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Pourquoi les hackatons sont mauvais pour l’innovation

Hackaton

De plus en plus exploités par de plus en plus d’entreprises, les hackatons sont réputés pour être une source facile et peu chère en innovation. Mais ces événements se révèlent-ils si prolifiques que ça dans les faits ? Pas vraiment. La faute à un problème de rythme et de temps.

Les hackatons, une pratique bien répandue

Les hackatons désignent ces regroupements de développeurs, qui, durant plusieurs jours intenses, vont se pencher sur la création de projets informatiques. Ces événements sont devenus monnaie courante dans le monde des affaires, du secteur de la recherche à celui de l’éducation (le MIT en a hébergé plusieurs cette année), en passant, évidemment, par celui de l’IoT.

Les hackatons sont donc une opportunité pour les passionnés de se retrouver entre eux, d’échanger et de se pencher sur des projets intéressants. Aussi, ils représentent un moyen rapide et peu coûteux pour amener de nouvelles idées et générer de la publicité pour les entreprises cherchant à être innovantes. Le problème, c’est qu’en dehors de cet engouement, les hackatons entrainent rarement de réelles innovations dans le long terme.

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Un problème de rythme…

Pourquoi une telle différence entre le but affiché des hackatons (amener de l’innovation) et leur réalité effective ? Une solution peut être trouvée dans le rythme de ces événements.

Par définition, les hackatons sont placés sous le signe de l’empressement. Le rythme de travail est rapide, effréné. Il laisse peu de place au recul ou aux essais, et c’est précisément ce qui les empêche d’être efficaces en termes créatifs. En effet, l’innovation n’est pas qu’une affaire d’idées, c’est aussi une question de temps et de discipline. L’efficacité créative vient en testant ses idées, en résolvant les problèmes observés, en passant par plusieurs cycles d’itérations afin d’amener ces concepts à maturité. Sous leur forme actuelle, les hackatons ne peuvent permettre un tel développement qualitatif.

De plus, il faut savoir que, au moins au début, peu d’idées sont refusées parmi les propositions. Cela permet effectivement d’envisager certaines problématiques sous un jour nouveau, mais si les participants n’ont ni les connaissances ni l’expertise technique exigée, ils peuvent développer des idées qui ne sont ni intéressantes, ni inventives.

Hackaton

… et de temps

Généralement, un hackaton prend place le temps d’un week-end. Cet élément est souvent repris comme un des avantages de cette pratique, car elle permet d’amener rapidement de nombreuses idées. Hélas, comme nous l’avons déjà évoqué, une période réduite réduit le développement possible des idées et ne laisse pas le temps de soulever les défauts de certains concepts.

Ces conditions de travail laissent rarement aux développeurs le temps d’explorer les projets en profondeur. Par conséquent, les véritables problématiques ne sont que survolées, voire pas abordées. Impossible d’effectuer des études de marché ou de cas, ou encore d’enquêter sur tous les inconvénients secondaires qui peuvent découler de telle ou telle proposition. Ce n’est souvent que bien après le hackatons que l’on découvre que d’autres entreprises effectuent une activité similaire, directement ou indirectement, ou que le prototype proposé n’est tout simplement pas réalisable ou viable à long terme.

Les créatifs le savent : l’innovation est intimement liée aux contraintes, qu’elles soient techniques, juridiques, financières, écologiques ou encore culturelles. L’inventivité consiste à connaître ces limites, à les prendre en compte, les travailler, voire les exploiter, afin d’amener l’objet le plus près possible du projet que l’on a en tête. Et ça, bien évidemment, ça prend du temps.

 

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  1. Bonjour,

    D’après moi, on arrive un peu à saturation avec le modèle actuel des hackathons.

    Néanmoins je constate que dans de plus en plus de weekends de prototypage ou je me rends, cette approche « lean » qui vous apparait manquante commence à être pratiquée : on demande aux participants d’aller tester leurs idées sur le terrain et d’avoir des retours concrets pour itérer le plus possible avant la présentation des prototypes.

    De plus, il me semble important de clarifier l’objectif des hackathons : est-ce de produire une idée viable en un weekend ? Je n’y crois pas et ne j’y ai jamais cru. Par contre, ce sont de formidables accélérateurs/inspirateurs et s’il reste toujours des points sur lesquels travailler après le weekend, cela crée une dynamique qu’on ne retrouve pas toujours ailleurs.

    Donc ça se renouvelle, les approches changent un peu, ce qui est chouette. Mais dire mauvais pour l’innovation (bon ok, c’est un titre accrocheur pour faire cliquer), c’est dur !

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