Pékin referme brutalement la porte devant SoftBank dans la robotique industrielle. ABB annonce que le régulateur chinois interdit le rachat de ses activités robotiques dans le pays. Le veto menace un accord évalué à 5,375 milliards de dollars, selon ABB.
SoftBank avait signé l’accord le 8 octobre 2025, et la Commission européenne l’avait validé en mars. La Chine constitue en effet le premier marché d’ABB Robotics, selon ABB. Voilà pourquoi ce refus pèse sur les ambitions de SoftBank dans l’IA physique.
Pourquoi Pékin craint le transfert de données robotiques
Le Financial Times rapporte que l’organisme chinois de planification, la NDRC, s’inquiète pour les données robotiques. Ces informations décrivent notamment les processus de fabrication des usines. Elles pourraient entraîner des modèles d’IA, dont ceux d’OpenAI. SoftBank a investi 64,6 milliards de dollars dans OpenAI, selon le Financial Times. Pékin redoute que des acteurs étrangers exploitent ces informations sans contrôle.
Le dossier avait pourtant franchi l’examen de la concurrence en février, d’après le Financial Times. Les régulateurs ont ensuite examiné la sécurité des investissements étrangers. Ils ont aussi étudié le maintien de la propriété intellectuelle en Chine. Le contexte de tensions avec Tokyo renforce cette prudence, selon le Financial Times. Voilà pourquoi les enjeux de l’IA dans la robotique industrielle pèsent désormais autant que les parts de marché.
L’ancrage industriel d’ABB en Chine pèse lourd
Depuis 1992, ABB s’appuie sur une coentreprise chinoise, selon ABB. Le groupe exploite depuis 2022 une usine de robots à Pudong, à Shanghai. Cet investissement de construction atteint 150 millions de dollars, d’après ABB. Les effectifs chinois oscillent entre 12 700 et 15 000 salariés, selon les sources de presse. Plus de 90 % des robots destinés aux clients chinois y sont fabriqués, selon ABB.
La division emploie 7 000 personnes dans le monde, selon ABB. Elle a généré 2,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024, selon ABB. ABB espérait un produit net d’environ 5,3 milliards de dollars, destiné à des acquisitions. ABB a d’ailleurs convenu d’acheter Rotork pour 5,5 milliards de dollars, d’après les informations rapportées. Et l’échec de ce rachat complique le calendrier financier prévu par le groupe suisse.
Quelles pistes restent ouvertes à SoftBank
ABB et SoftBank restent en contact étroit et travaillent de manière constructive, selon ABB. ABB refuse cependant de détailler les prochaines étapes, selon l’agence AWP. Selon le Financial Times, SoftBank cherche à comprendre ce qui a échoué. Les autorités chinoises auraient envisagé de confier certaines activités à des propriétaires chinois. Le Financial Times évoque aussi une menace pour les ambitions de Masayoshi Son.
SoftBank poursuit ses paris dans la robotique de nouvelle génération. Le groupe a lancé Roze AI pour automatiser le déploiement des infrastructures d’IA. Il investit aussi dans les jeunes pousses Agile Robots et Skild AI, selon le Financial Times. Pékin a d’ailleurs sanctionné 40 sociétés japonaises en février, selon le Financial Times. Et chaque rachat robotique devient désormais un dossier de souveraineté des données industrielles.
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