Marc Genevois : la tête dans le nuage

Rencontre : Marc Genevois, la tête dans le nuage

L’homme de la transition numérique, c’est Marc Genevois. Arrivé à la tête de SAP France à l’automne 2015, la rédaction d’ObjetConnecte.com est allée à sa rencontre pour vous…

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Marc Genevois, un parcours prometteur

Arrivé dans la société il y a 14 ans, il a gravi les échelons jusqu’à la direction, et ce, après un parcours riche et brillant. A ses débuts, loin des locaux ultra modernes de SAP, ce n’était pas pour monter un groupe de rock qu’il se réunissait avec son équipe dans un garage, mais pour lancer sa première société hardware. A cette époque, le terme “startup” n’existait pas encore…Le travail de cette jeune société consistait à raccorder des terminaux sur des PC : l’équipement des bornes de distribution de tickets pour la SNCF, vente de produit pour équiper le Charles de Gaulle. Ils furent également les premiers à créer des prototypes de système de télé-péage…Prometteur !

En 2002, il entre chez SAP, repéré par un chasseur de tête qui a visé juste, comme commercial dans la restauration collective : Sodexo, Ellior, Air France…14 ans plus tard, lorsque  Henri van der Vaeren annonce son départ de la société, Marc Genevois se voit proposer alors une promotion importante, qu’il qualifie lui-même d’assez rare : la direction de SAP France.


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Transition Numérique

LUSF a mené auprès de ses adhérents une une enquête de satisfaction au niveau de la clientèle. Les retours sont à l’image d’une boîte qui vue de l’extérieur n’a rien de vraiment attirant, avec des solutions lourdes, couteusesL’antithèse de la transformation digitale de la nouvelle économie. Ce constat pousse Marc Genevois à penser qu’un tel décalage entre la perception qu’ont les gens de ce marché et ce vers quoi les clients investissent, mènerait facilement à des difficultés majeures.

Marc Genevois : la tête dans le nuage

Un nouveau visage pour une société plus attirante

SAP a dépensé des sommes astronomiques pour s’adapter aux changements d’environnement, mais n’avait rien pour bousculer cette image de société peu glamour et de produits lourds, chers et compliqués. C’est pourquoi, elle a mis en œuvre un espace de réception client, dans les locaux, dans lequel sont présentés tout un tas de produits, SAUF celui que les clients connaissent : des applications de football, de golf, d’équitation… Un condensé d’innovation. Ainsi, les clients qui n’imaginaient pas du tout que SAP œuvrait dans ces technologies, dans le façonnage de prototypes, découvrent une autre image et d’autres opportunités.

La volonté de Marc Genevois est de travailler avec des sociétés toujours plus innovantes. A chaque bonne idée, on repart à zéro pour trouver une solution adaptée. SAP représente un réel allier pour les startup qui décident de devenir des startup phares du marché : la plateforme SAP est devenue plus attirante et ouvre sur la capacité à innover et à transformer sa vitrine… Autre avantage majeur : ce que les startup ont à vendre sur le marché, ce sont des solutions qui apportent une valeur ajoutée au business, sur une plateforme pérenne. Cela signifie pour les entreprises d’avoir accès à une base de données de milliers de clients industriels qui font confiance à SAP depuis de longues années et pour de longues années encore. Cette base clientèle est sans commune mesure sur le marché B2B.

Marc Genevois : la tête dans le nuage

Des milliards ont été dépensés pour développer la plateforme SAP, la mettre au goût du jour, l’adapter de façon à ce qu’elle supporte l’innovation IoT et la transformation digitale des entreprises. D’un point de vue fonctionnel, la plateforme SAP est la plus riche qui existe. Elle a été la première à se développer et à avoir apporté des solutions sur le marché. Pourtant, au début, les grands éditeurs de bases de données riaient au nez de la société en pensant que ça ne marcherait jamais. Si l’on s’amuse à regarder les prévisions des grands analystes financiers d’il y a deux ans (rien que ça !), en les comparant aux résultats du marché actuel, on serait surpris de l’acuité de leurs propos selon Marc Genevois. Pourtant, c’est le jeu !

