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Big data et e-santé, une grande utilité ?

Le wearable est-il si utile que ça pour la santé ? Une question sur laquelle a mis le doigt Mike Lynch, le milliardaire du Big Data. Selon lui, les données médicales collectées par les accessoires de la e-santé ne sont rien d’autre qu’une « grande distraction » pour les professionnels du secteur médical. 

Connu pour avoir vendu sa compagnie Autonomy (société d’éditions de logiciels d’entreprise) à HP pour 11,7 milliards de dollars en 2011, Mike Lynch est depuis longtemps considéré comme un visionnaire dans le monde des TIC, et fut d’ailleurs élu personnalité la plus influente au Royaume-Uni en 2011 par le magazine UKTech 50. Il a fait également parler de lui avec sa méthode « Meaning-Based computing« , qu’il appliquait au sein de son entreprise dont la principale technologie, Intelligent Data Operating Layer (IDOL) permettait la recherche et le traitement de texte extrait de bases de données.

L’utilité des wearables remise en cause

Actuellement, Mike Lynch travaille avec le gouvernement sur l’utilité des wearables, dont le marché en France a représenté 800 000 unités vendues en 2015 pour un chiffre d’affaires de 140 millions d’euros. Un marché qui manque encore de notoriété auprès des consommateurs. Cela s’explique en raison de la méfiance des utilisateurs vis à vis du Big Data et de la réelle efficacité de ces dispositifs. Efficacité remise totalement à jour par Mike Lynch. Selon lui, bien que Fitbit et l’Apple Watch fassent une montée spectaculaire, les informations collectées ne servent pas à grand chose pour les médecins. Pour lui, certains dispositifs e-santé donneront toujours de fausses alarmes, et les professionnels de la santé n’ont pas la matière nécessaire pour traiter avec toutes ces données. Surtout face à des patients de plus en plus autonomes.

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Quand le Big Data des wearables pénalisent les médecins…

Supposons par exemple qu’à force de voir ses données cardiaques ou respiratoires, le consommateur viendra à se poser des questions qu’il ne se serait jamais posé sans de tels dispositifs. Cela engendrerait des rendez-vous médicaux inutiles et coûteux pour la sécurité sociale. Selon lui, il faudrait user de nouveaux systèmes qui aident les docteurs dans l’usage du Big Data.

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Pierre Simon lors d’une conférence au FAMx en Chine en 2014

Mike Lynch propose l’association entre une plateforme dédiée aux wearables, telles que Fitbit et MyFitnessPal, et les cliniques. Comme le recommandait sur notre site Pierre Simon, expert en e-santé et ex-président de SFT Antel : « pour que les produits s’intègrent au corps médical, il faut que les objets aient d’abord été validés avant par les professionnels de la santé pour qu’il n’y ait pas d’accident.« .

Or aujourd’hui, e-santé rime avec consumérisme et l’on voit un grand nombre de dispositifs arriver sur le marché, sans qu’un véritable dialogue s’instaure avec les médecins. A contre-courant de ce mouvement, Lynch a investi 13,75 millions de dollars dans une startup dédiée à la santé : Sophia Genetics. La jeune pousse a construit une plateforme dans le but d’analyser les données autour des génomes et d’aider les cliniciens dans leur diagnostic pour traiter des maladies comme le cancer.

…et inquiètent les patients

Selon une étude du cabinet Accenture, il existe deux fois plus d’utilisateurs d’objets connectés de santé qu’en 2014. Et s’ils étaient 27% à user d’un dossier médical électronique en 2014, ils sont 45% en 2016. Ce chiffre pourrait sembler positif car de plus en plus de personnes prennent soin d’elles grâce aux wearables. Néanmoins, cet usage autonome et cette connaissance de ses données peut les mener à vouloir tout contrôler dans leur dossier médical électronique. Ils sont maintenant 86% à vouloir ajouter eux-mêmes des informations de nature démographique, à vouloir enregistrer de nouveaux symptômes et qui désirent enrichir l’historique médical de leur famille.

Big Data
Sondage du Cabinet Accenture auprès des patients et des médecins sur l’accès au dossier médical en ligne.

Un désir qui s’oppose à celui des médecins : si 92% des sondés souhaitent accéder à l’intégralité de leur dossier, seulement 18% des médecins sont de cet avis. Ainsi, bien que le wearable renforce le lien entre patient et médecin, il peut entacher leur rapport en supprimant la crédibilité du médecin. Si celui-ci devait faire face à des patients avec des pages Wikipédia imprimées, aujourd’hui, c’est avec les accessoires d’e-santé qu’il devra rivaliser.

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