financement startup

Startup : Recherche financement désespérément

Un nouveau rapport accable la situation hexagonale en terme d’investissement entrepreneurial à destination des PME, et surtout des vecteurs d’innovations que sont les startup, qui manquent cruellement de sources de financement nécessaire au développement de leurs activités.

Dans un contexte socio-économique et politique toujours aussi tendu et incertain, voilà une nouvelle qui ne risque pas d’arranger les choses. En effet, Matignon a en effet reçu ce jeudi un rapport signé par le prix Nobel de l’économie Jean Tirole, par Marie Ekeland, cofondatrice du fonds d’investissement Daphni et vice-présidente de l’association France Digitale qui rassemble startup et investisseurs, et par l’économiste universitaire Augustin Landier qui pointe du doigt les filières de financement, d’investissement actuellement en place pour soutenir les plus petites entreprises françaises.

Installez le VPN le plus RAPIDE de la planète !
Pour 3,11€ par mois seulement

Startup : leur financement au plus bas en France

Loin du cliché tenace faisant de la France une terre infertile à l’entrepreneuriat, la politique française en la matière est d’après ce même rapport directement à l’origine de cette situation préjudiciable. En effet, selon les informations parvenues à nos confrères du Figaro, le manque d’attractivité de la sphère entrepreneuriale française est dû en premier lieu à une fiscalité particulièrement répulsive en comparaison avec ses voisins européens, comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne.

Si cette information ne traduit pas une découverte majeure au sein de l’économie française, souvent critiquée pour être animée d’une fiscalité des plus rigides, le rapport déplore également le manque d’investissement provenant directement du tissu entrepreneurial hexagonal, avec un manque de dynamisme flagrant des business angels censés supplanter des banques encore bien trop frileuses pour investir dans les jeunes pousses françaises de l’entreprise.

Un point commun des écosystèmes entrepreneuriaux les plus réputés est que les entrepreneurs à succès ou les salariés des startup à succès contribuent à la fois financièrement et opérationnellement à la création ou l’accompagnement de la génération suivante d’entrepreneurs – Extrait du rapport

Une interrogation est également faite sur le récurrent sujet des niches fiscales mais aussi, plus étonnant, sur l’action direct de la BPI, la Banque Publique d’Investissement : si ses initiatives ne sont pas remise en cause, c’est cependant son omniprésence due à un secteur privée bien trop muet en terme d’investissement qui provoque lentement mais sûrement un déséquilibre entre deux types d’investissements différents dans leurs objectifs.

Le débat économique ne porte pas tant sur l’utilité des interventions publiques que sur leurs modalités, leur calibrage et surtout leur capacité à stimuler l’initiative privée. – Extrait du rapport

Le risque perçu par le rapport ? Une subjectivité bien trop grande de la BPI dans sa vision de l’économie française qui risquerait à terme d’accroître ce déséquilibre et de l’aggraver, d’autant plus que l’institution n’est pas à l’abri « d’une capture par le monde politique » comme le soutien le rapport.

Les préconisations du rapport

French Tech 2016
Emmanuel Macron, Ministre de l’économie et des finances

Loin de rester sur un constat d’échec, les auteurs du documents ont également livré leurs axes de réflexion concernant ces différentes problématiques. La BPI, par exemple, se doit de retrouver sa place dans l’économie en faisant figure de tutrice pour les entreprises françaises présentant une forte valeur ajoutée ou une valorisation importante, en plus de ses responsabilités habituelles.

L’État n’a pas de compétences particulières pour sélectionner et accompagner les futures licornes. – Extrait du rapport

En filigrane, recommander l’expertise de profils étrangers à l’institution pour conférer une plus grande objectivité au fonctionnement du financement au sein la BPI et élargir sa palette de compétences administratives pour rétablir un équilibre entre « une expertise indépendante et qualifiée pour choisir les projets et récipiendaires de fonds publics » et un secteur privé de nouveau « fortement associé » à la prise de risque, et ainsi renforcer la complémentarité des deux systèmes.

La solution ? Copier les voisins

Autre axe de réflexion suggéré par le rapport : la normalisation du compte d’entrepreneur-investisseur censé dynamiser l’apport des business angels français envers les petites et moyennes entreprises en recherche de financement à travers un « compte déplafonné de réinvestissement, limité dans le temps, dans les PME de moins de 10 ans, y compris les start-up, ou dans les fonds de capital-risque investissant majoritairement dans les PME de moins de 10 ans ».

Ces mesures sont cependant censées accompagner la directive indispensable qui libérerait l’entrepreneuriat français de la chape de plomb qui sape son développement : accroître la compétitivité hexagonale en calquant la politique fiscale française sur celles de ses proches voisins et accorder une plus grande souplesse aux entreprises pour faire de la France une destination à nouveau attractive pour les capitaux.

Dans un écosystème extrêmement mobile, des différentiels de fiscalité importants se retournent contre le pays à forte fiscalité – Extrait du rapport

Quid du Brexit ? Avec une sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, le trou d’air occasionné peut être d’un bénéfice inattendu avec un « enjeu considérable: la France a la possibilité de combler son retard, notamment si la perspective se confirmait d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. » La perfide Albion sortie du jeu, les cartes sont désormais dans les mains françaises.

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *