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[NetExplo2015] Les Fintech peuvent-elles remettre en cause l’hégémonie des grandes banques ?

Jeudi 5 février 2015, durant le forum NetExplo, une conférence était dédiée aux Fintech, ces petites entreprises spécialisées dans les technologies appliquées aux services financiers. Arriveront-elle à se faire une place dans un milieu contrôlé par les banques ?

Percer dans un système bien établi

Billets

A l’heure où l’on parle de plus en plus de paiement mobile, de services financiers en ligne ou de cartes bleues connectées, de nombreuses start-ups se lancent dans la création d’applications et objets connectés dédiés aux transactions, à la gestion de son argent et au prêt entre particuliers. Difficile de s’imposer dans un monde où la population est habitué à sa carte bleue, son chéquier et son distributeur automatique. Mais certaines entreprises arrivent néanmoins à se faire un nom.

Lydia, le paiement mobile français

Paiement Lydia

En France, Lydia et Bankin ont déjà fait leur preuves et regroupent désormais une large communauté d’utilisateurs. Lydia fait partie des premiers à avoir lancé une application de paiement mobile sur iOS et Android. Il suffit de rentrer les informations de sa carte bancaire dans son smartphone, pour ensuite pouvoir échanger de l’argent simplement. Les règlements en magasins et les encaissements se font avec des QR codes, les virements par mail et les demandes de remboursement pas sms.

Lydia QR Code

L’application, compatible avec toutes les banques, réunit 65.000 utilisateurs actifs an France affirme Cyril Chiche, co-fondateur et directeur général de Lydia. Pour y arriver, la marque a ciblé une clientèle particulière : les étudiants. En effet, ces derniers effectuent du nombreuses transactions (restaurant universitaires, machines à café…), et sont donc les utilisateurs idéals de ce genre de technologie. Les équipes de Lydia ont installé leur produit dans plus de 85 campus universitaires, équipant les cafétérias, associations, commerces de proximité…Et ce grâce aux 3,6 millions d’euros levés en 2014. Désormais la marque est bien implantée et ne compte pas s’arrêter aux campus universitaires. Même si l’application est gratuite, des commissions sont prises sur les contrats professionnels proposés.

Bankin, gérer son argent simplement

Paiement Mobile

L’autre entreprise française qui s’est bien implantée c’est Bankin. Contrairement à Lydia, elle ne propose pas de moyen de transaction, mais un service pour gérer son argent. Ici, vous rentrez vos informations de compte et l’application se connecte à votre banque. Ensuite toutes vos données financières sont traitées.

Bankin Application 2

Vos dépenses sont analysées et triées par catégories. Ainsi vous pouvez visualiser sur un diagramme les secteurs dans lesquels part principalement votre argent. Par exemple lorsque vous faites le plein, la somme débitée sera directement classée dans la catégorie carburant. Bankin est également dotée d’un système d’alerte et vous prévient en cas de transactions anormalement élevées ou lorsque vous approchez du découvert.

Bankin Application 1

Sécurisé par McAfee et GeoTrust, l’application a fait ses preuves et réunit plus d’un million d’utilisateurs en France selon Joan Burkovic, co-fondateur et directeur général de Bankin. Contrairement à de nombreuses applications, le service est également disponible sous Windows Phone. Pour se financer, la marque compte sur un modèle « freemium ». En d’autres termes, l’application est gratuite, mais présente certaines capacités limités et de la pub. Pour avoir accès à 100% des services et se débarrasser de la publicité, il faut payer. Des contrats professionnels sont aussi proposés.

Une bonne piste pour les assurances

Avec le boom des objets connectés et la progression des Fintech, un autre domaine qui pourrait profiter de ces technologies est l’assurance. En effet, nos appareils récupèrent tellement d’informations sur nous qu’il serait dommage de ne pas s’en servir pour ajuster nos contrats.

Assurance

Grâce au suivi de notre état de santé ou de notre conduite, l’assurance pourrait réaliser des contrats personnalisés qui évalueraient le risque à sa juste valeur, adaptant ainsi le service et évitant au client de payer plus que ce qu’il ne devrait.

Des initiatives du côté des banques

On peut se demander si la majorité des banques suivront cette évolution et si elles l’accueilleront à bras ouvert. C’est déjà le cas pour Crédit Agricole, qui s’est lancé dans la co-création d’applications bancaires pour mobile avec le CA-Store.

La banque avait déjà montré son intérêt pour les jeunes talents et les projets innovants en créant le Village by CA, dont le maire, Fabrice Marsella, était présent lors de la conférence NetExplo. Celui-ci a réaffirmé l’intérêt de la banque dans l’accompagnement de jeunes projets et leur volonté de prendre part au développement des Fintech.

Avec le Ca-Store et le Village , le Crédit Agricole met des moyens entre les mains des jeunes développeurs afin qu’ils proposent de nouvelles applications innovantes pour ensuite les distribuer au grand public.

M-Pesa, le pionnier du paiement mobile

Ce genre d’initiative à déjà fait ses preuves ailleurs. M-Pesa est un service de paiement mobile développé en commun avec des développeurs anglais et des entreprises de télécoms africaines. Le principe est simple : chaque utilisateur de M-Pesa muni de son passeport ou de sa carte d’identité peut transférer de l’argent avec son mobile.

M-Pesa

Aujourd’hui, l’application est de loin le plus grand service de paiement mobile. Environ 30% du PIB du Kenya est transféré tous les jours par M-Pesa. Depuis, le service a été exporté dans plusieurs pays d’Afrique, au Moyen-Orient et arrive progressivement en Europe de l’Est.

Une banque complètement dématérialisée ?

Tout le monde est d’accord pour dire que les Fintech sont le futur du service financier, néanmoins la banque de demain sera t-elle complètement dématérialisée ? A l’unanimité la réponse est non, car même si de plus en plus de services se retrouveront dans nos mobiles et autres objets connectés, rien ne remplace le rapport humain et un entretien avec son banquier.

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