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Emissive expérimente un projet immersif revolutionnaire

Emissive

Emissive, spécialiste en réalité virtuelle augmentée, expérimente un projet immersif unique baptisé The Enemy. Initiateur du projet, le photojournaliste Karim Ben Khelifa, propose de réfléchir sur les enjeux du monde en apportant un éclairage sur les conflits qui peuplent la planète. The Enemy : une odyssée à travers les belligérances les plus longues de l’histoire contemporaine.

L’industrie retient son souffle. L’année 2016 va voir débarquer dans les magasins une multitude de casques de réalité virtuelle, adaptés à tous les budgets. Oculus Rift, HTC Vive, Samsung Gear VR… ces noms qui se font peu à peu connaître du grand public sont annonciateurs d’une révolution technologique certaine. Si les observateurs, échaudés par l’échec des téléviseurs 3D, craignent que le soufflé retombe trop rapidement, d’autres affirment que la naissance de cet immense et durable marché sera pérenne.

Le cabinet TrendForce estime ainsi que la réalité virtuelle générera 70 milliards de dollars en 2020, entre l’achat de casques et celui de contenus spécifiques. Coiffer d’un casque et s’immerger dans un univers imaginaire, où tout ou presque devient possible : le fantasme de la réalité virtuelle est vieux comme la science-fiction. Il a nourri bien des œuvres, utopiques comme pessimistes.

Une expérience journalistique, un récit de guerre qui prend aux tripes

La réalité virtuelle a du bon, et dans ce domaine, elle illustre brillamment l’actualité. Pour exemple, dans la fournaise proche-orientale, apportée par son lot de surprises, bonnes ou mauvaises, le risque d’une frappe israélienne sur la Palestine -et vice-versa- reste toujours imminente. Dans l’attente d’une entente historique entre les deux pays, The Enemy propose des variantes, une meilleure compréhension du problème, aide à réfléchir et touche vraiment l’explorateur qui sommeille en nous.

Emissive

En place de façon bi-frontale : deux combattants. Ils s’observent, se jaugent. L’un après l’autre, les deux hommes dévoilent dans leurs langues natales les raisons pour lesquelles ils se sont engagés dans la guerre. Pourquoi ils ont trouvé plus approprié de prendre un jour les armes pour défendre leurs convictions, leur famille, leur pays, leur clan, leur foi, suivant ainsi leurs parents et ancêtres. Que connaissons-nous exactement de ces combattants ? Que savons-nous vraiment des motivations qui poussent les êtres humains à s’engager dans le combat, à s’entretuer ? Que représente pour eux la liberté ? L’avenir ?

Israël-Palestine, Congo, Salvador, mais aussi Corée du Sud et du Nord, Sud-Soudan, Cachemire… De toutes les luttes que connaît le monde, ces conflits semblent être ceux qui symbolisent le mieux l’impossibilité pour chaque partie de s’identifier à l’autre. Annoncé sur Europe1 ce matin, Daniel Cohn-Bendit a dit : « Le conflit israélo-palestinien : on peut faire quelque chose si on le veut vraiment ». Le projet The Enemy apporterait-il une réponse audacieuse aux problématiques du monde ? L’idée apparaît particulièrement pertinente.

The Enemy : un vrai dispositif

Emissive, The Enemy
The Enemy, photo ©Emissive

L’installation en réalité virtuelle est évolutive et multi-utilisateurs (jusqu’à 20 visiteurs en même temps). Le dispositif intègre les dernières avancées des travaux scientifiques en matière de neuroscience et propose aux spectateurs une expérience personnalisée où les réactions de chacun impactent la perception de l’autre. En analysant les processus intimes de la création d’empathie, l’installation modifie notre apparence virtuelle pour nous faire apparaître aux yeux des autres joueurs dans la peau d’un combattant. Conformément aux souhaits de Karim Ben Khelifa, The Enemy sera également ramenée dans les zones de conflits pour que les plus jeunes générations puissent tester l’expérience et tenter de changer leur perception de l’ennemi – cet autre que l’on n’a cessé de déshumaniser depuis sa naissance.

«Le projet est un prototype, un test de ce qu’on peut raconter comme histoire à l’ère de la réalité virtuelle », explique Karim. « L’installation a vocation à tourner dans les pays concernés, et dans les écoles et lieux publics».

Il faudra tout de même attendre fin 2016 pour pouvoir expérimenter le concept.

Une production à gros budget

1,6 million d’euros. France Télévisions, Emissive, la société de prod Camera Lucida, mais aussi le CNC (Centre national de cinématographie), l’INA (Institut national de l’audiovisuel), et l’ONF (Office national du film du Canada) ont pris la main. Un partenariat qui préfigure de nouvelles formes d’écriture pour les documentaires, alors que les premiers casques de réalité virtuelle sont attendus pour le premier semestre 2016. De fait, Arte présentera à la presse, mardi 2 février « I, Philip » (initialement intitulé Philip and I), première fiction française en réalité virtuelle, où vous vous situez dans la tête d’un robot, destinée à rendre hommage au romancier américain Philip K. Dick. Coproduite par Okio Studios, dotée d’un budget de 400.000 €, elle sera en ligne à partir du 22 février sur la nouvelle plateforme Arte 360, ainsi que les plateformes de réalité virtuelle Samsung et Oculus.

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Karim Ben Khelifa a été correspondant de guerre pour Le Monde, Stern, Vanity Fair, The New York Times Magazine, Newsweek, en Palestine, Irak, Afghanistan, Somalie, Sud Soudan, Cachemire, Liban, Iran, Corée du Nord, Libye, Egypte… L’homme a vécu au Yémen, à New York, à Paris et partage son temps aujourd’hui entre Boston et Berlin.

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