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ODROID : l’alternative coréenne aux cartes Raspberry Pi

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INTRODUCTION

Dans un dossier consacré au Raspberry Pi, nous évoquions les concurrents de la célèbre monocarte mise au point par la fondation éponyme. Parmi ces concurrents, Odroid. Ce micro-ordinateur est également intéressant pour les concepteurs d’objets connectés. Hardkernel, le constructeur coréen derrière cette produits, s’adresse également aux développeurs. 

Contrairement à la fondation Raspberry, il propose des cartes de développement spécifique à certains usages : développement de drones, mise au point d’un cluster personnel, conception d’un NAS , d’un objet connecté équipé d’un écran tactile, etc.

Découvrez pourquoi ces produits sont une alternative à l’offre de la fondation Raspberry en explorant ce dossier consacré à Odroid.

SOMMAIRE
HISTOIRE D’ODROID
histoire odroid

Contrairement à Raspberry Pi, Odroid n’est pas issue d’une fondation. C’est la société HardKernel qui développe les différentes versions de cette monocarte. Fondée en 2008, la société basée dans la ville d’Anyang en Corée du Sud a pourtant un parti pris similaire. Elle conçoit des produits à partir d’architecture Open Source.

Historiquement, Odroid arrive après la fondation Raspberry sur le marché. Pourtant, l’entreprise coréenne réussit à terminer plus rapidement sa phase de prototypage. Dès 2009, Harkernel présente un prototype de console de jeux sous Android OS v1.5. C’est sans doute de l’utilisation du système d’exploitation de Google que provient le nom du produit.

L’entreprise ne fait pas confiance à Broadcomm, mais à Samsung et équipe son prototype d’un processeur (CPU) Samsung S5PC100 (833 MHz Cortex A-8) fabriqué par le géant coréen. Il est doté de 512 Mo de mémoire vive en DDR2, d’une sortie vidéo HDTV (720P), d’une carte réseau Marvell 8686 & CSR BC4-ROM et d’un accéléromètre trois axes. Elle dispose du Bluetooth 2.0 , de plusieurs ports USB et de ligne d’entrée/sortie. Le projet de console sera abandonné pour donner lieu à la création de monocartes taillées pour le développement de projets hardware basse consommation ou de boitier d’émulation de jeux vidéo.

Dès le printemps 2010, les premières versions commerciales de cette plateforme de développement sont disponibles. Si Hardkernel a réussi à commercialiser ses solutions plus rapidement que Raspberry Pi, le premier modèle commercialisé, l’Odroid-T est une plateforme de conception de tablette et n’a pas la volatilité d’une monocarte que l’on trouve aujourd’hui sur le Web. L’entreprise continue sur ce schéma en proposant un moyen de développer l’électronique de tablettes, de smartphones, de TVs, ou encore d’E-Book, des ordinateurs de taille réduite. Ce n’est qu’en 2012 que Hardkernel prend le même chemin que son concurrent britannique.

Jusqu’en 2014, Harkernel s’est différencié en équipant ses monocartes Odroid des processeurs Exynos de Samsung. Depuis l’année 2014, l’entreprise fait aussi appel à Broadcomm et Amlogic pour se finir en processeur. Au total, 23 versions d’Odroid ont été ou sont commercialisées. Le dernier modèle a été présenté en février 2018.

LES MODELES D’ODROID
modeles odroid

La stratégie de HardKernel est la même que celle de la fondation Raspberry. Tout comme son concurrent britannique, le constructeur coréen a décliné sa monocarte en de multiples versions. L’objectif étant à chaque fois de proposer des formes différentes et des performances plus élevées.

Entre 2009 et février 2018, ce sont donc 23 versions de la carte Odroid qui ont été commercialisées. Les informations sont en revanche plus difficile à trouver concernant les prix de lancement des produits dont la commercialisation a été arrêtée. Voici la liste mise à jour le 5 avril 2018 :

