Un vélo à neuf places, conduit par un adulte, pédale chaque matin vers l’école. Le WoodyBus équipe désormais 70 territoires, selon son fabricant Humbird. Cette mobilité douce transforme déjà les abords des établissements scolaires.
Commercialisé depuis 2023, ce véhicule français séduit les collectivités qui cherchent à désengorger leurs centres-bourgs. Humbird recense en effet plus de 110 véhicules en circulation en France et en Belgique. Voilà pourquoi les élus examinent ses atouts, ses coûts et ses limites.
Un vélo collectif qui séduit 70 territoires
Le principe tient en peu de mots : un adulte conduit, les enfants pédalent. Ce vélo collectif à assistance électrique accueille jusqu’à neuf personnes. Il offre aux acteurs de la mobilité douce en collectivité une alternative à la voiture devant les écoles. Humbird le fabrique en France.
Les ventes accélèrent. Humbird a écoulé une trentaine de véhicules en 2025, puis 24 au premier semestre 2026, selon son président Grégoire Germain. Entre septembre 2025 et septembre 2026, douze collectivités françaises supplémentaires ont adopté la solution, d’après Humbird.
Seine-Eure, le territoire pionnier du dispositif
La Communauté d’agglomération Seine-Eure, en Normandie, ouvre la voie. Elle exploite dix véhicules depuis 2023 dans le service S’Cool Bus. Ce service s’intègre au réseau SEMO, et Transdev l’exploite. Il s’inscrit dans une politique de transport scolaire alternatif et dessert des circuits de moins de cinq kilomètres.
Des conducteurs formés et titulaires du BAFA récupèrent les enfants devant chez eux. Durant l’année scolaire 2025-2026, 313 enfants ont profité du service, précise l’agglomération. Valérie Van Messem, chargée de projets mobilités douces, constate que les élèves arrivent contents et impatients. Certains suivent même le véhicule avec leur propre vélo.
Coûts, financements et contraintes techniques
La collectivité a payé 20 000 euros HT par véhicule, selon Seine-Eure. Elle consacre aussi environ 20 000 euros par an à l’exploitation. Elle finance trois quarts du dispositif, et les communes assument le reste. Cependant, ce coût pèse parfois sur les petites communes.
Selon Humbird, le FEDER, l’Ademe et le Fonds vert couvrent 50 à 80 % de l’investissement. Le WoodyBus reste toutefois limité : autonomie d’environ 20 kilomètres et vitesse plafonnée à 25 km/h. Les pentes de plus de 8 à 10 % compliquent l’usage. La structure en bois exige un stationnement à l’abri des intempéries.
- Partager l'article :