L’opérateur Univity vient de boucler un tour de table significatif pour propulser ses satellites en orbite très basse.
La start-up française Univity annonce une levée de fonds de 27 millions d’euros pour accélérer son programme de connectivité satellite. Ce nouvel investissement soutient le développement de la constellation uniShape dédiée à l’usage des opérateurs mobiles. Avec l’orbite VLEO, l’entreprise vise une intégration directe de la 5G spatiale dans les smartphones du quotidien. Ce projet marque une étape clé pour l’indépendance technologique des télécoms européens.
Le pari de l’orbite très basse pour la 5G
La jeune pousse tricolore s’installe sur un créneau technique audacieux : le VLEO. Ces orbites sont situées bien plus près du sol que celles des réseaux actuels. Elles réduisent le temps de trajet du signal de manière spectaculaire. Ce choix technique ne sert pas seulement la rapidité. Il permet surtout d’utiliser des téléphones classiques sans matériel additionnel encombrant.
Grâce à cet apport de 27 millions d’euros, porté notamment par Bpifrance et le fonds Expansion, l’entreprise va tester son système uniShape. Ce démonstrateur prévoit l’envoi de deux engins pour valider une connexion directe entre l’espace et nos smartphones. Charles Delfieux, le dirigeant de la structure, souligne que cette fusion entre les réseaux de nos villes et les infrastructures célestes est devenue inéluctable. Pour lui, l’espace doit devenir une simple extension de la couverture mobile que nous utilisons chaque jour.
Une infrastructure partagée pour les opérateurs
Contrairement aux modèles de Starlink ou de ses concurrents, Univity ne compte pas vendre d’abonnements aux particuliers. Elle se positionne comme un grossiste. Le but reste de fournir une infrastructure neutre que les opérateurs historiques pourront louer et exploiter avec leurs propres fréquences.
Cette stratégie répond à une crainte grandissante chez les acteurs européens : celle de devenir dépendants de réseaux étrangers fermés. Avec le spectre 5G déjà possédé par les opérateurs, la solution assure une intégration transparente. Les téléphones basculeront sur le satellite dès que l’antenne terrestre disparaît, sans que l’utilisateur ne remarque de coupure. C’est un changement de paradigme qui permet aux entreprises de télécommunications de garder leurs clients et d’élargir leur zone d’action aux zones les plus isolées.
Cap sur l’industrialisation dès 2028
L’argent récolté servira aussi à muscler les effectifs en vue d’une production à plus grande échelle. Si les premiers tests orbitaux valident les promesses techniques, la phase commerciale débutera réellement dans quatre ans. Le soutien de l’État via le plan France 2030 montre l’intérêt politique pour ce projet qui touche à la souveraineté numérique.
Stéphane Lefevre-Sauli, chez Bpifrance, estime que ces innovations s’avèrent indispensables pour que les acteurs européens restent dans la course mondiale. Au-delà de la performance, le projet avance un argument écologique : à cette altitude réduite, les satellites retombent et se consument naturellement dans l’atmosphère dès qu’ils cessent de fonctionner. C’est un point de différenciation qui pourrait séduire dans un secteur de plus en plus critiqué pour l’encombrement des orbites terrestres.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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