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Classement des smart cities françaises par Objetconnecte.com

Nous ne verrons aucune ville entièrement connectée ou entièrement positive en énergie avant 2020, au moins. En attendant, voici un classement des smart cities les plus avancées dans leur transformation numérique et énergétique.

Le terme « Smart City » est vaste et comprend de nombreux aspects. Cela peut être au niveau du développement durable, de l’énergie, de l’environnement, de la qualité de vie, de la mobilité, de l’eau, du développement d’entreprise, et encore bien d’autres. Chaque domaine est étudié par les plus grandes villes de France à plus ou moins grande échelle. Ces recherches grandeur nature sont compliquées à mettre en place avec des réseaux urbains anciens et peu accessibles, souvent gérés par une multitude d’acteurs. 

1) Lyon : ville pionnière dans les smart grids

Lyon mérite sa première place sur le podium, car c’est la ville française pionnière en matière de smart grids. Dans le cadre de la démarche « Lyon Métropole Intelligente », la ville s’active pour fournir de nouveaux services aux usagers autour de la ville. 

Dès 2012, Lyon et Grenoble participaient au premier test de smart grids en France avec le projet GreenLys. Pendant 4 ans, des tests de gestion intelligente de la consommation d’électricité ont été entrepris en équipant les consommateurs du compteur Linky pour qu’ils puissent suivre leur consommation en temps réel et permettre aux fournisseurs d’adapter leur production l’énergie en fonction de la demande.

Son avance se trouve au niveau des smart grids. Lyon est la première métropole d’Europe a avoir expérimenté la transition énergétique. Dans le quartier de la Confluence, le projet Lyon Smart Community a déjà permis de démontrer un cas d’usage de smart grids avec le déploiement des dispositifs Consotab et CMS. Cela devient une réalité avec Hikari, le premier ensemble à énergie positive en Europe. Les trois bâtiments construits allient à la fois la performance énergétique de l’architecture, la production d’énergies renouvelables et le fonctionnement des bâtiments en réseau.

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Le projet a réuni plus de 22 entreprises françaises partenaires, comme Bouygues Immobilier pour la réalisation des bâtiments a énergie positive, Transdev-Proxiway pour la mise en place du service d’autopartage de véhicules électriques, ou encore Toshiba Solutions pour la mise en place du data center regroupant l’ensemble des systèmes énergétiques.

En plus de fournir la plupart des dispositifs intelligents, Toshiba est également à l’origine de la plateforme de collecte de données Community Energy Management System, dans le but de piloter la consommation globale de l’ensemble du quartier de la Confluence. Les différents acteurs sont ainsi en mesure d’optimiser les besoins et la consommation énergétique.Grâce à cette plateforme, il est également possible de piloter les données des bâtiments à énergie positive Hikari, et les données issues des systèmes installés dans les 275 habitations de la Cité Perrache.

Ensemble, GrandLyon Habitat et Toshiba ont équipé les locataires de la Conso Tab, une tablette qui assure le suivi de la consommation énergétique de l’électricité, du gaz et de l’eau pour réaliser des économies.

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Le plan Oxygène a pour objectif de construire des solutions innovantes et participatives pour répondre aux enjeux de la qualité de l’air. Grâce au numérique, les citoyens peuvent changer leur comportement, car la technologie permet de réduire et mieux traiter les émissions, en développant le monitoring urbain.

À l’image de la plupart des villes intelligentes, Lyon utilise les données liées à l’exploitation du service d’eau. À cette occasion, un nouveau centre de supervision de l’exploitation d’eau potable nommé Hublo dispose déjà de ces systèmes. Grâce à l’analyse des  données des ressources naturelles, d’usines, de réseaux et de clientèle en temps réel, la ville peut optimiser les interventions et ainsi réduire les fuites d’eau et la consommation d’énergie. 

Après quelques années de R&D avec une quinzaine de partenaires, la ville a développé le premier GPS multimodal sur smartphone destiné aux professionnels. Ce système comprend de nombreuses solutions pour la mobilité comme un navigateur de fret urbain, un outil d’optimisation des tournées de livraison. Grâce à ces solutions, il est désormais possible de prévoir le trafic une heure à l’avance optimiser ses trajets.