  • ODROID : fin de l’année 2009, distribué aux demandeurs de ce prototype, obsolète
  • ODROID-T : printemps 2010, Prix NC, obsolète
  • ODROID-S : été 2010, Prix NC, obsolète
  • ODROID-7 : fin de l’année 2010, Prix NC, obsolète
  • ODROID-A : printemps 2011, Prix NC, obsolète
  • ODROID-PC : hiver 2011, Prix NC, obsolète
  • ODROID-A4 : printemps 2012, Prix NC, obsolète
  • ODROID-Q : été 2012, Prix NC, obsolète
  • ODROID-X : été 2012, à 129 dollars, production arrêtée
  • ODROID-X2 : automne 2012, à 135 dollars, production arrêtée en 2014
  • ODROID-U : automne 2012, Prix NC, obsolète
  • ODROID-U2 : automne 2012, à 89 dollars
  • ODROID-XU : été 2013, à 169 dollars, production arrêtée en 2014
  • ODROID-U3 : hiver 2013, à 69 dollars, obsolète
  • ODROID-XU3 : été 2014, à 179 dollars, obsolète
  • ODROID-W : été 2014, à 30 dollars, obsolète
  • ODROID-C1 : hiver 2014, à 35 dollars, production arrêtée,
  • ODROID-C1+ : été 2015, à 35 dollars
  • ODROID-XU4 : été 2015, à 59 dollars
  • ODROID-C0 : hiver 2015 à 28 dollars
  • ODROID-C2 : printemps 2016, à 46 dollars
  • ODROID-HC1 : été 2017, à 49 dollars
  • ODROID-MC1 : été 2017, à 220 dollars
  • ODROID-HC2 : janvier 2018, à 54 dollars

La documentation très précise sur le site Web de HardKernel nous a permis de renseigner les disponibilités de tous les produits. Nous avons précisé si les monocartes sont obsolètes et quand la production s’est arrêtée. Sur la vingtaine de produits commercialisés par l’entreprise coréenne sept d’entre eux sont toujours disponibles. Voici la présentation de chacun d’entre eux par date de sortie.

ODROID-C1+

L’Odroid-C1+ est annoncé sur le site de HardKernel “comme l’ordinateur de bord ARM Quad Core le plus abordable au monde”. Commercialisé à 35 dollars en aout 2015 (35 euros en France), il a été conçu pour le prototypage d’appareils miniatures “comme des wearables ou des contrôleurs embarqués” peut-on lire sur le site du constructeur. Basée sur une architecture ARM 32 Bit, cette monocarte est taillée pour concurrencer le Raspberry Pi 2 Model B. C’est en tout cas ce que le comprend lorsque l’on se rend sur la page de présentation de ce produit. On y trouve même une fiche comparative entre l’Odroid-C1+ et son concurrent direct. À la lecture de ce document, on comprend aisément que le C1+ est plus puissant. Son processeur est 30 % plus rapide que son concurrent et le module Ethernet peut atteindre 1000 Mb/s contre 100 Mb/s pour le Pi 2B. La seule “faiblesse” de cette dernière : le support de la caméra. La Raspberry Pi 2B peut accueillir une caméra MIPI CSI en 1080p contre du 720p USB pour l’Odroid-C1+. Par rapport au modèle dont il s’inspire, le C1, la version + corrige des erreurs de jeunesse comme l’absence d’un port HDMI standard ou encore d’un dissipateur thermique. Tout comme son concurrent, on peut y installer des variantes des systèmes d’exploitation Linux et Android.

ODROID-XU4

Comme son nom l’indique, l’Odroid-XU4 est la quatrième version du modèle XU. Il améliore la version précédente et est vendu bien moins cher : 59 dollars contre 179 dollars. Cette différence de prix s’explique par un plus faible nombre de ports sur l’Odroid XU4 : 3 ports USB contre 5 ports USB, suppression du displayport. Du même coup, la carte s’avère plus petite et peut donc s’intégrer facilement dans des conceptions électroniques diverses. Contrairement au modèle C1+, l’XU4 dispose d’un processeur Samsung Exynos 5422 qui dispose de huit coeurs cadencés à 2 GHz et de 2 Go de RAM LDDR3. Cette puissance digne d’une grosse tablette ou d’un bon smartphone (en 2015) permet aux concepteurs d’utiliser l’Odroid XU4 à des fins d’émulations de jeux vidéo, de s’en servir comme ordinateur sous Linux ou comme moteur d’un écran tactile grand format (plus de 40 pouces). Pour faire fonctionner ce mini-ordinateur, il faut cependant s’équiper d’accessoires indispensables comme un dissipateur, une alimentation, 5V/4A ou un ventilateur. Son plus gros défaut ? L’absence d’un module Wifi qu’il faut se procurer par la suite.

