FrenchSouth Digital : la Silicon Valley française basée à Montpellier ?

Montpellier serait-il en passe de devenir le coeur de la Silicon Valley française ? C’est en tout cas ce que laisse croire le dynamisme du cluster d’entreprise FrenchSouth Digital. 

Nous n’avons pas parlé de la French Tech lors du Mobile World Congress de Barcelone, pourtant c’était la première délégation étrangère présente sur le salon. Nous y avons rencontré le directeur général de FrenchSouth Digital, Jacques Le Conte. Il nous a expliqué en quoi consiste ce cluster basé à Montpellier et œuvrant dans la région Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées.

Ce nom FrenchSouth Digital ne vous dit peut-être rien. Il s’agit pourtant d’un écosystème économique important dans le sud de la France. Il représente 1360 entreprises, 15 000 emplois et de nombreux secteurs liés aux nouvelles technologies  : L’e-santé, le cloud computing, le jeu vidéo, l’IoT, ou encore les équipements réseau.

Pour Jacques Le Conte, le but est de faire le pont entre les investisseurs, les grosses entreprises, et les startups. Dans son organisation, la répartition correspond à « 90 % de startups pour 10 % d’entreprises« . Et pas n’importe lesquelles. Dell, IBM, Ubisoft, Airbus entre autres. Ce groupement d’entreprises du numérique profite d’une organisation bien menée qui laisse la place à l’innovation.

Le partage au centre d’une organisation collégiale

french tech frenchsouth digital

Le groupement se divise en trois grands collèges :Digital Content & Cultures, Mediacloud Interactivity, et Smart Software. Le premier correspond aux contenus culturelles numériques, le second a pour but de proposer un ensemble de solution Cloud, IoT et Big Data pour les médias, tandis que le dernier est consacré aux développeurs de logiciels et de solutions Web.

Pour le directeur général, cela permet de représenter l’ensemble des talents de la région. « Ce n’est pas pour autant un système cloisonné, les rencontres entre les acteurs des différents secteurs« .

Il faut dire que les salons, événements, tours de table et autres conférences organisés par French South Digital sont nombreux. Cela favorise le « networking », la prise de contact entre les startups et les entreprises déjà implantés. De plus, le cluster invite également des acteurs politiques de la région et au-delà, comme Corinne LePage, la députée européenne EELV et avocate.

Une région en fer-de-lance

 

Le support de French Tech et de la région Languedoc Roussillon favorise ce dynamisme. Mais ce sont surtout les actions du groupement qui aide les startups dédiés à l’IoT et les autres dans l’avancée de leurs projets. Cela passe par le financement, surtout par fonds d’amorçage et avances, le media training, -« Nos jeunes entrepreneurs sont préparés pendant un an pour une présentation de 8 minutes » nous affirme Jacques Le Conte-, et l’aide au développement commercial.

Autres dimensions très importantes, la relation avec les écoles et universités. Dans les alentours de Montpellier et Toulouse, les étudiants ingénieurs sont nombreux et porteurs des innovations de demain. FrenchSouth Digital surveille de près les élèves d’Epitech et de Polytech et organise des sessions de recrutements à la sortie des écoles.

La vision partagée par les adhérents, amener des produits, des solutions rapidement sur le marché et attirer les investisseurs à l’international. Pour autant, le but n’est pas de faire comme les startups israéliennes « finir à San Francisco« , mais de mettre en valeur le savoir-faire présent sur le territoire français. « Ils y en a qui partent outre-Atlantique bien sûr, mais ce n’est pas la majorité« . La plupart des personnes sont trop attaché à leurs conditions de vies ici ».

Une conscience de son environnement

frenchsouth digital maison du numérique

Installé à la Maison du Numérique, FrenchSouth Digital profite de très bonnes conditions pour travailler et vivre. Les abords de la mer, le climat, cela fait fortement penser à la Silicon Valley. Cette sensibilité à son environnement, Jacques Le Conte le met en avant bien sûr pour promouvoir le volet green technology. Par exemple, Un « Green IT day » consacré à l’agriculture connectée, et à l’apport des technologies dans le tri sélectif a eu lieu le 10 décembre 2015. Une sensibilité qui petit à petit s’immisce dans la conception des produits et des services.

Un mouvement également présent sur le salon de Barcelone sans être le cœur de métier des français sur place. Le hall 8.1 rassemblait les concepteurs d’applications et de services streaming Cloud comme Zayo, kuzzle, et le service de presse innovant Berger Levrault, les entreprises mises en avant par ce cluster. « Pour moi le Software as a Service est une des tendances importantes du MWC » affirme Jacques Le Conte.

Le groupement qui a généré près de 2 milliards d’euros depuis sa création en février 2015 compte bien poursuivre sa politique d’innovation en attirant auprès de lui des startups prêtent à s’imposer et à prendre des risques, quitte à recommencer en cas d’échec.

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