2) Nantes : ville pionnière dans l’open data

Chaque ville ayant sa spécialité, Nantes s’est directement focalisée sur l’open data. Les habitants ont accès à plus de 500 données différentes sur la ville entière. Des horaires d’ouverture des piscines aux places de stationnement, en passant par les horaires de bus, l’utilisateur a accès aux données qu’il veut en temps réel.

Statiophone est née grâce à ce système global. Il s’agit d’une application capable de détecter les places de parking les plus proches. Grâce à l’open data, Nantes Métropole propose des aujourd’hui « Nantes dans ma poche« , une application dédiée à la mobilité permettant de signaler un problème sur la voie publique ou encore consulter la circulation de la ville en temps réel.

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Ces données disponibles permettent aux développeurs de créer des applications facilitant la vie des citoyens et permettent de faire des économies. Par exemple, Green Raid recense les airs de co-voiturage, les stations d’auto-partage et les pistes cyclables.

En plus de limiter l’impact énergétique des nouveaux bâtiments dans les écoquartiers, Nantes Métropole accompagne les propriétaires dans leur transformation énergétique avec le site CoachCopro. Il propose des conseils, un bilan de la consommation énergétique des logements et un suivi personnalisé du projet. Cette initiative gratuite a le potentiel de sensibiliser les habitants à l’économie d’énergie collaborative. 

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Nantes se soucie également des entreprises en contrôlant leur consommation d’énergie avec le programme Ecoza. Depuis 2012, des boîtiers sont installés dans de nombreuses PME. Connectés à des capteurs, ils permettent de mesurer la consommation du chauffage, de la climatisation, du gaz et de l’électricité.

Nantes et son agglomération ont aussi développé d’autres principes piliers de la ville intelligente. La ville, qui se place en tête de la plupart de classements, est en voie d’obtenir le label Smart City instauré par le Parlement Européen en remplissant 4 des 6 critères : carde de vie, mobilité, gouvernance et mobilité.

3) Montpellier : développement de solutions sur le Cloud d’IBM

Montpellier Méditerranée Métropole est l’un des points d’ancrage majeur de la smart city en Méditerranée. Au fil des années, la ville est devenue un territoire d’expérimentation et de développement grandeur nature où de nouveaux usages et services se créent. Récemment, un contrat de recherche et développement avec IBM a pris fin.

Avec une belle avance dans le cadre de la smart city, Montpellier vole désormais de ses propres ailes en disposant d’un grand nombre de données. Ensemble, ils ont déployé la solution Intelligent Operations Center, un véritable hub en synergie avec des partenaires locaux. Cette initiative de Cloud destiné aux Élus a eu un grand impact sur la manière de gérer l’eau, la mobilité ou encore les risques. Cette fin de partenariat pourrait marquer le début de l’indépendance de la ville dans les initiatives intelligentes, ce qui n’est pas le cas de la plupart des villes. 

Ainsi, Montpellier ouvre aujourd’hui les données qu’elle a récoltée depuis 5 ans en compagnie d’IBM. Cette initiative d’open data est destinée aux entreprises privées et aux startups dans le but de faire émerger des solutions web et mobiles au service du citoyen. Cette ouverture a du sens car la ville contient l’un des plus gros incubateurs du pays, le Business Innovation Center.

Montpellier est également très investi dans des projets d’immobilier connecté avec de nombreux partenaires. Dans le cadre de l’appel à projets « écocité », la ville cherche à créer une véritable communauté sur le thème de l’éco-responsabilité via le projet du quartier de La Mantilla.

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Dans le quartier de Port Marianne, l’entreprise E3D-Environnement a déployé la solution GD6DTM qui a pour objectif d’accompagner les habitants et les commerces dans la gestion des déchets, la propreté, les économies d’énergie et d’eau. Chaque appartement est également doté d’un visiophone connecté et d’une application permettent aux habitants de suivre leur consommation d’énergie et bénéficier de prévention grâce à des alertes, par exemple en cas d’inondations dans la ville. Chaque mois, des résultats chiffrés sur l’action collective sont récoltés par E3D-Environnement. Par la force des choses, cela permet une réelle gamification de la société.

