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Un mois après, retour sur le CES 2016 : « France is back ! »

Les français n’ont jamais autant parlé dans leur langue au CES 2016 à las Vegas. Fort de 190 startups, ils ont impressionné le public au regard de la qualité de leurs innovations. La délégation hexagonale devient ainsi la plus importante derrière les Etats-Unis. Objetconnecte.com a analysé ce qui s’apparente, aujourd’hui, à un véritable phénomène de  société derrière trois innovations.

La France s’est illustrée brillamment grâce aux 127 pépites (start-ups) qui ont exposé leurs innovations dans l’Eureka Park du CES2016 à las Vegas, aile du salon spécialement dédiée aux jeunes cerveaux de demain.  Le ministre de l’économie et de l’industrie avait fait le déplacement, multipliant ainsi les événements, interviews et opérations séduction auprès d’investisseurs venus encore plus nombreux, mais aussi des journalistes américains pour vanter l’image d’un pays innovant, loin des clichés absurdes que pourraient nous prêter certains.

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CES 2016, Emmanuel Macron, Ministre de l’économie et de l’industrie

Et ça à marcher ! Le coq rouge, symbole de la French Tech, est devenu la mascotte de toute une génération, boursouflée d’envies de faire bouger les choses. Les grands medias high tech à l’instar de Tech Crunch ou Mashable parmi les principaux ont parlé abondamment des start-ups françaises, au point que le célèbre magazine Forbes évoque à lui tout seul une « invasion française ». Dix-neuf start-ups ont gagné au moins un prix  au CES Innovation Awards, récompenses pré-salon qui incitent à se pencher sur les tendances futures.

Un mois après la fermeture des portes du CES 2016, objetconnecte.com a sélectionné trois innovations françaises qui vont faire parler d’elle.

Table des matières

Domino au CES 2016

Depuis un an, La Poste fonce tous azimuts dans l’IoT world. Venu en force au CES, entouré de quinze start-ups dans sa délégation, le groupe postal français multiplie les efforts pour accélérer sa transition numérique et utiliser les nouvelles technologies pour fournir de nouveaux services à ses usagers.

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Domino, nouveau dispositif de La Poste

Domino est l’un d’entre eux, présenté au cours du CES. Bouton connecté sous la forme d’un stick rectangulaire jaune, qui peut se fixer à l’intérieur d’une boite aux lettres, l’objet permet d’éviter de se rendre dans son bureau de Poste pour y déposer un colis. Une pression et c’est le facteur qui vient à vous. Après avoir téléchargé l’application et renseigné l’adresse du destinataire, il suffit de déposer son envoi, emballé ou non, dans sa boite aux lettres. Le facteur le récupère, l’emballe pour vous, l’affranchit et s’occupe de la livraison. Toutefois, ce ne sera pas pour tout de suite. Le dispositif intelligent sera testé avant la mi-2016, pour être ensuite déployé à grand échelle en cas de succès retentissant.

« La Poste est venue au CES dans un objectif de filière », commente David de Amorim, directeur de l’innovation à La Poste.  » Vous le savez, le CES est un salon désormais connecté. Mais quand on interroge nos concitoyens, on se rend compte que le monde de l’IoT n’est pas forcément très concret pour eux. Que change-t-il dans votre vie, dans la vie de tous les jour? La Poste, dans une logique d’équipe de France version IoT, a proposé 22 cas d’usages concrets pour illustrer comment on passe de l’IoT à l’Internet des services pour répondre à l’aspiration grandissante du marché. Et Domino répond à cette démarche ». L’homme ajoute : « Plus de 80% des français qui utilisent des objets connectés attendent avant tout des objets connectés, d’obtenir des services, avant la domotique, l’e-santé etc. »

Go de Withings

Ras le bol des montres connectées qu’il faut recharger jour après jour ? Withings déjà connu pour ses balances et autres thermostats connectés, s’entiche du pari de les ringardiser avec Go, nouveau tracker d’activité capable de fonctionner en continu durant, tenez-vous bien, 8 mois ! Une performance rendue possible par la très faible consommation en énergie de l’écran E-ink. L’objet peut suivre automatiquement la marche, la course, la nage et le sommeil, et transmettre ces informations à l’application Withings Health Mate, qui les analyse et définit des objectifs. Go devrait être disponible durant ce premier trimestre.