Voici la fiche technique de l’Odroid XU4 :

  • Samsung Exynos5422 Cortex™-A15 2Ghz and Cortex™-A7 Octa core CPUs
  • Mali-T628 MP6(OpenGL ES 3.1/2.0/1.1 and OpenCL 1.2 Full profile)
  • 2Go de LPDDR3 RAM PoP stacked
  • eMMC5.0 HS400 Flash Storage
  • 2 x USB 3.0 Host, 1 x USB 2.0 Host
  • Gigabit Ethernet port
  • HDMI 1.4a
  • Taille : 83 x 58 x 20 mm approx.(excluding cooler)
  • Alimentation : 5V/4A input
  • Linux Kernel 4.14 LTS

Odroid C0

Dans la lignée du C1+, l’Odroid C0 est pensée dans une approche de prototypage à bas coût. Commercialisé au prix de 28 dollars en hiver 2015, ce modèle reprend peu ou prou les caractéristiques techniques de son ainé tout en réduisant la taille de la monocarte. Cette dernière prend presque la forme d’un carré avec 58 mm de largeur et 56 mm de hauteur. L’appareil gère maintenant les batteries Li-Polymer, ce qui permet de le rendre autonome. En revanche, il n’accueille plus de module de connectivité Ethernet Gigabit. De même le nombre de ports USB passe de quatre à deux et il faut acheter les ports séparément afin de profiter de ce standard. D’autres connecteurs ne sont pas fournis à des fins de modularités. Le C0 est ainsi plus facile à maîtriser pour les concepteurs de petits robots et drones.

Voici la fiche technique de l’Odroid C0 :

  • Amlogic ARM® Cortex®-A5(ARMv7) 1.5Ghz quad core CPUs
  • Mali™-450 MP2 GPU (OpenGL ES 2.0/1.1 enabled for Linux and Android)
  • 1Go DDR3 SDRAM
  • eMMC4.5 HS200 Flash Storage slot / UHS-1 SDR50 MicroSD Card slot
  • 40pin + 7pin GPIOs (unpopulated)
  • USB 2.0 Host x 2 (unpopulated)
  • Infrared(IR) Receiver (unpopulated)
  • Li+ rechargeable battery charger for wearable and robots application Battery voltage level is accessible via ADC in the SoC.
  • DC/DC step-down converters for higher power efficiency
  • DC/DC step-up converter for 5Volt rails (USB host and HDMI) from a Li-Polymer battery
  • DIY friendly C0 Connector Pack is available for handy prototyping

ODROID-C2

L’Odroid C2 débarque au printemps 2016. À l’époque pour HardKernel, il s’agit de proposer la monocarte 64 Bits la moins chère au monde. Vendu 46 dollars, cette dernière embarque un processeur quatre coeurs Amlogic Arm Cortex A53 cadencés à 1,5 GHz et 2 gigaoctets de mémoire vive. Elle dispose d’une sortie HDMI 2.0 capable d’afficher un rendu 4K à 60 images par seconde. Cette puissance supplémentaire permet d’étendre les cas d’usage à un prix inférieur. Gaming, prototypage, station domotique connecté, système de reconnaissance faciale, etc. Les possibilités sont élargies par le support d’Ubuntu 16.04 et Android 6.0 Marshmallow. Selon le site Phoronix, ce produit est 36 % plus puissant que le Raspberry Pi 3B. Une alternative viable à la monocarte de la fondation britannique.

Voici la fiche technique de l’Odroid C2 :

  • Amlogic ARM® Cortex®-A53(ARMv8) 1.5Ghz quad core CPUs
  • Mali™-450 GPU (3 Pixel-processors + 2 Vertex shader processors)
  • 2Go DDR3 SDRAM
  • Gigabit Ethernet
  • HDMI 2.0 4K/60Hz display
  • H.265 4K/60FPS and H.264 4K/30FPS capable VPU
  • 40pin GPIOs + 7pin I2S
  • eMMC5.0 HS400 Flash Storage slot / UHS-1 SDR50 MicroSD Card slot
  • USB 2.0 Host x 4, USB OTG x 1 (power + data capable
  • Infrared(IR) Receiver
  • Ubuntu 16.04 or Android 6.0 Marshmallow based on Kernel 3.14LTS

