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Quelle est la différence entre l’e-santé et le bien-être ?

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Trop souvent, on mélange e-santé et bien-être. Quelle est la différence majeure entre les deux catégories que l’on retrouve dans l’IoT ? Voici un début d’explication. 

La e-santé se porte bien. Il faut dire que ce marché est en pleine croissance : 476 millions de dollars ont été investis au total pour développeur les objets dédiés à ce secteur. Parmi les produits concernés, l’étude en question inclut les wearables, les bracelets de la Fitbit, leader sur le marché.

Par ailleurs, Médiamétrie a publié un sondage concernant la France. En décembre 2015, 6,2 millions de mobinautes se sont connectés au moins une fois sur un site ou une application de la sous catégorie santé/bien-être/nutrition. Une progression de 22,6 % en an.

Les CSP+ et les 25-34 ans représentent la plusse grosse part des consultations : respectivement 36,5 % et 24,7 % d’audience. Même si ces chiffres ne concernent pas les objets connectés, il est intéressant de remarquer l’intérêt pour des Français pour ces sujets. Une tendance que les concepteurs IoT ont prise en compte.

Table des matières

Un problème de définition

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Jeudi dernier se tenait une conférence sur l’IoT. Parmi les thèmes abordés, la e-santé. La conférence intitulée « IoT et Healthcare » visait à faire un tour d’horizon du secteur.

Pendant la présentation, le conférencier a fait un résumé très large du domaine du Healthcare. Peut-être un peu trop large. Une femme dans l’assistance a réagi vivement :

« Vous avez oublié un point important dans votre présentation : le statut du système de la médecine française.  Je connais bien le domaine, j’ai travaillé près de trente ans dans l’industrie pharmaceutique. Autre problème vous mélangez bien-être et e-santé. »

Nous avons interpellé la personne en question après la conférence. Elle nous a affirmé : « Je ne voulais pas être agressive, mais il est important de différencier l’e-santé, pratiqué par des médecins et des pharmaciens, et le bien-être.« 

Alors, comment différencier ces deux approches dans un monde de plus en plus connecté ? Voilà la question à se poser pour ne pas faire l’amalgame.

Le bien-être : une tendance en lien avec le quantified self

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Le bien-être peut être associé aux dispositifs du quantified self, et aux sports connectés. Ces objets apportent des données sur une pratique sportive ou non pour permettre à l’utilisateur d’évaluer son comportement et de prendre soin de lui. Par exemple, le sommeil connecté est une tendance qui a fait parler d’elle au CES 2016. Les produits accumulent des données sur le sommeil, aident à endormir l’utilisateur.

Ils peuvent ainsi connaître les périodes de sommeil profond, les temps de réveil pendant la nuit, etc. Les plus évolués d’entre eux donnent également des informations sur l’environnement, la qualité de l’air, et la température.

De même, les produits les plus répandus sont les montres et les bracelets connectés qui mesurent le nombre de pas, les battements du cœur. Ils proposent une expérience d’automesure.

En règle générale, on peut classer dans cette catégorie des produits améliorant le sentiment de maîtrise de son corps chez l’utilisateur, directement ou indirectement.

L’e-santé : des objets destinés aux malades et aux professionnels

alarme-bien-être connecté

A la différence, l’e-santé fait référence à l’IoT médical, c’est-à-dire des objets, des services, des plateformes dédiés à aider les médecins et les patients. Ces projets ne datent pas d’hier, les premières opérations chirurgicales en téléchirurgie ont eu lieu au début des années 2000.

Autre type d’expériences, les plateformes d’échanges entre médecins. L’objectif, échanger des avis sur les patients, leurs dossiers afin d’apporter un traitement adéquat. Ce principe peut s’étendre à la mise en place de plateforme de télémédecine, le fait de traiter un patient à distance, de permettre la consultation d’informations médicales, etc.

Dans ces cas là, on parle plus évidemment de plateforme Cloud, et du traitement de données, une catégorie liée au Big Data. Il existe aussi la possibilité de faire de la télésurveillance de patient. Imaginez la possibilité de surveiller une personne âgée, de connaître ses mouvements. L’auxiliaire de vie pourrait ainsi recevoir des notifications sur des événements inhabituels.

Dans la catégorie objets, on peut évoquer l’ensemble des dispositifs médicaux : des capteurs pour mesurer précisément le rythme cardiaque, la tension artérielle, le taux de glycémie, par exemple. Dans l’idéal, les données récupérées servent au monitoring en temps réel et sont conservées dans le dossier du patient.

