Pokémon GO ouvre la voie à une plateforme universelle pour la smart city

Outre l’aspect novateur et attrayant de ce nouveau jeu pour smartphone, Pokémon GO est un véritable phénomène social. Son concept serait également une introduction à des changements de comportements qui faciliteraient le développement de la smart city. 

Nous n’avons pas encore écrit de sujet sur l’application Pokémon GO, qui a déjà cumulé plus de 75 millions de téléchargements dans le monde en 19 jours. Nous avons laissé cela aux sites grand public, qui ont déjà sorti de nombreux articles sur les possibilités de numérisation qu’offre ce jeu. Toutefois, l’application représente une évidente ouverture vers la smart city. 

Pour rappel, le principe du jeu est d’attraper des Pokémon qui apparaissent en réalité augmentée, grâce à l’appareil photo de votre smartphone. En fonction de votre position dans la ville, il est possible d’attraper des Pokémon plus ou moins rares, rejoindre d’autres joueurs dans des zones où des Pokémon affluent, aller chercher des bonus dans des zones difficiles d’accès ou encore se renseigner sur différents lieux touristiques.

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Des changements de comportement propices à la smart city

Nous parlons de ce jeu sur objetconnecte.com, car sous des apparences de phénomène éphémère et cyclique, il pourrait représenter la première forme d’une plateforme de réalité augmentée pour les villes intelligentes, permettant de piloter l’engagement et la participation des citoyens dans les initiatives de la ville.

Pokémon GO n’est pas seulement un jeu à succès couvert par la presse geek et technologique puisqu’il en résulte une présence physique des citoyens dans les espaces publics, devenant ainsi un véritable phénomène de société. Depuis sa sortie, de nombreux litiges entre les dresseurs ont éclaté, un groupe de jeunes a volé un bateau pour se rendre sur une île pour capturer des Pokémon rares et des automobilistes auraient même pris la liberté de s’arrêter en pleine autoroute pour attraper une créature rare. Une multitude de cas ont été évoqués.

Cette application est un descendant direct de Ingress, également conçu par Niantic Labs, qui utilise un moteur de réalité augmentée similaire pour fournir un jeu mettant en scène une invasion extra-terrestre. Zombie Run, à l’image de Pokémon GO, était un jeu basé sur Google Maps permettant aux joueurs d’éviter des zombies en réalité augmentée se déplaçant dans la ville. Chromaroma avait promis de créer des jeux pour les transports publics en utilisant l’API fournie pour le système Oyster Card à Londres. Cette expérience avait pour but de donner un peu de magie aux espaces publics et aux transports.

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Une application qui permettrait de contrôler les foules

Le concept de ce jeu est qu’il joue sur la passion et les pulsions, poussant les utilisateurs à sortir de chez eux et à améliorer leurs relations sociales. Derrière cela, une véritable économie est en train de se mettre en place. Depuis sa sortie sur les stores le 7 juillet dernier, Niantic Labs a engendré plus de 14,4 millions de dollars grâce à ce jeu. Nintendo, quant à elle, est montée de 16% à la bourse de Tokyo, dépassant même Sony, un de ses plus grands concurrents. Certaines entreprises utilisent déjà des leurres (modules permettant d’attirer des Pokémon dans un lieu donné pendant 30 minutes) dans le but d’attirer des clients dans leurs magasins.

Lorsque l’on observe ce type de pratique et la multitude de données que ce jeu est capable de générer, on peut imaginer que les villes auraient tout intérêt à adopter le jeu Pokémon GO ou une application basée sur la réalité augmentée, pour augmenter la fréquentation de certains lieux. Les grandes entreprises sont aujourd’hui engagées dans la course aux données personnelles pouvant rapporter gros et être revendues à de multiples clients. Avec la transmission de l’email, âge, nom et prénom des joueurs, numéro de téléphone, géo-localisation, adresse IP et numéro d’identification du smartphone, on peut penser que Pokémon Go est la définition même du Big Data.

À ce jour, la principale utilisation de la réalité augmentée dans le cadre de la ville intelligente permettrait de contrôler les foules. Par exemple, il serait possible d’influencer la population sur leurs itinéraires et dans leurs déplacements pour diverses raisons. Dans les gares, du personnel s’occupe de diriger les piétons alors que des personnages en réalité virtuelle feraient largement l’affaire, si une plateforme de réalité augmentée quelconque venait à être acceptée par un large public.

Un moyen d’augmenter l’engagement des citoyens dans les projets de la ville

Ces créatures virtuelles ont le potentiel de contribuer à la solidarité sociale et intégrer de nouvelles fonctionnalités comme les alertes, permettant de savoir si l’utilisateur est en sécurité. Ce type de fonctionnalité servirait pour les enfants perdus, pour les femmes se promenant seules ou encore dans le cadre du co-voiturage. Cela pourrait également influencer les utilisateurs à se diriger vers des lieux précis comme un nouveau magasin en pleine promotion, un nouveau restaurant, etc

L’engagement et la participation des citoyens font partie des principaux défis pour les projets de villes intelligentes. Des applications à l’usage détourné et basées sur la durabilité pourraient entraîner un changement de comportement significatif des citoyens. Par exemple, les applications fournissant des informations en temps réel sur les réseaux de transports en commun ont comme objectif, en partie, d’encourager les citoyens à ne plus utiliser leurs voitures pour marcher, faire du vélo et utiliser les transports publics.

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Nous avons pu constater à plusieurs reprises, notamment dans le secteur de l’industrie, que la réalité augmentée permettait une interaction parfaite entre l’IoT et les humains. Dans le passé, les jeux ont déjà montré leur potentiel pour éduquer les utilisateurs à de nouvelles interfaces et modes d’utilisation. Avec Pokémon GO, elle montre également le potentiel du schéma de la ludification au service du développement des villes intelligentes. En effet, une application smartphone permettant d’améliorer les relations sociales et divertir est beaucoup plus attrayante que les dispositifs publics tactiles que les municipalités tentent d’installer pour exposer leurs données et applications aux habitants.

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