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Daech, le diable est dans l’Internet

Daech, le diable est dans l'Internet

Daech, c’est le deuxième mot le plus (tristement) populaire de ce siècle, après « Internet ». Que serait Daech sans Internet ? Rien sans doute. A la place à laquelle il devrait être : parmi les  fous anonymes. Autodafés, crimes divers et violents, femmes réduites à l’esclavage, refus de la culture… Pourtant, sous ce masque de moyen âge de l’extrême, les technologies modernes, Internet, sont bien présentes. Daech se sert des technologies pour semer sa bêtise meurtrière. Comment le monde moderne et une organisation si barbare peuvent-ils aller de paire ?

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L’Etat Islamique recrute

Ironie du sort… Daesh et le monde moderne vont de paire. Bitcoin, crowdfunding, cryptage, Facebook… La maitrîse d’Internet est véritable arme de guerre quand elle est entre des mains sales.  Il s’agit d’un outil à deux visages : aussi génial que diabolique. La bonne gestion du web est un véritable atout : que l’on soit chef d’entreprise, ou candidat au djihad. Ainsi, une nouvelle guerre se dessine, la guerre de notre siècle : la cyber-guerre. Le réseau sanguinaire utilise de plus en plus les nouvelles technologies pour recruter en ligne de nouveaux candidats, ou de nouvelles épouses pour ses membres. Des rumeurs, lancées par CNN, ont même évoqué que l’organisation terroriste projetait de lancer sa propre application de rencontre, appelée “Jihotties”, afin de recruter de jeunes occidentales.

Malheureusement, et nous sommes tristement au courant, Internet, les applications, sont les vecteurs de communication préférés des terroristes. Ils s’en servent afin de mettre en place leur plans mortifères, à travers des conversations cryptées. Aussi, l’état islamique a lancé au travers de sites ou de blogs qui lui sont dédiés, toute une campagne de propagande sur la prétendue vie de rêve qu’il peut offrir aux malheureuses futures épouses qui rejoignent les soldats.

Daech, le diable est dans l'Internet
Dessin de Joan Sfar, Brussels

L’État Islamique a diffusé une application Android pour permettre à ses soutiens de suivre ses dernières news : une nouvelle preuve que l’EI maîtrise et sait exploiter les nouvelles technologies. Evidemment, les liens de téléchargements de ces applis ne sont pas disponibles sur les stores classiques, mais sont disponibles sur les réseaux communautaires comme Facebook ou Twitter. C’est pourquoi ces derniers n’hésitent pas à faire le ménage parmi les profils les plus douteux.

Le dark web, le terrain de jeu du terrorisme

L’organisation terroriste a classé les applications de communication selon leur degré de sécurité. Pour échanger, les djihadistes cherchent à ne pas être repérés par la police et donc envoient des messages cryptés. Ils passent donc par des messageries comme ChatSecure et Telegram qu’ils considèrent comme très sécurisées.

Telegram a été utilisée pour organiser et revendiquer les premiers attentats de Charlie Hebdo et de l’HyperCasher. L’avantage de cette application, c’est que les messages qui y sont échangés s’auto-détruisent après lecture. Pavel Diurov, fondateur de Telegram a annoncé l’année dernière qu’il avait pu obtenir la clôture de 78 comptes de propagandes islamistes, même si dans un autre contexte il estime que la France est responsable au même titre que Daech dans la série d’attentats qui ont frappé le pays.

Le réseau le plus utilisé par Daech, c’est celui que nous utilisons presque tous : Facebook. Sur le réseau mondial le plus répandu, les criminels approchent des jeunes gens en quête de valeurs. Des jeunes gens un peu faibles, en quête d’absolu comme de nombreux adolescents en général, et leur envoie des liens ou des vidéos de propagandes, où on leur montre comment ils pourraient devenir des héros modernes, comment leur vie pourrait changer, devenir une merveilleuse épouse, vivre dans de superbes maisons et dans le luxe. Malheureusement, des jeunes gens désœuvrés et désarmés intellectuellement, il y en a. Surtout parmi ceux qui ne vivent qu’à travers l’ordinateur et surfent sur les sites complotistes qui polluent le web de nos jours.

Le reste se déroule sur ce qu’on appelle le dark Web, le côté sombre du net. Il s’agit de sites qui échappent à l’indexation de Google : ce qu’on y trouve ce sont des images gores, qui émettent un pouvoir de fascination sur certains fanatiques.  On est déjà loin des pratiques de Ben Laden qui faisait envoyer aux chaînes TV des VHS de leurs décapitations pour qu’elles soient diffusés. Mais, au-delà des réseaux sociaux, l’état islamique maîtrise aussi le bitcoin, cette monnaie virtuelle anonyme, pour régler ses dépenses, il a aussi recours au crowdfunding pour financer ses activités. Bref, la barbarie main dans la main avec la technologie.

Cybersécurité : une priorité

Le gouvernement français a décidé d’investir dans la sécurité numérique pour combattre les terroristes qui utilisent le cryptage : en effet, si Daech recrute des soldats pour gonfler son armée sur le terrain, il recrute aussi des hackers. Les cyber attaques sont des plus en plus craintes et attendues. Aucun système informatique n’est sans faille, il est urgent de renforcer nos capacités en matière de cyberdéfense si on ne veut pas perdre cette guerre technologique.

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A quoi sers-tu Big Data ?

Puisque nous sommes ensevelis sous des vocables modernes comme “Big Data” dont on parle à tout va sur les réseaux, le Big Data serait-il vraiment efficace pour soigner ces idiots fanatiques et guérir le monde ? La surveillance de masse, l’échange de données… Ces systèmes de surveillance ont sans doute un intérêt dans le démantèlement de réseaux terroristes ou donner l’alerte sur un individu ou un groupe d’individus. Des attentats ont déjà pu être déjoués, notamment aux USA où big brother is really watching you… et permet de faire face à des dérives quasi hebdomadaires comme les fusillades générées par le port d’armes légalisé. Toutefois, le Big Data n’a pas pu empêcher les attentats de Boston alors que ces sinistres projets s’étaient étalés sur les réseaux sociaux et par téléphone…Et aujourd’hui,  22 mars 2016, Bruxelles est à feu et à sang ? Hier 13 novembre, Paris comptait, ahuri, les morts sur ses trottoirs, la Turquie n’a pas le temps de pleurer ses morts qu’elle compte déjà les suivants. Alors on peut se poser la question : quel autre intérêt que celui économique dans le Big Data si les hommes sont incapables de s’en servir pour éradiquer le terrorisme ?

 « Sauf à instaurer une dictature surveillant étroitement chaque citoyen, aucun service de sécurité au monde ne pourra garantir l’élaboration d’un « filet » aux mailles assez fines pour prévenir tout acte de violence commis par des individus ou des petits groupes ». Alain Chouet, ancien chef des renseignements de sécurité à la DGSE.

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