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L’internet des objets contre la pollution à Londres

Le Tower Bridge sous le smog
Le Tower Bridge sous le smog

La mauvaise qualité de l’air est une menace fantôme, un problème insidieux et souvent ignoré. Après tout, l’air est invisible et donc il faut plus qu’un effort pour comprendre pourquoi sa qualité est importante pour notre santé. Or la qualité de l’air, surtout dans les villes, est préoccupante. C’est une menace pour la santé publique, un enjeu pour nous tous.

Londres, connue pour ces grands parcs, ses écureuils et ses renards vivants en plein centre-ville, n’est pas immédiatement associée à une pollution nocive, comme le sont certaines villes asiatiques. Pourtant, la qualité de l’air londonien est parmi les moins bien cotée en Europe. Sont surtout considérés comme dangereux le dioxyde d’azote, qui provoque 23 000 morts par an, et les microparticules, qui pénètrent très profondément dans les poumons. En 2003 la Cour Suprême du Royaume-Uni a même émis un arrêt statuant que le pays avait enfreint la directive de l’UE sur la qualité de l’air.

A la recherche des solutions innovantes

Heureusement, ce n’est pas sans espoir et la technologie jouera un rôle majeur dans le changement. Avec ses projets orientés vers la santé et l’environnement, l’Internet of Things Academy (IOTA) en est un bon exemple. L’entreprise cherche de nouvelles façons d’améliorer la qualité de l’air en utilisant l’internet des objets, en explorant comment la connectivité, les capteurs connectés et les données peuvent changer la façon dont nous percevons les risques liés à la détérioration de la qualité de l’air et comment nous adaptons notre comportement pour renverser la situation. L’idée majeure de l’IOTA est que le débat actuel autour de l’IoT est trop centré sur les moyens de connecter entre eux toutes sortes d’objets et de wearables pour des futilités et le divertissement, plutôt que de s’intéresser aux gens et à leurs vrais besoins.

La pollution, un problème de santé publique
La pollution, un problème de santé publique

La pollution, un problème de santé publique nous emmène vers une dictature des données ou, pire, vers l’apathie, – dit le directeur de l’IOTA Hugh Knowles. – Nous devons analyser le vrai potentiel de cette technologie pour provoquer un changement positif, sans quoi les objets connectés risquent de devenir des jouets destinés à faciliter la vie, mais accessibles uniquement aux plus riches. Privilégions l’utilisation de la technologie pour innover dans la façon dont sont satisfaits les besoins, plutôt que de rendre ce qui existe déjà un peu plus « smart ». Notre objectif est d’améliorer la qualité de l’air dans les villes, voire de restaurer l’écosystème. Pour cela il faut faire de l’IoT une loupe grossissante qui permette de trouver des opportunités, plutôt que de prescrire des réponses toutes faites ».

BuggyAir, pour les parents et citoyens responsables

BuggyAir, un des concepts les plus prometteurs de l’IOTA, a été le premier à attirer des investissements et bénéficie du soutien de l’agence gouvernementale Innovate UK et de l’assureur BUPA. L’idée clé est de fixer sur des poussettes d’enfant des capteurs qui vont, en temps réel, mesurer le niveau de la pollution dans la rue et enregistrer l’exposition à l’air potentiellement pollué. Le GPS embarqué va enregistrer la localisation précise de chaque point d’acquisition de données, l’accéléromètre détectera si la poussette roule dans la rue, se trouve dans une voiture ou encore dans un bus. Les données transmises par des porteurs anonymes de capteurs seront automatiquement téléchargées sur une plateforme et combinées avec les données des autres capteurs dans la même ville afin de créer une carte dynamique de la qualité de l’air. Les parents pourront mieux comprendre ce que leurs enfants respirent vraiment à l’endroit précis où ils se trouvent et, si besoin, adapter le trajet pour éviter des endroits avec des pics de pollution, qu’ils soient ponctuels ou durables. Une telle plateforme aidera à visualiser comment les conditions atmosphériques peuvent changer au cours de la journée, de la semaine ou de l’année. Elle servira également à partager cette information avec d’autres intéressés, tels que des lobbyistes ou des décideurs en charge des transports et de la circulation.

Des kits BuggyAir
Des kits BuggyAir

IOTA n’est pas la seule à mener ce genre de tests, des associations universitaires ou municipales enregistrent la qualité de l’air depuis déjà un certain temps. Récemment ces associations ont mené ensemble un projet de surveillance de la qualité de l’air dans certains quartiers de Londres en utilisant un système d’information géographique (SIG). C’est un bon début, mais qui a ses inconvénients : les mesures SIG sont effectuées par des capteurs statiques, souvent installés très haut, au-dessus des piétons, et l’image générale de la pollution moyenne ambiante n’est qu’une interpolation de plusieurs mesures. L’exploitation de tels réseaux est coûteuse et peu de villes peuvent se permettre des systèmes complets de monitoring. Et même si c’est le cas, souvent l‘information n’est pas immédiatement disponible. Elle peut même induire en erreur si l’information n’est ni concrète, ni parlante au regard des besoins de la population : quel air va droit dans mes poumons, quels effets cela peut avoir, est-ce que c’est pareil ailleurs ? D’autant plus que la qualité de l’air et l’exposition individuelle à la pollution sont deux choses distinctes. L’avantage comparatif de BuggyAir est justement sa mobilité, que seul l’internet des objets peut fournir : cela permet de mesurer la qualité de l’air que les gens inspirent au moment même et à l’endroit exact où ils se trouvent.

Quatre mesures de NO2: les données varient selon la hauteur
Quatre mesures de NO2: les données varient selon la hauteur

Des capteurs économiques, efficaces et fiables

Avant de commercialiser sa technologie, IOTA doit s’assurer qu’elle fonctionne correctement. «Personne ne voudra porter sur soi un moniteur grand et lourd, – continue Hugh Knowles. – Actuellement vous pouvez acheter des capteurs pas chers, mais leurs mesures sont irrecevables du point de vue académique et médical, donc inutiles. A l’inverse, le prix des capteurs statiques peut atteindre 100 000 livres. Nous sommes en train de travailler sur des capteurs de milieu de gamme qui couteront entre 100 et 3 000 livres, seront suffisamment petits pour satisfaire nos exigences techniques et suffisamment précis pour être déployés efficacement. Ils pourront être installés sur les poussettes, mais aussi sur les bus, les vélos pour multiplier le nombre de points d’acquisitions de données. Les gens pourront partir le matin au travail avec ces capteurs et choisir leur itinéraire pour réduire l’exposition. L’ambition long terme de l’IOTA est de changer radicalement la qualité de l’air dans les villes, voire révolutionner le système de transport : « L’IoT est là pour nous pousser à changer nos comportements et promouvoir le grand changement ».

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