L’Europe au milieu du monde

Est-ce que la France est prête à la transformation digitale ? Ne serions-nous pas en retard par rapport à nos confrères américains ou asiatiques ?  Au contraire répond le président de SAP France. Au regard de notre présence au CES Las Vegas, on peut être tout à fait optimiste quant à l’avenir digital de notre pays. D’un point de vue proportionnel au niveau mondial, la France est leader en matière d’investissement pour l’innovation. Le vrai challenge pour l’Europe, c’est que jusqu’à présent, aucune application grand public n’a réellement réussi. Nous n’avons pas de concurrent devant Amazon par exemple, rien de semblable dans le domaine de la vente en ligne. Les raisons sont principalement techniques : une startup américaine qui développe une solution B2C du jour au lendemain aura une base clientèle potentielle de 280 millions de clients sans avoir à adapter quoi que ce soit. Ni la monnaie, ni la langue, ni la taxation locale…

Imaginons une startup du Lichtenstein : un marché de 3 millions de personnes mais pour passer les frontières, il va falloir changer la fiscalité par exemple, la langue… Moralité, la capacité à dresser un marché B2C est freinée par cet handicap. D’autres raisons y participent mais celle-ci y contribue largement. Si on prend l’exemple asiatique, le marché pour les startup s’adresse à 1 milliard d’individus, rien qu’en s’adressant aux milliardaires chinois, c’est une cible de 2 millions de millionnaires qui est touchée. Les rapports dimensionnels sont sans commune mesure.

Le pari Européen

Concernant les solutions B2B. La France n’a rien à envier à personne. L’axe Franco-Allemand est très fort au niveau du développement de l’Internet industriel. On a certes perdu la bataille de l’Internet grand public, mais celle de l’Internet industriel est à gagner, et nous sommes sur la bonne route. Ces initiatives dont SAP est partie prenante en France, sous le vocable “Alliance du futur”, sont entrain de se développer avec un espoir certain.

La priorité de SAP France, c’est de faire émerger des cas emblématiques français de transformation digitale. Dès cette année, l’entreprise souhaite intégrer une cinquantaine de startup en son sein. Toutes ces startup ont besoin d’un écosystème pour répondre aux besoins de leur propres clients. SAP est donc capable de leur offrir une partie de de la solution, mais n’a pas la volonté de couvrir l’intégralité du périmètre. Pour Marc Genevois, ce serait contre-productif. C’est en s’associant aux startup capables de commercialiser leur produit sur la plateforme SAP, qu’on peut contribuer à la dynamisation de l’écosystème de l’industrie du futur en France. Pour l’instant, une vingtaine de startup partenaires travaillant sur des POC sont accompagnées par SAP :

“C’est assez récent. Quand j’ai pris mes nouvelles fonctions il y a 6 mois, il n’y avait qu’une seule startup qui travaillait sur les technologies SAP alors qu’aujourd’hui dans le monde, il y en 2700. Passer de 1 à 50 startup, ça peut paraître ambitieux, mais si non compare 50 à 2700, ça semble dérisoire !” explique Marc Genevois.

Les sujets qui intéressent SAP au niveau de la pertinence pour ses clients, c’est l’expérience que ces derniers en retirent et l’industrie du futur. Ceux qui souhaitent les aider à apporter des réponses concrètes aux besoins des clients dans ces deux domaines sont les bienvenus. SAP introduira ces acteurs de l’innovation auprès de ses clients qui ont mis toute leur confiance entre les mains de la société.

Marc Genevois : la tête dans le nuage

Le futur de SAP ? Plutôt placé sous de bonnes augures.

“Deux aspects se dégagent quand on pense à l’avenir de SAP : selon les résultats 2015, on peut se féliciter, mais, in fine, derrière ces chiffres, ce qui est intéressant c’est le nombre de nouveaux clients, de nouveaux projets, les chiffres, en termes de revenus sur les produits d’innovation. Cette croissance de revenus qui crée sans doute des envieux, vient de la part des clients qui font confiance dans les technologies SAP et dans sa stratégie. Pour connaître SAP depuis 14 ans, je peux vous dire que la stratégie n’a pas toujours été aussi claire qu’elle l’est aujourd’hui.” affirme Marc Genevois.

En conclusion, si on demande à Marc Genevois s’il est comblé en tant que business man, il répond :

“Les gens qui me connaissent savent que je suis rarement comblé. J’ai tendance à toujours voir le verre à moitié vide, mais de façon positive. Que faut-il faire pour remplir l’autre moitié ?”

SAP ne risque pas de connaître l’ennui…

 

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