Pour le patient, il s’agit d’obtenir une autonomie par rapport à sa maladie. Les objets connectés comme les wearables évolués doivent lui permettre de faire ses mesures chez lui, sans besoin de se rendre chez son responsable de suivi.

Une différence technologique

montre connectée bien-être

Ce dernier usage se rapproche des fonctionnalités par les objets  bien-être. Pourtant, il faut correctement différencier ces deux aspects du quantified self. Il suffit de s’adresser aux fabricants des composants incluent dans les appareils de santé connectée et les bracelets plus classiques pour bien comprendre cette différence.

Des entreprises comme Maxim Integrated et Analog Devices conçoivent les capteurs médicaux et ceux pour les smartwatch et autres bracelets. Ils identifient deux niveaux d’exigence.

L’exemple révélateur : le capteur de rythme cardiaque. Celui destiné aux produits pour le grand public ne présentera pas la précision du dispositif médical. Il enregistrera des courbes avec des oscillations moins précises. Les tarifs ne sont pas les mêmes non plus. L’exigence plus élevée des instruments de santé réclame une attention particulière.

Quant à la mise sur le marché, les produits certifiés par les autorités en charge ne sont pas en majorité. Il faut passer par une batterie de tests qui confirment la non-nocivité et l’efficacité des objets.

Cette différence technologique a tout de même tendance à baisser, puisque certains objets connectés destinés au grand public obtiennent des certifications confiées par le milieu médical.

Comment associer bien-être et e-santé

medecin bien-être

La frontière entre les catégories e-santé et le bien-être est poreuse. Cela se vérifie au fur et à mesure que les acteurs du marché grandissent ou que les géants du Web comme Google et Facebook se penchent fortement sur ces domaines.

Si au premier abord, cela peut paraître dangereux, l’arrivée de tels acteurs sur ces marchés entraîne une plus grande attention des pouvoirs publics et des professionnels.

D’après le livre blanc « Santé connectée : de la e-santé à la santé connectée » publié par le Conseil de l’Ordre national des médecins en janvier 2015:

« Seul le travail d’évaluation permettra d’accepter – ou de refuser – les propos vantant tel ou tel avantage d’un objet connecté. Les études devront juger la performance des capteurs, mais aussi la pertinence des logiciels et algorithmes qui leur sont associés. Pour l’instant nous manquons notoirement de données fiables, si bien que trop d’applications ressemblent à des boites noires. Ce déficit de connaissance doit être corrigé car la santé connectée ambitionne d’avoir un impact direct sur les comportements et prises de décision des utilisateurs (patients et/ou professionnels). »

Cette « ubimédecine », qui met  « l’individu directement en prise avec une aide à la décision informatisée », est donc une question prise très aux sérieuses par les autorités médicales.

Le principe de méfiance est pour l’instant observé par une grande partie des praticiens, mais l’émergence d’un phénomène déjà répandu chez les sportifs pousse les professionnels à l’inclure dans leurs pratiques.

En plus des questions d’éthique propres à la gestion des données, il faut pouvoir satisfaire la volonté populaire d’une médecine préventive basée sur l’IoT. Pour le moment, le besoin d’éprouver les qualités des produits est nécessaire. C’est ainsi que la confiance dans les objets bien-être et e-santé viendra des deux côtés du bureau, médecins et patients.

2 Comments

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  1. Si je suis d’accord avec ma consoeur de l’industrie pharmaceutique et la nécessité de faire la différence entre objets connectés de « bien-être » et ceux de « santé », je ne suis pas d’accord avec votre analyse et votre explication de la différence.
    Tout d’abord, il faut rappeler que « quantified self » se traduit par « auto-mesure » en français. ensuite le premier instrument d’auto-mesure fut le thermomètre corporel à la fin du 19ème siècle. Certes, il n’était pas connecté, mais ce n’est pas la connectivité qui fait la fonction de l’objet.
    La séparation entre « bien-être » et « santé » est une séparation règlementaire: certains objets ont été testés et ont pu démontré leur fiabilité, ce sont des objets de « santé », d’autres n’ont pas démontré leur fiabilité et ne sont que des objets de « bien-être ».
    Depuis peu, Fitbit fait l’objet, aux USA, d’une action en justice pour mise en danger de la vie d’autrui, en cause le manque de fiabilité de son moniteur de rythme cardiaque. Comme quoi, même un objet « bien-être » peut présenter des limites et s’avérer dangereux en fonction de l’usage qui en est fait.
    La montre Apple, aujourd’hui objet « bien-être » sera demain un « dispositif médical », c’est ce que la société a annoncé récemment.
    Voilà où est la frontière entre les objets de « bien-être » et les « dispositifs médicaux »: c’est la fiabilité démontrée!

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