Le réseau LoRa connecte des capteurs sur de longues distances avec une consommation électrique minime. Semtech détient le brevet de cette modulation radio, exploitée par plus de cinq cents millions d’appareils dans le monde.
Le sigle LoRa désigne Long Range, une couche physique radio brevetée par la société grenobloise Cycleo. Semtech a racheté cette technologie en 2012 et supervise aujourd’hui son écosystème via la LoRa Alliance. Le protocole LoRaWAN, construit sur cette couche radio, alimente plus de 500 millions de capteurs dans le monde. Portée exceptionnelle et faible consommation expliquent son adoption massive en agriculture, dans l’industrie et pour les villes intelligentes.
L’essentiel à retenir sur le réseau Lora,
- Le réseau LoRa est la couche physique radio brevetée par Cycleo puis rachetée par Semtech en 2012.
- LoRaWAN est le protocole réseau bâti au-dessus, régulé par la LoRa Alliance depuis 2015.
- Le réseau atteint 5 km en zone urbaine et 15 km en zone rurale, avec une autonomie de capteur dépassant 10 ans grâce aux bandes libres 868 MHz (Europe) et 915 MHz (Amérique du Nord).
Qu’est-ce que le réseau LoRa ?
La modulation CSS (Chirp Spread Spectrum) constitue le cœur technique de la technologie LoRa. Cette technique d’étalement de spectre répète le signal transmis sur des fréquences variables, ce qui lui permet de demeurer lisible même en présence d’un bruit radio important ou d’un signal faible.
La société grenobloise Cycleo a déposé le brevet de cette modulation avant son rachat par Semtech en 2012. Cette dernière esst une entreprise californienne de semi-conducteurs qui détient aujourd’hui l’exclusivité de la puce physique. Le réseau LoRa désigne uniquement la couche physique radio, c’est-à-dire la façon dont l’onde transporte l’information.
Le protocole LoRaWAN, distinct, définit l’architecture réseau complète bâtie au-dessus de cette couche : format des paquets, gestion des clés de sécurité, classes d’appareils et règles d’accès au réseau. Cette distinction évite une confusion fréquente entre la brique radio et le protocole applicatif.
La LoRa Alliance, consortium à but non lucratif fondé en 2015, régule désormais les spécifications LoRaWAN et rassemble plus de 500 entreprises membres. L’UIT ou Union internationale des télécommunications reconnaît officiellement LoRaWAN comme norme de référence pour les réseaux LPWAN (Low Power Wide Area Network). Il s’aligne sur des concurrents comme Sigfox ou NB-IoT.
Comment fonctionne le réseau LoRaWAN au quotidien ?
Une architecture en étoile relie chaque capteur LoRaWAN à une ou plusieurs passerelles, sans relais intermédiaire entre les nœuds. Chaque passerelle capte simultanément les signaux de milliers d’appareils dans son rayon de couverture puis les transmet vers un serveur réseau (LNS) via une connexion Ethernet, cellulaire ou fibre. Trois classes d’appareils structurent ce fonctionnement du protocole.
La classe A, la plus répandue, privilégie l’économie d’énergie. Le capteur ne transmet que s’il a une donnée à envoyer, puis ouvre deux brèves fenêtres de réception successives. La classe B ajoute des créneaux de réception réglés via une synchronisation par balises régulières émises par les passerelles.
Enfin, la classe C maintient une écoute quasi permanente. Cela se fait néanmoins au prix d’une consommation électrique nettement supérieure. Cette option convient aux actionneurs qui exigent une réaction rapide comme un interrupteur ou une vanne.
Le chiffrement AES-128 protège chaque paquet à deux niveaux distincts, réseau et applicatif, ce qui empêche un opérateur réseau de lire le contenu métier des données transmises. Cette architecture décentralisée se combine à une bande passante étroite. Cela explique pourquoi un unique concentrateur peut gérer un nombre élevé d’objets simultanément sans saturer le spectre radio disponible. C’est différent aux réseaux cellulaires classiques avec leurs stations coûteuses.
Portée et autonomie offertes par le réseau LoRa
La bande des 868 MHz couvre l’Europe et la bande des 915 MHz s’applique en Amérique du Nord. Chacune exploite sans licence dans le spectre ISM partagé. Cette absence de licence réduit les coûts d’exploitation. Elle impose néanmoins des limites réglementaires de temps d’émission et de puissance, appelées duty cycle. La portée théorique atteint 5 km en zone urbaine dense et jusqu’à 15 km en zone rurale dégagée. Cela dépend de la topographie et les obstacles rencontrés par l’onde radio.
