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Autoconsommation : le compteur Linky, fer de lance d’Enedis

Alors que le cadre réglementaire concernant l’ autoconsommation des logements collectifs et des bâtiments tertiaires a été récemment ratifié, Enedis veut faire du compteur Linky un fer de lance de cette pratique.

Dans le cadre de la loi transition énergétique adoptée en août 2015, l’ autoconsommation est devenue possible pour les Français vivant dans des foyers individuels. Le 24 février dernier, l’ordonnance du 27 juillet 2016 a été ratifiée. Elle élargit cette possibilité aux bâtiments tertiaires et aux logements collectifs.

Enedis a maintenant l’obligation de répondre au désir d’ autoconsommation des particuliers et des professionnels. Elle doit faciliter le déploiement et en fixer un tarif spécifique rémunérant l’utilisation du réseau. La filiale d’EDF veut dans ce cadre se baser sur son compteur intelligent Linky pour proposer des offres adaptées. Expliquons comment.

En plus des dispositifs d’autoproduction comme les panneaux solaires ou photovoltaïques, les 350 000 foyers certifiés vendeurs ont du installer un onduleur et un second compteur afin de revendre leur surconsommation à Enedis et EDF. Grâce à la gratuité du Linky, le coût d’installation baisse puisque ce second compteur n’est plus nécessaire.

Une simplification de l’autoconsommation

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Mais pour Enedis, autoconsommation ne signifie pas autosuffisance. Selon le distributeur d’énergie, la plupart des partisans de cette pratique ne pourront produire l’énergie nécessaire leur permettant de se passer de l’électricité en provenance des fournisseurs. Dans ce second cas, le compteur intelligent devient l’outil de gestion entre production personnelle et consommation classique. Il permet notamment de stocker et de transmettre les données du client en sus des relevés électriques. Notons qu’en cas de surproduction personnelle, les foyers individuels et les logements collectifs non certifiés peuvent réinjecter l’énergie gracieusement sur le réseau.

Actuellement pratiquée par 14 000 foyers, l’ autoconsommation n’était pas réellement encouragée par les fournisseurs d’énergie. Le cadre légal et la demande des consommateurs devraient changer la donne. Enedis se dit prêt à supporter cette transition énergétique grâce au 3,8 millions de compteurs intelligents Linky déjà présents. Elle compte également sur 18 à 19 000 nouvelles installations par jour.

De plus, la filiale compte effectuer des tests d’ autoconsommation collective au cours du second semestre 2017. Une dizaine d’expérimentations sont en cours auprès des entreprises du tertiaire, des lotissements, des copropriétés, des offices HLM, etc. Cette période de validation de la faisabilité se tiendra jusqu’en 2019. Quelques dizaines de projets d’ autoconsommation supplémentaires se tiendront en deux ans.

Deux ombres au tableau pour Enedis

Si comme nos confrères de La Tribune l’écrivent, “le compteur Linky redore son blason grâce à l’ autoconsommation”, les usagers qui refusent l’installation du dispositif ne vont pas changer d’avis du jour au lendemain. Les griefs imaginés ou avérés attribués au smart grid amènent à des refus catégoriques, notamment dans plus de 300 communes. Enedis doit encore faire ses preuves à ce sujet.

Enfin l’ autoconsommation collective pourrait entraîner une hausse des coûts pour les consommateurs. La filiale d’EDF débat avec la Commission Régulation de l’énergie (CRE) pour augmenter le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE) qui connaîtra déjà une hausse de 2,71 % au 1er août. En effet, le fait d’allouer une partie du réseau à la production issue de l’ autoconsommation risque de faire baisser ses revenus, tandis que les travaux engagés pour assurer la transition énergétique augmentent ses investissements.

 MAJ 2019 : Pour l’instant, les utilisateurs suivent depuis leur espace personnel la production journalière de leurs installations. Ils accèdent à des résultats toutes les 30 minutes à une heure afin de mieux estimer les performances des panneaux photovoltaïques et des petites éoliennes. Cette nouvelle pratique permettrait de réaliser un économie de 10 % d’énergie. Dans les Bouches-du-Rhône, un projet sur deux concerne l’autoconsommation. Les entreprises participent à cette tendance en revendant de l’électricité à Enedis.

Les deux ombres en forme de bras de fer décrites ici sont les prochains défis de l’entreprise française.

Sources & crédits Source : La Tribune, Le Monde, La Provence - Crédit :

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