Un nouveau quartier baptisé Eureka devrait voir le jour en 2018. Il repose en grande partie sur la solution Senior@Home, développée au sein du Business Innovation Center. Cela consiste au maintien et au suivi des personnes âgées à domicile. Au programme, des logements adaptés aux personnes âgées dotés de services innovants comme le suivi de la consommation énergétique ou encore un service de conciergerie 2.0.

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D’ici la fin de l’année, le spécialiste des services logiciels Idealys, en partenariat avec le promoteur Ideom, lancera un portail d’applications offrant des services aux résidents d’un programme immobilier. L’espace « Ma Mobilité » offre des informations en temps réel sur les transports en commun géolocalisés, une prédiction des places de stationnement disponibles dans les parkings de la ville et les disponibilités en vélos-stations. « Mon immeuble » permet de signaler des dysfonctionnements dans la résidence. « Ma Communauté » permettra la gestion d’événements, la gestion des réservations d’une salle commune ou d’une place de parking et bien d’autres services entre les habitants. La solution totalement évolutive sera accessible sur tablettes et smartphones. L’objectif est de proposer cette solution pour seulement quelques euros par mois.

4) Issy-les-Moulineaux (Paris) : les acteurs de la smart city au coeur d’un écoquartier

Issy-les-Moulineaux n’est pas une très grande ville comparée aux autres, mais à petite échelle, elle est représentative de la ville de Paris. Portée par l’ambitieux projet IssyGrid, le premier réseau de quartier intelligent en France, notamment grâce à la maîtrise de la consommation d’électricité.

On compte aujourd’hui deux écoquartiers principaux à Issy-les-Moulineaux : le Fort d’Issy et le quartier des Bords-de-Seine. L’écoquartier des Bords-de-Seine a été construit à la place d’une ancienne grande usine de déchets. Aujourd’hui, 3500 habitants vivent dans ce quartier à la pointe de l’écologie. Les bâtiments ont obtenu le label Bâtiments Basse Consommation (BBC), notamment en consommant cinq fois moins d’énergie que la moyenne nationale en utilisant la géothermie pour le chauffage.

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Entre tramways, partage de vélos et de voitures électriques, les voitures n’y circulent quasiment plus. De même, les habitants jettent leurs déchets dans des bornes les envoyant directement dans des tuyaux souterrains. En plus d’expérimenter dans l’open data, comme Nantes, pour permettre aux entreprises de développer de nouvelles solutions, la ville utilise de nouveaux moyens de faciliter les déplacements et le stationnement.

L’application Zenbus permet de géolocaliser les déplacements des bus, Parkeon aide à une trouver une place de parking sur voirie et Be Park, un dispositif de partage de parking privé, permet de tout gérer avec un smartphone.

Le magasin Intermarché du quartier des Bords de Seine est l’un des pionniers des magasins connectés. Le client a accès à tous les articles du magasin pour constituer son panier en ligne. Les vendeurs reçoivent la commande directement sur la plateforme du magasin et préparent un panier que le client viendra chercher en fin de journée.

Issy Moulineaux va loin en installant 500 m2 de panneaux photovoltaïques. Ces panneaux produisent de l’énergie puis l’envoient dans un centre de distribution partageant l’électricité en fonction des besoins ou lors d’un pic de consommation. Ces énergies sont également redistribuées dans des bornes pour voitures électriques et des capteurs de présence sont installés dans les lampadaires pour éclairer lorsqu’il y a besoin.

Les écoquartiers de la ville sont donc en totalité en énergie positive. Issy-les-Moulineaux n’a pas été désignée au hasard, car il s’agit de l’endroit où la concentration de bureaux regroupant de grandes entreprises est la plus forte. On y compte notamment Alstom, Bouygues, EDF, ERDF, Microsoft, Schneider Electric ou encore Total.

