères et fournir aux médecins des données cruciales pour comprendre cette période de la naissance.

Répondre aux normes de sécurité

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Le premier produit de Bloomlife a donc vu le jour après une étude de marché menée en 2014 par la startup. Selon les résultats évoqués par Julien Penders : « Deux questions se posent pour la maman : comment va mon enfant ? et quand il va sortir ?« 

Cette première version commerciale a donc été réalisée selon ces deux critères en ne prenant en compte qu’un paramètre, pour l’instant. En effet, le patch connecté est conçu pour les neuf mois de grossesse, mais est essentiellement utile lors du dernier trimestre, puisque c’est à moment que se produisent les contractions.

Pour cela, l’objet se connecte en Bluetooth Low Energy au smartphone ou à la tablette de l’utilisateur et l’application permet de visualiser les données stockées dans le Cloud. Le capteur dispose donc d’une connectivité moins nocive que d’autres appareils connectés. De plus, les concepteurs ont pensé le système afin que l’émission d’ondes se produise vers l’extérieur et non en direction du ventre de l’utilisatrice.

Afin de respecter les normes et respecter la santé de la mère et de son enfant, les fondateurs de Bloomlife ont passés plusieurs certifications commerciales aux Etats-Unis, le pays où ils se sont installés pour poursuivre le projet. Ils ont ainsi obtenu des certifications FCC, EMC, EMI de niveaux avancées prouvant la non-dangerosité du produit en termes d’émission d’ondes et de champs électromagnétiques. « Nous avons vérifiés que le produit soit d’une qualité de fabrication médicale, sans pour autant demander le FDA puisque notre application IoT n’a pas encore de valeur diagnostic. Cela va changer, bien évidemment.« 

Le FDA est un sigle prouvant qu’un produit a une valeur médicale. Il s’agit de l’équivalent du marquage CE dispositifs médicaux en Europe. Pour un objet connecté, cela implique une fabrication particulière et un respect des normes des données de santé.

Les données hébergées par Bloomlife dans le Cloud sont anonymisées dans l’objectif de les comparer entre les femmes utilisatrice du service. « Cela permet de vérifier si en tant que femme enceinte le rythme de vos contractions est normal » précise le COO. « Notre vision : les mamans doivent posséder les données. Nous leur demandons si elles veulent partager les données avec nous afin de participer à la recherche médicale. Nous observons les raisons possibles des maladies de grossesses, pour l’instant des naissances prématurées à partir des informations transmises. »

« Nous avons avant tout une mission de recherche, la partie est commerciale est un supplément » affirme Julien Penders.

Le tracker de Bloomlife : un produit as a service

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Bloomlife n’est pas un capteur connecté comme les autres commercialement parlant. La plupart des concepteurs de produit de ce genre vendent le produit et donnent accès à une application gratuite. Ici le modèle s’avère totalement « as a service ». La jeune entreprise « loue » des patchs au trimestre uniquement sur le marché américain. Le premier mois est facturé 150 dollars, le second 100 et le troisième 50 dollars si les futures mères utilisent le service pendant toute la durée de la période de contraction. Des autocollants de rechange sont envoyés aux utilisateurs  « Il y a un frein pour acheter pour trois mois et pour nous cela nous permet d’amortir le coup des capteurs sur plusieurs utilisatrices et de réduire le prix que nous demanderons à nos futures clientes. »

L’année dernière, la startup a lancé une phase pilote pendant 5 mois. 500 mamans à travers tous les Etats-Unis ont fait confiance au service, sans publicité. Pour le cofondateur et son équipe, cela a permis de tester la validité du service proposé. « Nous avons appris énormément sur le produit, au niveau technique, mais également sur la valeur ajoutée du service. »

Aider la recherche autour de la santé féminine

L’entreprise a reçu de nombreux témoignages :  « des mères ont pu se rendre à l’hôpital à temps alors qu’elles habitaient loin, nous avons permis de détecter des phases de travail alors que la personne ne s’en rendait pas compte, etc. Nous avons pu accompagner les grossesses en réduisant le stress des femmes enceintes« .

Une nouvelle aventure commence tout juste. Le véritable lancement commercial du produit de Bloomlife a eu lieu lors du Consumer Electronics Show de Las Vegas et l’expédition de cette version finalisée aura lieu en mars 2017.

L’entreprise a l’opportunité de conquérir ce marché dédié aux futures mamans : « Il y a beaucoup d’applications et quelques objets connectés pour la fertilité, des produits pour monitorer le bébé, mais quand nous nous sommes lancés il n’y avait rien pour la grossesse. Des acteurs se lancent à notre suite, c’est bon signe.« 

Les investisseurs comme Marc Benioff, fondateur de Salesforce et le VC californien Act One Ventures ont donné leur marque de confiance en août 2016. La jeune compagnie a ainsi levé 4 millions de dollars lors de ce tour de table. A l’avenir, notamment grâce à ce financement, Bloomlife compte offrir plus de fonctionnalités aux consommateurs. Dans un second temps, l’objectif sera de rendre service à la sphère médicale en interprétant les données. Enfin, le cofondateur espère atteindre le marché européen en 2018. Julien Penders n’oublie pas clairement pas ses origines.

logo question bloomlife

Sans hésiter, je dirais l’équipe et l’esprit qu’il accompagne. C’est très important au stade où nous sommes. Nous restons une seed stage startup.

Nous avons eu un obstacle particulier à notre domaine. La santé féminine en général était compliquée à plusieurs niveaux : peu d’investissement et peu d’innovation ralentissaient la levée de fonds. Les investisseurs nous disaient : « pourquoi vous ciblez ce domaine, c’est un marché de niche ». 51 % de la population mondiale est féminine et les 49 % restants n’existeraient pas sans les femmes. Je me disais ironiquement : ‘ah, oui nous nous attaquons à un marché de niche !’ Nous avons dû éduquer la communauté et sensibiliser les investisseurs à la santé féminine.

Identifier le premier marché de manière très clair. On sort des produits IoT à toute les sauces. Les produits doivent répondre à un problème très bien défini et à un problème réel. Le monitoring du glucose pour les diabétiques est un bon exemple. Nous sommes un autre exemple, il y a une demande de suivi de la grossesse et nous proposons une solution.

Valider le marché. C’est bateau, mais c’est extrêmement important. Définir, le produit, le besoin et les fonctionnalités qui en découle. Sans cette étape, on ne peut pas se lancer commercialement.

Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. Le crowdfunding, kickstarter, a un aspect intéressant, mais il s’agit plutôt d’un moyen pour entamer la pré-vente du produit. Si l’on se sert de la somme récoltée pour développer, on a plus de cash pour faire l’inventaire. Il faut utiliser les bonnes techniques de financement pour les bonnes choses. Il faut regarder au cas par cas et choisir le bon moyen au bon moment.

 

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A propos de Gaetan R

Diplômé d'un Master de recherche cinématographique, j'ai bifurqué vers le journalisme. Le domaine de la High Tech est une de mes passions et je vois dans l'IoT une révolution plus qu'un phénomène de mode.

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2 Commentaires

  1. Bonjour, petite erreur dans l’article, le fondateur de Salesforce s’appelle Marc BENIOFF.

    Merci,
    Margot

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