ODROID-HC1

L’Odroid HC1 est une variante du XU4 dédiée à la mise en place de Network Attached Storage (NAS), un petit serveur de stockage en réseau. Les cinéphiles disposant d’un Home cinema utilisent généralement cette solution pour stocker les films qu’ils auront au préalable numérisés ou télécharger sur les plateformes dédiées. Les professionnels utilisent généralement un NAS pour héberger des fichiers importants ou faire fonctionner localement une application IoT. Pour cela, l’Odroid HC1 est compatible avec Samba, FTP, NFS, SSH, NGINX, Apache, SQL, Docker ou encore WordPress. Les systèmes d’exploitation utilisables sont les mêmes que ceux du XU4 : Ubuntu, Arch, OMV, ou encore Debian. Attention quand aux choix du disque dur, le plateau de l’Odroid HC1 n’est compatible qu’avec le format 2,5 pouces. Un SSD peut donc facilement s’insérer dans cet emplacement. En revanche, le boîtier est conçu pour empiler plusieurs Odroid HC1.Commercialisé à 49 dollars, il s’agit d’une solution deux fois moins chère qu’un serveur NAS habituellement facturé 100 dollars sans disque dur.

Voici la fiche technique de l’Odroid HC1 :

  • Samsung Exynos5422 Cortex-A15 2Ghz and Cortex-A7 Octa core CPUs
  • 2Gbyte LPDDR3 RAM PoP stacked
  • SATA-3 port for 2.5inch HDD/SSD storage up to 15mm thickness
  • Gigabit Ethernet port USB 2.0 Host
  • UHS-1 capable micro-SD card slot for boot media
  • Size : 147 x 85 x 29 mm approx.(including Aluminium cooling frame)
  • Linux server OS images based on modern Kernel 4.14 LTS

ODROID-MC1

L’Odroid MC1 est lui aussi basé sur les performances du XU4. En fait, il utilise quatre XU4 afin de créer un Cluster, une grappe de serveurs qui permet d’installer sa propre infrastructure de machine learning via ce petit data center. Les utilisateurs peuvent y installer des systèmes d’exploitation pour faire fonctionner sur chacune des cartes XU4 une version de Docker, un logiciel qui permet l’automatisation d’applications dans des conteneurs logiciels. D’autres utilisent plusieurs MC1 pour en faire une Build Farm, tandis que certains y installent Hadoop et Spark afin de réaliser des opérations de traitement de données. Encore une fois, les possibilités sont variées. Le prix d’un Odroid MC1 atteint 220 dollars.

Voici la fiche technique de l’Odroid MC1 :

  • quatre unités sont raccordées ensemble et refroidies par un ventilateur 80 mm
  • Chaque unité comprend : Samsung Exynos5422 big-LITTLE octa-core CPUS with 2GB RAM
  • Chaque unité dispose d’une connexion Ethernet Gigabit
  • USB 2.0 Host
  • UHS-1 capable micro-SD card slot for boot media
  • 92x92x25mm 5Volt/2000RPM low noise cooling fan with USB power cable.
  • Screws : M3 x 8mm self tapping screw
  • Size : 112 x 93 x 72 mm approx.
  • Linux OS images based on modern Kernel 4.9 LTS and Kernel 4.14 LTS

ODROID-HC2

Le dernier modèle de cette longue liste se nomme Odroid HC2. Ce deuxième version du Home Cloud est également conçue pour mettre facilement sur pied un serveur NAS personnel. Il dispose des mêmes performances que le modèle précédent. Il est ainsi possible de faire de cette monocarte le moteur d’un serveur de stockage de données, d’un outil pour lancer des applications Big Data, d’un moyen de communiquer avec un serveur distant, etc. L’avantage du HC2 se situe davantage dans son forme factor qui permet maintenant d’accueillir des disques dur de 2,5 et de 3,5 pouces. Tout comme le précédent, les HC2 s’empilent les uns au-dessus des autres. Le prix augmente de 5 dollars par rapport au HC1. Un HC2 est commercialisé 54 dollars.

  • Samsung Exynos5422 Cortex-A15 2Ghz and Cortex-A7 Octa core CPUs
  • 2Gbyte LPDDR3 RAM PoP stacked
  • SATA-3 port for 3.5inch or 2.5inch HDD/SSD storage up to 27mm thickness
  • Gigabit Ethernet port
  • USB 2.0 Host
  • UHS-1 capable micro-SD card slot for boot media
  • Size : 197 x 115 x 42 mm approx.(Aluminium cooling frame size)
  • Linux server OS images based on modern Kernel 4.14 LTS
ODROID FACE A LA CONCURRENCE
raspberry pi concurrence

Les concurrents d’Odroid

Si pour beaucoup de concepteurs Raspberry Pi est une référence incontournable, d’autres mettent en avant la puissance des monocartes Odroid. Elles bénéficient notamment de meilleures performances pour le traitement d’images. Voici les “boards” concurrentes à celles du fabricant Hardkernel.