Un capteur alimenté par pile fonctionne généralement plus de 10 ans sans remplacement. Il utilise un débit volontairement limité entre 0,3 et 22 kbps. Semtech a présenté début 2026 la puce LR1121. Cette dernière combine pour la première fois la connectivité terrestre sub-GHz, la bande 2,4 GHz et la bande satellite S dans un seul composant intégré. Et cette convergence répond à une limite historique majeure.
Environ 70 % de la surface terrestre demeure dépourvue de passerelle LoRaWAN. Cela se voit notamment les zones maritimes, désertiques et forestières éloignées. Les premiers capteurs et passerelles intégrant cette bascule automatique terre-satellite arrivent progressivement sur le marché européen au cours de l’année 2026. C’est en tout cas ce qu’affirment les fabricants concernés.
Quels usages concrets pour le réseau LoRa en France ?
Le réseau public LoRaWAN d’Orange, baptisé Live Objects, couvre plus de 95 % de la population française et 30 000 communes du territoire. Cette infrastructure historique dessert des usages variés. Cela inclut un relevé de compteurs d’eau intelligents et la géolocalisation d’actifs industriels. À cela s’ajoute la surveillance de cuves ou de silos agricoles isolés.
Le groupe suédois Netmore a repris en 2024 les actifs du réseau Objenious de Bouygues Telecom. Ensuite, il a racheté la société Actility en janvier 2026. Cela a amené à la formation du plus vaste opérateur LoRaWAN mondial avec plus de 14 millions d’objets sous contrat actif.
Dans l’agriculture de précision, cela se traduit par l’exploitation des sondes d’humidité du sol. On y utilise également des stations météo autonomes fonctionnant plusieurs années sans intervention humaine ni maintenance. Et les villes intelligentes déploient quant à elles des capteurs de stationnement et des poubelles connectées. Il y a aussi les systèmes d’éclairage public adaptatif selon la fréquentation réelle.
Pour le secteur industriel, on découvre la surveillance à distance des équipements isolés. Cela inclut des vannes ou des compteurs, sans câblage électrique complexe à installer. Les collectivités territoriales privilégient aussi de plus en plus des réseaux privés, administrés en interne. Cela assure la souveraineté de leurs données face aux réseaux publics partagés entre plusieurs clients concurrents.
The Things Network couvre Amsterdam en six semaines grâce au bénévolat
En août 2015, deux ingénieurs néerlandais débutent à Amsterdam. Wienke Giezeman et Johan Stokking installent une dizaine de passerelles. Ils couvrent toute la ville en six semaines. Cette initiative donne naissance à The Things Network (TTN). C’est un réseau LoRaWAN. Il est construit et financé par ses propres utilisateurs. Il ne dépend pas d’un opérateur télécom classique.
Live Objects d’Orange et le réseau racheté par Netmore fonctionnent autrement. Avec TTN, chaque passerelle appartient à l’installateur. Une personne ou une entreprise gère la maintenance de son équipement. Le modèle se répand hors des Pays-Bas.
Des milliers de passerelles fonctionnent dans une centaine de pays. Aucun abonnement n’est requis pour transmettre des données. Des makers et des associations exploitent cette solution. Des collectivités l’utilisent pour des projets à budget limité. Elles réalisent le suivi de bateaux amarrés. Elles gèrent des capteurs de qualité de l’air urbain. Toutefois, ce réseau n’assure aucune couverture homogène.
Aucun support technique contractuel n’est proposé aux usagers. Les entreprises cherchant une disponibilité sous SLA préfèrent un opérateur classique. Elles s’orientent vers un réseau privé dédié. Cette distinction structure le choix entre solution gratuite et garantie contractuelle.
Combien coûte un déploiement du réseau LoRa en pratique ?