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Go de Withings

« Ce salon international nous a offert l’opportunité de renforcer notre présence auprès de grands retailers, ça suscite un effet d’entrainement extrêmement fort de la part de tous les plus petits qui veulent acquérir des objets technologiques », explique Alexis Normand, Responsable des relations santé chez Withings. « Ce salon nous offre l’occasion d’imposer notre extension de gamme, et de rassurer les distributeurs sur les nouveautés ».

 « Mis à part Go, nous avons présenté un thermomètre temporal connecté en wifi, doté de 16 capteurs, qui permet de prendre 4000 mesures de températures en une seconde. L’objet, très peu contraignant envoie ensuite les données chez soi ». L’homme très enthousiaste ajoute, « Nous avons tous entendu que les français arrivaient en force cette année. Mais ce n’est pas pour une question d’identité, c’est juste une question de qualité de produit. En montrant une croissance de ses gammes, Withings a démontré l’intérêt de ses produits au grand public. Si certains se positionnent plus fermement sur une stratégie d’extensions et de conquêtes, n’oublions pas que ces mêmes personnes perdent peut-être un peu l’effet d’innovation. Si c’est le cas, il faut donc le raviver ».

Buddy le robot familial

Rodolphe Hasselvander, cofondateur de Blue Frog Electronics, a emmené son robot Buddy dans la « Sin city ». Pour 750€ ce petit robot de 60 centimètres -peut-être influencé par l’imaginaire d’un dessin animé- est conçu comme un assistant personnel, pour diffuser de la musique, surveiller la maison, mais aussi faire réciter les leçons aux enfants ou veiller à ce que les personnes âgées prennent leurs médicaments. Rodolphe Hasselvander, est convaincu que « les gens veulent des robots« , malgré « une petite peur  » véhiculée par les films de science-fiction.  L’entreprise a d’ailleurs lancé l’an dernier une campagne de financement participatif auprès du grand public. Elle a recueilli 617 000 $, notamment en France, et espère vendre « des centaines de millier de Buddy« .

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Rodolphe Hasselvander, CEO de Blue Frog Robotics et son robot Buddy

« Bonne ambiance sur le CES cette année ! Et puis c’est une belle occasion pour rencontrer des gens facilement », s’amuse l’homme au regard bleu acier. « Nous avons tenté à maintes reprises de rencontrer Google pour présenter Buddy, mais les contacts n’étaient jamais les bons. Et puis nous avons laissé Buddy se balader ici et là dans les allées du salon. Et Google nous a repérer, et nous avons pu échanger avec eux. En conséquence, tu te retrouves à discuter avec le patron du Google Research Robotics, et l’un des directeur du laboratoire Google X. Chanmé ! »

« J’ai également pu rencontrer les acheteurs de Best Buy Corp, qui te dit enthousiaste ‘c’est génial votre truc, comment fait-on pour l’avoir dans notre catalogue ?’ Les gens que tu n’arrives pas à connecter même avec un très bon LinkedIn, tu les rencontres facilement sur le salon. Et ça c’est génial. »

L’homme qui murmurait à l’oreille du robot est entrain de boucler une levée de fonds. « C’est bien beau de créer des campagnes de crowdfunding, mais ça ne suffit jamais pour délivrer des produits. Alors les levées de fonds se font essentiellement… à l’international, histoire de profiter du reach de chaque investisseur. Je n’ai rien contre les français, mais ils ont du mal à suivre sur de grosses levées de fonds et de belles valorisations (…) Sur le salon, j’ai bien sûr effectué un petit tour. Je me suis rendu compte finalement que nous étions les meilleurs. En toute objectivité, nous avions le seul robot autonome. Les autres robots sont soit des toys, soit des robots télécommandés. Pour la petite histoire, la plupart des gens qui apercevaient Buddy se posaient la question de savoir qui le contrôlait. Et bien personne ! » (rire)

Bref, vous l’aurez compris, le CES à Las Vegas, est devenu THE PLACE TO BE pour tous les amateurs de nouvelles technologies à l’échelle mondiale. Impossible de passer à côté de sa démesure. Si le désert de Mojave s’articule autour du célèbre Strip, avenue où se côtoient des hôtels plus luxueux les uns que les autres, on pense aussi immédiatement aux jeux d’argent (d’autres penseront peut être aux stripteases). Quoi qu’il y a bien plus nourrissant à découvrir, le monde de l’IoT en est une preuve manifeste, assurément.

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