Raspberry Pi

Les monocartes Raspberry Pi sont sûrement les plus connues par les “makers” et par le grand public. Réelle première sur les marchés américain et européen, la fondation Raspberry Pi a su réunir autour d’elle une communauté importante. Le suivi qui entoure les monocartes est la plupart du temps exemplaire. D’après un sondage mené par Reichelt, les Raspberry Pi sont plébiscités à 67 % par les makers.

Le dernier modèle en date se nomme Raspberry Pi 3B+. Il bénéficie d’une connexion Ethernet Gigabit, d’une puce WiFi capable de supporter le dual Band (2,4 GHz et 5Ghz), du Bluetooth 4.2. Avec le SoC Broadcom BCM2837B0, le processeur ARM Cortex A53 quatre coeurs bénéficient d’un boost de 200 MHz et passe de 1,2 à 1,4 GHz adossé à 1 Go de mémoire vive LDDR3.

Disponible depuis le 14 mars 2018, le Raspberry Pi 3B+ reste moins puissant sur le papier que la carte Odroid C1+, vendue elle aussi à 35 dollars. En revanche, elle ne dispose ni de la connexion WiFi ni du Bluetooth. Il faut acheter un dongle en extension pour la C1+.

Orange Pi

Orange Pi est réellement l’alternative la plus abordable à Odroid et Raspberry Pi. Là encore, il s’agit d’une monocarte open source capable de faire fonctionner Android OS, Ubuntu, Debian et Raspbian. L’entreprise derrière ce projet suit la même logique qu’Odroid puisqu’elle a commercialisé 21 versions d’Orange Pi. Le dernier modèle en date peut tenir la dragée haute au Raspberry Pi 3B et au XU4 en termes de performance.

L’Orange Pi One Plus dispose d’un SoC Allwinner H6 doté d’un processeur Cortex-A53 cadencé à 1,8 GHz associé à 1 Go de mémoire vive et une connexion Ethernet 1Gbit. Son système de décodage vidéo supporte les codecs H264 en 4K 30 FPS et H265 en 4K 60 FPS.

Les concepteurs arrivent surtout à réduire le coût de fabrication des cartes. L’Orange Pi One Plus est disponible à 19,99 dollars sur Aliexpress, cinq dollars de plus avec les frais de livraison en France.

Asus Tinker Board

Malgré la force commerciale de Raspberry Pi et la présence des prolifiques Odroid et Orange Pi, le constructeur taïwanais Asus continue de proposer une monocarte informatique à destination des développeurs. L’Asus Tinker Board se dote d’un SoC Rockchip RK3288 disposant d’un processeur quatre coeurs cadencés à 1,8 GHz et de 2 Go de mémoire vive. Cette architecture ARM est complétée par un GPU Mali T764 capable de décoder des fichiers H265 en 4K 30 FPS upscalé du 1080p. L’Asus Tinker Board est compatible avec Linux, Windows 10 IoT et Debian.

Le constructeur propose également sa propre distribution basée sur Debian nommée TinkerOS. Cette dernière est directement installée sur la monocarte afin de proposer une expérience fluide en sortie de boîte. En revanche, l’Asus Tinker Board est vendu plus cher que l’Odroid XU4. On la trouve à 64,99 euros sur Amazon et les consommateurs signalent l’instabilité du TinkerOS dans les commentaires.

Banana Pi

La société SinoVOIP est le constructeur chinois des monocartes ordinateurs Banana Pi. Avec ses 16 modèles, son choix de faire appel au fabricant de SoC Allwinner, et le développement d’une communauté importante sur le forum Banana Pi.org, le constructeur a su se créer une solide réputation chez les makers bien qu’elle soit entachée par quelques mauvaises séries de fabrication. Une fois de plus, il s’agit de comparer la carte Odroid XU4 avec un produit équivalent conçu par ce concurrent. Ici nous nous intéressons au Banana Pi M2 Ultra. Ce produit comporte un SoC Allwinner R40 composé d’un processeur ARM Cortex A7, soit quatre coeurs cadencés à 1,5 GHz, et de 2 Go de mémoire vive DDR3 SDRAM. L’avantage de cette monocarte, c’est son espace de stockage de 8 Go eMMC directement intégré. De plus, le Banana Pi dispose d’une interface SATA afin d’y connecter n’importe quel disque dur et d’un port jack 3,5 mm pour le son. Le Bluetooth et le Wifi sont directement intégrés et son prix plafonne à seulement 40 dollars. En revanche, il faudra faire avec la difficulté d’y installer une distribution Linux.