Le budget d’un projet LoRa dépend avant tout du choix entre réseau public et réseau privé. Une passerelle basique de type DIY démarre autour de 40 dollars, tandis qu’un modèle professionnel indoor ou outdoor se négocie entre 100 et 500 euros. Les capteurs eux-mêmes varient fortement selon leur fonction, du simple relevé de température au débitmètre industriel. Le tableau ci-dessous compare les principaux postes de coûts observés sur le marché français en 2026.
| Équipement ou service | Usage typique | Fourchette de prix |
|---|---|---|
| Passerelle DIY mono-canal | Prototypage, test à domicile | ~40 $ |
| Passerelle professionnelle indoor | Bâtiment, PME | 100 € à 250 € |
| Passerelle professionnelle outdoor | Site industriel, collectivité | 250 € à 500 € |
| Capteur simple (température, humidité) | Agriculture, bâtiment | 15 € à 60 € |
| Capteur industriel (débitmètre, vibration) | Industrie, maintenance | 80 € à 300 € |
| Abonnement réseau public par capteur | Orange Live Objects, Netmore | 5 € à 20 € / an |
FAQ
LoRa désigne uniquement la couche physique radio, c’est-à-dire la modulation du signal. LoRaWAN est le protocole réseau complet construit au-dessus de cette couche, incluant sécurité, classes d’appareils et architecture.
Non, LoRa fonctionne exclusivement dans les bandes ISM libres, sans licence d’exploitation à acquérir. Une réglementation locale impose toutefois des limites de puissance et de temps d’émission selon les pays.
Sigfox repose sur un opérateur unique et un débit encore plus restreint que LoRaWAN. Le NB-IoT utilise les bandes cellulaires sous licence des opérateurs mobiles, avec une consommation électrique supérieure.
Non, un capteur demeure inopérant hors de portée d’une passerelle terrestre ou, depuis 2026, d’un relais satellite compatible LR1121. Cette limite explique l’intérêt croissant pour les solutions hybrides terre-satellite.
Oui, un chiffrement AES-128 protège chaque paquet sur deux niveaux, réseau et applicatif, dès la norme LoRaWAN d’origine. Un opérateur réseau ne peut donc pas lire le contenu métier des données transmises.
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Étrange cet article qui ne signale pas que le réseau Sigfox couvre la France depuis un an
Que dans les objets Sigfox ready il y a des passerelles pour des capteurs
Un poil partisan envers lorawan alors qu’on a une pépite française qui couvre egalement 10 pays en Europe à ce jour mais aussi en Amérique du Sud, en Amérique du Nord mais aussi en Asie
Étrange ce parti pris j’aimerai voir le meme concernant Sigfox
bonjour,
Je suis à la recherche d’une puce pour sénior. En effet je commercialise actuellement un logiciel qui permet « surveiller » les habitudes de personnes âgées qui en font la demande afin de prévenir d’une situation anormale.CE logiciel est limite
Ce logiciel à beaucoup de limites, je souhaite élaborer une puce qui serait placée sur la personne âgées, qui pourrait me donner des informations et surveiller l’eventuelle chute de la personne…
J’ai actuellement un société qui possède une cinquantaine de personne dans un call center, j’ai aussi un fichier de 800 000 personnes « séniors » en France, et en SUISSE bref il me manque que le produit, pouvez vous SVP m’aider ?
J’ai une parfaite connaissance du marché français et suisse.
Cordialement
Mes coordonnés
M. MAMECHE
[email protected]
Bonjour
Est-ce que ce réseau est disponible au Canada ?
Merci
Bonjour,
La société eleven-x et le fabricant de composants Semtech ont établi un partenariat pour couvrir l’ensemble du territoire canadien. Pour l’instant, le réseau LoRa est implanté dans les villes de Waterloo, Kitchener et Cambridge.
Cordialement,
Gaétan R.
Bonjour,
J’aimerais savoir quel est le cout pour l’utilisation de ce réseau. En éffet, je souhaiterais y faire transiter des données de télé relèves de compteur distant.
Bonjour Je suis ABELA Laetitia ingénieur des télécommunications au Cameroun.
J’aimerai savoir s’il est possible d’appliquer la technologie au Cameroun. Si oui, quel est le coût ? Je Merci.
En fait, j’aimerai prélever les relevés des compteurs d’électricité et d’eau à distance. Étant donné qu’elle utilise une fréquence libre en fonction du pays dans lequel on se trouve. J’aimerai savoir comment faire pour le cas de mon pays.
Merci.
Bonjour,
En mode réseau privé une passerelle (Gateway) Lora / réseau Ip filaire concentrerait les émetteurs/récepteurs LoRa (Capteurs divers).
Bien à vous,
Bonjour,
je me réfère à la mention :
« Logistique : Suivi des conditions de transport, localisation de colis, détection d’incompatibilité de stockage, traçabilité de flotte, etc. »
A-t-on une idée des use cases réels utilisant cette capacité ?
Bonsoir,
je suis T.Amal ingénieure en réseau et télécommunication
je veux savoir si ce réseau applicable en Algérie ou non
cordialement,