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La ville compte étendre ce concept à la gare RER Issy-Val-de-Seine avec 2000 logements et 160 000 m2 de bureaux connectés. Le réseau SoMobility, destiné à réduire les embouteillages, devrait être également lancé sous peu. Ce dernier a pour objectif principal de pallier aux futurs chantiers du grand Paris. Ce programme organisé par Cisco, Bouygues, Colas, Caisse des Dépôts, Cofely Ineo et Transdev comprend un réseau de capteurs dispersés sur les boulevards, pour réduire considérablement le temps de parcours.

5 ) Lille : l’université à l’origine des initiatives

Chaque ville se base sur un lieu symbolique pour expérimenter des solutions de ville intelligente. Avec le projet SunRise, la ville de Lille s’est tout d’abord focalisée sur le campus universitaire de Villeneuve-d’Asq. Les réseaux d’eau, d’assainissement, de chauffage sont capables de se réguler, et de transmettre des alertes en cas de panne.

Le chantier ayant débuté en 2011, le campus a été en mesure de récolter un grand nombre de données pour limiter et optimiser l’intervention des techniciens et suivre l’ensemble de la consommation toutes les heures pour arriver de 20 à 30 % d’économies sur la consommation finale. Grâce à cette solution, le campus est devenu un célèbre démonstrateur européen avec 23.000 usagers, 140 bâtiments et 70 kilomètres de réseaux en tout genre.

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Lille prend bien cette 5e place de notre classement des smart cities car en ce mois de novembre, elle vient seulement de prendre le pas de l’open data. La Métropole Européenne de Lille est en train de lancer 56 jeux de données pour créer des services innovants pour les entreprises. Cette plateforme regroupera des données dispersées et d’autres plus théoriques présentées sous forme de graphique.

Cette solution mise en place avec l’acteur OpenDataSoft vise à faciliter la création et le développement de startups en leur mettant à disposition des données brutes et apporter de la transparence aux citoyens. Dans le cadre de ce projet, la startup Geovelo, qui calcule l’itinéraire des vélos, est intéressée par les données des pistes cyclables, et Handisco ayant mis au pont une canne connectée pour les non-voyants s’intéresse aux données sur les transports en commun.D’autres usages tels que la géolocalisation des flux de personnes lors l’Euro 2016 et et la mise à disposition des places de parkings disponibles ont été possible grâce à cette plateforme.

Ces solutions sont seulement des ébauches de ce que pourrait être une smart city dans l’ensemble. Les technologies présentées dans ce classement des smart cities pourraient s’étendre à toute une ville. Avant même de parler des avancées technologiques pour y arriver, il faudra que les municipalités et les citoyens arrivent à collaborer ensemble.

Mentions spéciales aux autres smart cities de France, où de nombreuses solutions sont également déployées :

  • Marseille
  • Toulouse
  • Nice
  • Grenoble
  • Rennes
Cahier des tendances « RETAIL CONNECTE »

A propos de Arthur L

Diplômé de l'Ecole Française de Journalisme à Paris, je suis journaliste pour Objetconnecte.com. Anciennement journaliste pour Le Figaro et Electron Libre Productions, je m'intéresse aujourd'hui au monde de l'IoT et aux nouvelles technologies.

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2 Commentaires

  1. Bonjour,

    Pour info, c’est la ville de Rennes qui a été la toute première collectivité locale à se mettre à l’open data en 2010.

    Peut-être moins communiquante que Lyon ou Nantes, mais c’est efficace..

    Cdt,

  2. Bonjour
    Je suis à votre service pour vous donner des infos sur les projets de Mulhouse, une des Smart Cities les plus dynamiques de France, avec une approche bcp moins techno centrée et qui place vraiment le citoyen au cœur de la démarche.
    Un tableau de bord de pilotage des services publics crée depuis près de 10 ans (idem celui de Boston, sorti en Mai 2016), une approche autour de la donnée, un compte usager, du Wifi gratuit en ville et de nouveaux services en cours de production

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