LES CAS D’USAGE D’ODROID
cas usage odroid

Les cinq meilleures utilisations d’Odroid dans l’IoT

En lisant ce dossier, l’on comprend rapidement que Hardkernel commercialise autant de versions de sa monocarte Odroid qu’il y a de cas d’usages ou presque. Le fabricant coréen s’adresse aux concepteurs de manière générale, qu’ils soient des développeurs de solutions IoT, des amateurs du stockage personnel, des développeurs de cluster Big Data, etc. Comme dans le dossier consacré au Raspberry Pi, voici cinq cas d’usage pertinent mis au point à l’aide d’une monocarte de cette marque.

D’un point de vue méthodologique, la plateforme Odroid étant moins célèbre que celle de la fondation Raspberry Pi, nous nous sommes rendus sur Hackaday. Deux des cinq projets ont été trouvés ailleurs.

Project Icarus 3.0 : Un drone connecté volant alimenté à l’énergie solaire anti braconnage

A chaque fois que les concepteurs mettent la main sur une plateforme de développement comme celle que nous observons dans ce dossier, ils se lancent dans des projets un peu fous. Le Project Icarus est un drone connecté alimenté à l’énergie solaire. Celui qui se surnomme tlankford01 cherchait en 2015 à développer un drone volant fortement ressemblant à un planeur et pesant moins de 5 kg. Cet UAV équipé d’une caméra a été conçu pour une tâche bien particulière : détecter par les airs les braconniers qui s’attaquent aux Rhinocéros.

Le cadre du drone est entièrement imprimé en 3D et est suffisamment grand pour accueillir tout le matériel nécessaire à sa mise en place. GPS, caméra infrarouge, capteur multispectre, modem WiFi longue portée, caméra thermique, batteries et panneaux solaires sont quelques-uns des outils nécessaires à la fabrication d’un tel appareil. Il ne faut pas oublier l’utilisation de deux modèles U3. L’un est utilisé pour contrôler les caméras, l’autre pour animer le drone volant.

Le résultat est impressionnant. Le drone dispose d’une portée de 200 kilomètres et d’une autonomie de 180 minutes : 3 heures ! La plupart des drones ne disposent qu’une durée de vol de 15 minutes avant de passer par la case recharge. Toby, le concepteur du projet Icarus a même tenté de faire voler l’engin pendant 12 heures. Malheureusement, le projet n’est plus mis à jour depuis la fin de l’année 2015. C’est sûrement l’un des projets ambitieux qui a donné des idées aux concepteurs de solutions du même type.

Un aquarium connecté

Maintenir la qualité de l’eau dans un aquarium demande une surveillance de tous les instants. Il faut veiller à disposer d’un niveau d’eau constant à une température constante, de vérifier la propagation de moisissures et de s’assurer du fonctionnement de chacune des pompes utilisées. Un utilisateur du site Hackaday a donc proposé sa solution pour automatiser la maintenance de son aquarium et la piloter à distance. Ainsi, il utilise indifféremment une monocarte Raspberry Pi ou Odroid C2 reliée à des contrôleurs Arduino associés à des capteurs de remplissage, de température et de débit. Celui qui se fait appelé PJ utilise le système d’exploitation ethOS qui lui permet de contrôler le tout à distance depuis son smartphone. Le tout est programmé en Python, un des langages informatiques les plus faciles à apprendre. Le protocole de communication utilisée n’est autre que le MQTT par le biais du WiFi.

PJ envisageait pendant un temps de réaliser de suivre de cette manière la culture de ses plantes par le biais de la méthode hydroponique. Dans les derniers logs du projet, il se contente d’expliquer comment il prépare l’intégration de l’aquarium connecté au sein de son ensemble domotique.

Un fauteuil roulant contrôlé par le mouvement des yeux

La puissance de calcul supplémentaire offerte par les monocartes Odroid permet de tenter des expériences un peu folles. En 2015, Myrijam Stoetzer, une adolescente allemande de 14 ans et Paul Foltin, 15 ans à l’époque souhaitaient donner plus d’autonomie aux personnes en fauteuil roulant. Ils ont mis au point un système pour contrôler grâce aux mouvements de l’oeil. Ils ont d’abord utilisé un U3 afin d’analyser la vidéo et de réaliser les commandes. Le système collé à l’oeil de l’utilisateur analyse les mouvements des yeux pour connaître la direction à prendre. Cela leur a demandé de transcrire les axes en trois dimensions en langage de programmation Python. Les deux jeunes gens avaient d’abord la caméra du robot Lego MindStorm, un jouet pour apprendre le code informatique.

