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IoT aux Etats-Unis, le besoin d’une stratégie nationale

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Mercredi 16 décembre, les acteurs du marché de l’IoT et les membres du gouvernement se sont réunis à Washington pour discuter de la montée en puissance des objets connectés et du besoin d’une stratégie nationale. 

La conférence menée par Joshua New et Daniel Castro, les fondateurs du « Center for Data innovation », est la conclusion d’un rapport rédigé par ces deux organisateurs. La réunion a rassemblé entre autres Steve Crout, le vice-président des affaires gouvernementales de Qualcomm, Mark Ryland, un des directeurs du service web d’Amazon, et Jeff Brueggeman, vice-président de la communication publique chez AT&T.

Un plaidoyer pour l’IoT

Les fondateurs du collectif sont revenus, pendant une heure et demie, sur le besoin d’une présence gouvernementale dans l’avènement de l’IoT. Le but n’est pas de proposer un TAFTA pour les objets connectés, mais de discuter de l’avenir de ceux-ci, de prévoir un développement adéquat de la technologie. La discussion s’est orientée sur le pouvoir des nations comme incubateurs d’une branche technologique en pleine expansion. Les représentants des grandes firmes ont exprimé la nécessité de légiférer, afin de créer des normes en consultation avec les entreprises.

Dans leur rapport d’une vingtaine de pages, les organisateurs exposent des solutions pour que les nations encouragent la mise en place d’une stratégie nationale cohérente pour l’IoT. Ils présentent les efforts de certains pays en pointe, comme la Chine, le Japon, l’Allemagne, la Corée du Sud, et les États-Unis. Selon eux, un effort commun d’un gouvernement et des entreprises peut générer un bénéfice social et économique, et créer de l’emploi. Cependant, il faut faire face aux nombreux problèmes qui se posent en chemin. L’un d’eux concerne les lois contre la circulation des données privées. En ce sens Joshua New déclare :

 » Malheureusement, créer des lois restrictives pour une technologie émergente à un stade de développement peu avancé, sans preuve de comment elle pourrait affecter les consommateurs, peut avoir des effets inattendus, qui limitent l’innovation, les modèles économiques et peut même coûter cher. »

L’analyste estime qu’au lieu de protéger les individus, ces lois peuvent tuer l’innovation dans l’œuf. Selon lui, ces mêmes données privées sont nécessaires au développement de la technologie, développement qui passera forcément par l’amélioration de la sécurité des objets connectés. En l’occurrence, le « privacy design » est une solution parmi tant d’autres. Si l’IoT ne doit pas outrepasser la sécurité nationale, Joshua New et Daniel Castro exhortent également à la mise en commun des données à l’international. Cela pourrait faire évoluer la recherche dans de nombreux domaines et étendre la collaboration entre les pays.

L’Europe, les États-Unis même combat ?

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Si le rapport rédigé par les membres de « Center For Data innovation » concerne essentiellement les États-Unis, les autres pays et les instances fédérales, comme l’Europe, se posent les mêmes questions. De ce constat, la commission européenne prévoit une loi-cadre pour l’année prochaine, qui va donc au delà d’une stratégie nationale. De nombreux points sont en délibération : circulation, protection des données, standardisation, brevets, etc. A noter que, comme aux États-Unis, l’Europe fédérale ne voit pas le lobbying d’un mauvais œil.

Les entreprises en pointe sur le marché de l’IoT sont des membres actifs lors des discussions. Cependant, de nombreux points de friction existent, notamment quand il s’agit de traiter avec des pays aux positions fermes sur le sujet. La France par exemple possède l’une des législations les plus restrictives quand il est question de propriété intellectuelle.

Si le gouvernement actuel a mis en place le principe de l’Open Data au sein de ses services, ce n’est qu’un petit bout du chemin qui a été fait. L’IoT et la Big Data viennent bouger les lignes traditionnelles, à l’instar d’Internet. Cette révolution numérique, interconnectée, nécessite une vision différente, cette stratégie nationale ou supra-nationale. Pour autant, la peur de voir les entreprises prendre le contrôle des réseaux et des données semble infondée.

Comme le prouve la conférence d’hier aux États-Unis, il y a une véritable demande de la part des compagnies pour faire grandir ces technologies et de les intégrer au sein de la société. Petit à petit, l’enjeu de la ville connectée s’impose à toutes les nations développées. Selon Joshua New, les dix prochaines années vont être décisives pour la mise en place de politiques cohérentes, qui permettront de rapporter 11 trillions de dollars par an à travers le monde, d’ici 2025.

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