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[Tribune] Horlogerie: les 3 terribles leçons de BaselWorld

Après le BaselWorld, la foire de la montre s’étant tenu à Bâle en Suisse du 17 au 24 mars dernier, Xavier Comtesse dresse un constat d’échec pour l’horlogerie traditionnelle du pays alpin. La faute à la connectivité grandissante ?

Voilà un mois que la grande foire mondiale de la montre de Bâle a pris fin. Les leçons sont terribles pour les Suisses: ils n’ont toujours pas réagi. Pire encore, ils s’enfoncent ! Voilà donc les trois points noirs de l’horlogerie suisse.

A. On est passé dans un marché d’acheteurs

C’est-à-dire celui dans lequel les conditions de l’échange commercial sont fixées d’abord par l’acheteur. Désormais, ce sont les commerçants, les grossistes et les revendeurs qui ont (re)pris le pouvoir. Ainsi, s’en est fini pour les marques suisses de dicter leur loi depuis les montagnes, en termes de volumes, de marges et de prix.

B. La crise horlogère se poursuit

Cette crise provoquée d’abord par la montre connectée et l’effondrement du marché chinois, elle se développe maintenant sur trois niveaux:

  • conjoncturel avec par exemple le marché de Hong Kong qui est toujours dans le rouge.
  • structurel avec une surcapacité industrielle de l’horlogerie suisse.
  • systémique avec la transformation vers le tout connecté.

C. Déterritorialisation

Désormais, il n’y a plus de « swiss made »! Les entrepreneurs feront appel à l’excellence du rapport qualité/prix où qu’elle soit!). Maintenant, les entreprises du continent nord-américain à l’instar de Shinola (Détroit) ou Nivada (Mexico) se passent du cluster industriel suisse. L’idée de ce rassemblement d’entreprise est en train de partir en fumée.

En effet, les marques de luxe vont produire le plus possible de manière intégrée avec leurs hautes compétences, sinon ils iront acheter n’importe où si le besoin se fait sentir.

En d’autres termes, la chaîne de la valeur n’est plus régionale et le Vallon de St.-Imier, la Vallée de l’Arve (décolletage) ou la Corée du Sud, c’est du pareil au même.

Finalement la chaîne de la production, désormais numérique et connectée, va largement faire l’impasse des territoires au profit des compétences où qu’elles soient. Le monde change en profondeur sous l’effet de la connectique et du numérique.
Il n’y a plus de doute à avoir si l’on observe attentivement l’industrie horlogère !

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