Par la suite, ils ont appris le langage Python afin de faciliter le développement du projet en l’associant avec la librairie OpenCV. La partie la plus difficile consistait à faire valider les commandes par l’utilisateur afin que le fauteuil ne parte pas dans tous les sens. Après avoir remporté un concours régional, ils ont repensé le projet afin que ce prototype puisse être appliqué à faible coût. Le modèle U3 a été remplacé à l’occasion par le Raspberry Pi 2B. Les deux jeunes gens se sont également penchés sur le développement d’un algorithme afin d’éviter les obstacles.

Une lampe robotique à reconnaissance faciale

Décidément, les développeurs aiment utiliser les monocartes Odroid pour faciliter la reconnaissance d’images. Après le fauteuil roulant dirigé au mouvement de l’oeil, voici la lampe robotisée à reconnaissance faciale.

Ce projet réalisé par Jochen Alt, un roboticien amateur s’inspire de la lampe de Pixar nommé Luxo Jr. La lampe robotique d’Alt, elle, se nomme Luci. Tout comme le fauteuil roulant, la lampe Luci est propulsée par un Odroid U3 sur lequel est installée une distribution du système d’exploitation Ubuntu de Linux. Là encore, OpenCV et Boost assurent le traitement des images, tandis qu’un processeur ATMega contrôle les mouvements de la lampe. Il a fallu intégrer un moteur et concevoir une structure mécanique en bois afin que Luci puisse suivre les mouvements de tête de son propriétaire après l’avoir repéré grâce à la reconnaissance faciale.

À l’instar de la lampe de Pixar, le roboticien a imaginé des réactions que Luci peut avoir quand elle reconnaît ou non une personne. Elle peut acquiescer la tête, avoir des mouvements de surprise, tourner autour d’un visage, etc. Un projet qui montre de manière ludique les capacités de la monocartes.

L’analyse de données IoT “Do It Yourself”

Ce n’est pas le tout de mettre au point des objets connectés, il faut pouvoir analyser les données collectées depuis différents capteurs. Alors, pourquoi ne pas mettre au point sa propre infrastructure Big Data, et cela pour moins de 600 dollars. C’est le site DIY Big Data qui propose un tutoriel afin d’installer Apache Spark et Apache Hadoop sur un Cluster composé d’Odroid XU4. L’auteur explique comment installer Java, Hadoop pour les processeurs ARM et préparer le cluster, l’installation de Spark , le lancement de HDFS, etc.

Sans une infrastructure déportée dans le Cloud ou un Datacenter qui coûte plusieurs centaines de milliers d’euros, l’on peut ainsi analyser les données en provenance d’objets connectés ou d’autres bases de données.

OU ACHETER UN ODROID ?
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Si Odroid est moins connu que Raspberry Pi, il n’en reste pas moins que ces produits sont aussi présents sur quelques plateformes de e-commerce comme Amazon ou eBay en France et aux États-Unis. On peut également se procurer ces plateformes de développement sur le site de Hardkernel. Le fabricant coréen y propose toutes les cartes en production et leurs accessoires en Won sud-coréen (vente seulement en Corée du Sud) et en dollars. Ils sont expédiés sous un délai de 7 jours en moyenne. Ici nous nous limiterons à citer deux plateformes, la XU4 et la C1+.

Acheter l’Odroid XU4

La plateforme de développement Odroid XU4 subit malheureusement de fortes variations de prix suivant le site depuis lequel on la commande. Sur le site de Hardkernel, il faut débourser 59 dollars pour se la procurer. A ce prix, il faut ajouter les possibles taxes et 16 dollars de frais de livraison. Sur Amazon, on peut trouver des versions améliorées à 72 euros. Sur les autres plateformes les prix grimpent jusqu’à 250 euros alors qu’un kit comprenant la monocarte, l’alimentation, le boitier et 16 Go de stockage eMMC pour 119,94 euros sans les frais de livraison de 9,95 euros.

