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Bruxelles cherche 50Md€ pour digitaliser l’industrie européenne

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Mardi 19 avril, la Commission européenne a dévoilé sa stratégie pour soutenir la numérisation de l’industrie européenne. L’institution vise à mobiliser environ 50 milliards de dollars en 2021 pour aider les fabricants à rentrer dans la course mondiale pour la quatrième révolution industrielle gouvernée par l’Internet des Objets.

Cette nouvelle ère industrielle est marquée par l’évolution de l’intelligence artificielle, de la robotique et la propagation de capteurs bon marché. 

Les institutions européennes prennent ces initiatives à cause de la lenteur de l’Europe, par rapport aux Etats-Unis et au Japon, à adopter ces technologies et profiter des avantages de la digitalisation. « L’industrie nous a demandé de construire les fondations de notre avenir industriel et il n’y a pas de temps à perdre » a déclaré Andrus Ansip, vice-président de la commission pour le marché unique numérique.

Pour comparer, selon une étude du Parlement européen, un investissement de 40 milliards d’euros serait nécessaire chaque année seulement en Allemagne pour digitaliser l’industrie. Pour l’Europe entière, le montant pourrait atteindre 140 milliards d’euros à l’année.

Le retour sur investissement serait à la hauteur des espérances. PwC et Boston Consulting Group ont estimé que la digitalisation de l’industrie en Europe rapporterait 110 milliards d’euros par an sur les cinq prochaines années.

Vers une cohérence de l’industrie européenne

Pour profiter de cette transition très proche vers l’industrie 4.0, il y a besoin de plus de cohérence et de coopération entre les pays européens. Des normes communes doivent être mises en place de Lisbonne à Helsinki.

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Selon la Commission, il y a actuellement plus de 30 initiatives nationales et régionales liées à la numérisation de l’industrie, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas, en France, en Italie, en Espagne et en Slovaquie.

Afin de coordonner au mieux les pays entre eux, la Commission organisera de nombreuses réunions chaque année. De plus, les autorités européennes investiront 500 millions d’euros pour mettre en place des centres d’innovation numériques dans les universités et les organismes de recherche dans la plupart des régions européennes. Ces centres aideront à la transformation numérique en soutenant les PME et autres initiatives au niveau régional. L’UE se focalisera en priorité sur les partenariats public-privés (PPP) en investissant environ 22 milliards d’euros dedans.

Les secteurs destinés à être développés en priorité seront ceux sur lesquels l’Europe est déjà en avance : l’industrie automobile, la santé et l’énergie. Le secteur privé contribuera en versant 17 milliards d’euros tandis que 4 milliards et 1 milliard d’euros viendront des fonds de l’UE et des différents gouvernements. La Commission invite également les états membres à ajouter 15 milliards d’euros sur les cinq prochaines années pour soutenir les PPP.

Avec 5,5 milliards d’euros par des investisseurs nationaux et régionaux dans les centres d’innovation numériques et 6,3 milliards engagés pour la production de la prochaine génération de composants électroniques, les autorités européennes attendent bien un investissement total de 50 milliards dans la numérisation de l’industrie européenne au cours des cinq prochaines années.

La normalisation et la sécurité sont indispensables

L’UE a déjà lancé un PPP concentré sur la prochaine génération de connectivité sans fil (5G) et l’industrie de fabrication. Tout ceci est entrepris pour que l’Europe privilégie l’industrie grâce à l’évolution de l’Internet des Objets. La normalisation et la réglementation des flux de données sont les facteurs essentiels pour faciliter le déploiement de cette technologie de pointe.

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En ce qui concerne la gestion des données, l’exécutif européen examinera en détail la question de la propriété des données et définira des règles pour la réutilisation des données dans un contexte industriel.

Carlos Moedas, commissaire de l’innovation à l’UE,  a déclaré que « les données devraient être ouvertes par défaut », mais averti que l’Europe devrait protéger les idées des entreprises.

Pour répondre au développement des voitures intelligentes et des robots, la Commission compte également se pencher sur les futures réglementations appliquées aux systèmes autonomes et sur de nouvelles règles de sécurité.

En même temps, la Commission veut également mobiliser jusqu’à 6,7 milliards d’euros pour créer un super-ordinateur afin de supporter un nouveau European Open Science Cloud. Ce Cloud servira aux 1,7 million de chercheurs et aux 70 millions de professionnels dans la science et la technologie pour stocker, partager et réutiliser des données scientifiques et des résultats.

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