Les accessoires principaux de l’Odroid XU4

Comme le XU4 ne dispose pas de connectivité WiFI et Bluetooth natif, il nécessite davantage d’accessoires pour en faire un bon compagnon pour les développeurs IoT. Heureusement, Hardkernel propose de nombreux accessoires et de modules complémentaires. Au total, nous en comptons 45 rien que pour le XU4. Module WiFi, Bluetooth, boitier, contrôle de voltage, caméra, connectique d’extension, manettes, enceintes, ventilateurs, etc. Les prix vont de 1,25 dollar pour un câble à près de 70 dollars pour un écran tactile compatible. Une alimentation coûte, elle, 12 dollars, tandis qu’un module de connexion WiFi coûte 4,90 dollars et un module Bluetooth 3.80 dollars. Toutes ces références sont disponibles sur le site officiel de Hardkernel en cliquant ici.

Acheter l’Odroid C1+

Il n’est pas forcément évident de s’y retrouver dans la jungle des produits vendus par Harkernel. Pour les makers qui n’ont pas forcément besoin de puissance et qui cherchent à concevoir des objets connectés, le C1+ a tout pour plaire. Vendue 35 dollars sur le site du constructeur sans les frais de port de 16 dollars, la monocarte se trouve sur eBay pour moins de 50 euros. Sur le site belge McHobby, l’Odroid C1+ est au prix de 56,57 euros. Il faut ajouter à ce prix 4,84 euros. Concrètement, la France n’est pas le pays mieux desservi par Hardkernel contrairement aux États-Unis et à la Corée du Sud.

Les accessoires principaux de l’Odroid C1+

La plupart des accessoires conçus par Hardkernel sont compatibles avec l’ensemble de la gamme déployée. On retrouve ainsi des éléments similaires comme la caméra, les adaptateurs WiFi et Bluetooth. Les écrans sont également communs aux deux plateformes de développement. En revanche, il faut utiliser une alimentation moins puissante de 5 Volts et 2A. Cette dernière est facturée 5 dollars. Quelques accessoires sont spécialement conçus pour le C1+, notamment une station météo vendue 18 dollars et un écran de 3,2 pouces tactiles qui se fixe au-dessus de la monocarte. Ce dernier coûte 25 dollars. Un boitier taillé pour ce produit s’achète au prix de 4,50 dollars.

LES MEILLEURS TUTORIELS ODROID
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Les meilleurs tutoriels consacrés à l’Odroid

Odroid Magazine

S’il y a un bien un site sur lequel se retrouve les amateurs de ces monocartes, c’est Odroid Magazine. Tenu directement par le fabricant Hardkernel, ce magazine Web contient les modes d’emploi des différents produits et des tutoriels utiles pour les nouveaux adoptants ainsi que les spécialistes de ces produits. Les ODROIDians, y trouvent des ressources téléchargeables en PDF pour réaliser des projets de tout type : conception d’un NAS, d’un système domotique, d’un système de reconnaissance d’image, d’un dispositif de divertissement dans un véhicule, installation d’un OS particulier, d’un container Big Data, etc. Odroid Magazine est le site le plus complet sur la question depuis sa création en 2014.

Les forums de Recalbox

Bon nombre d’amateurs de Recalbox, une plateforme de développement d’émulation de vieilles consoles de jeux vidéo, ont entendu parler des monocartes Odroid. Il faut dire qu’à l’origine Hardkernel souhaitait concevoir une console Android. +Sur le forum de Recalbox, certains utilisateurs proposent des tutoriels afin d’installer des émulateurs sur l’Odroid XU4, probablement la monocarte la plus puissante commercialisée par HardKernel. Ils y détaillent les méthodes d’installation, les réactions de la plateforme (chauffe, bugs, compatibilité, etc.) qui peuvent aider certains joueurs. On rappelle en revanche que l’utilisateur de l’émulateur doit extraire lui-même une Rom d’un jeu qu’il s’est procuré légalement afin d’y jouer.

Hackaday

En 2015, le site web spécialisé Hackaday organisait un concours consacré aux projets utilisant les produits Odroid. Depuis les fiches des projets sont toujours en accès libre et peuvent donner des idées aux concepteurs en herbe. Chaque projet contient une liste d’achats prérequis et un lien vers GitHub afin d’accéder aux fichiers nécessaires au fonctionnement des solutions. Ce sont typiquement les projets open source que nous avons présenté en haut de ces pages.

Les forums de Linuxfr.org

Installer un système d’exploitation sur Odroid n’est pas forcément simple. En tout cas pas aussi simple qu’avec un Raspberry Pi. Pour faciliter la tâche des nouveaux arrivants qui souhaitent faire fonctionner Ubuntu sur un XU 4, un des forumers a détaillé la marche à suivre. Son tutoriel très complet en français existe aussi en anglais sur d’autres forums consacré au système d’exploitation open source.

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