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IoT : les enseignements des professionnels d’un écosystème complexe

Hier se tenait l’IoT Break épisode 5. Une soirée riche en enseignement pour ceux qui travaillent et se lancent dans l’Internet des Objets.

L’IoT Break 5 avait lieu le mardi 25 juin à Sorbonne Université Campus Pierre et Marie Curie. Cette soirée conviviale a débuté par les interventions d’entreprises, d’intégrateurs et de startups engagés dans le secteur de l’Internet des Objets.

Tout d’abord, Oxana Gouliaeva, consultante senior en innovation et co-autrice du livre 24 heures d’innovations a évoqué l’évolution des assistants vocaux. Cette nouvelle forme d’interface supplante petit à petit les boutons sur les produits connectés. “L’on passe de l’ère du logiciel à celle de la voix”, affirme-t-elle. Cette interface invisible a connu une adoption rapide. Depuis la commercialisation des enceintes Amazon Echo en 2014, il s’est vendu plus de 100 millions d’unités à la fin 2018, selon Canalys.

Les assistants vocaux, un vecteur de croissance pour l’IoT

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L’adoption est très rapide. Alors que l’hégémonie du smartphone a pis environ 10 ans, l’assistant vocal s’est appuyé sur les téléphones, les enceintes et maintenant des portails vidéo pour s’imposer auprès du grand public. Deux arguments avancés par Oxana Gouliaeva justifient cette forte croissance. Premier point, cette interface permet de se connecter plus facilement avec le monde extérieur. Cela réduit le temps d’écriture et donc cela accélère les requêtes sur le Web. Par ailleurs, l’on diminue l’exposition aux écrans.

Les assistants vocaux servent principalement à écouter de la musique ou la radio. Ensuite, les utilisateurs les emploient pour s’informer, pour contrôler leur maison connectée et réaliser des achats.

Seulement, cette dernière pratique reste encore minoritaire. Il s’avère plus difficile de comparer les prix des produits. Les marques, elles, doivent prendre en compte une nouvelle forme de recommandation : le référencement vocal. Ainsi elles doivent se renseigner auprès des fournisseurs des assistants pour faire partie des premières cités dans les résultats de recherche.

Selon Oxana, le jeu pour les entreprises, c’est de voir leurs marques figurées en première ou en deuxième recherche. Le consommateur peut ainsi se satisfaire d’une réponse rapide fidèle à ses attentes.

A noter que la multiplication d’une même requête fait que l’humain a généralement oublié la première réponse au bout de la cinquième demande. Selon d’autres sources, la limite est de 7.

La reconnaissance vocale inspire les concepteurs

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Les assistants vocaux intéressent les entreprises et les startups présentes à l’IoT Break. William Schlegel, CTO et cofondateur de StimShop a présenté sa technologie Wireless via Ultrasound. Elle permet notamment de transférer des identifiants de connexion cachés dans un fichier sonore unique en ultrason à une enceinte connectée, un smartphone et tout autre appareil doté d’un microphone et d’un haut-parleur. Cette fréquence inaudible facilite alors le paiement sans contact sécurisé.

Martin Lespinasse, Product Manager chez Netatmo considère que ces assistants permettent de faire évoluer des produits existants en proposant davantage de services dans le temps. Depuis le mois de juin 2018, le thermostat et la station météo de Netatmo sont compatibles avec Amazon Alexa. Pour rappel, on les trouve dans les magasins depuis 2012.

Pour Gweltas Radenac, Directeur de programme — nouveaux business pour le groupe HBF et la marque Otio, Google Assistant et Amazon Alexa sont des plateformes idéales pour assurer l’interopérabilité des objets connectés. Les consommateurs n’ont pas à installer de ponts et peuvent créer des scénarios depuis leur smartphone.

La maison connectée pas encore au goût de tout le monde

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Cependant, ce marché de la Smart Home peine à trouver sa légitimité. L’installation et le coût des équipements freinent l’adoption.

Après avoir vendu plus de 200 000 appareils, Otio a fusionné les différentes applications pour offrir un contrôle depuis une seule interface. Pour ce faire, Otio se sert de Microsoft Azure pour unifier son infrastructure.

Dans un même temps, la marque s’oriente vers un marché BtoB avec un autre modèle économique. Il s’agit de séduire des promoteurs immobiliers, des bailleurs sociaux et des gestionnaires de logement afin d’inclure les produits dans l’expérience d’habitat proposé, des équipements de la maison connectée. Otio s’adresse également aux métiers du bâtiment comme les électriciens et les chauffagistes pour faciliter les installations.

Un marché IoT BtoB qui a tendance à se verticaliser

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Les changements d’approche et le passage au BtoB ne sont pas rares dans le secteur de l’IoT. Gabor Pop, directeur marketing pour Actility décrit notamment l’évolution du service de connectivité LoRaWAN chez son client, l’opérateur Orange. Après avoir déployé près de 4000 antennes, il s’est aperçu les volumes de communications n’étaient pas aussi importants qu’espérés.

La société a observé que deux catégories de cas d’usage. Ceux qui consomment de la donnée comme le relevé de compteur ou de température et les autres. Ils se présentent comme autant de solutions verticalisées répondant à une problématique particulière. Or le trafic généré par l’ensemble d’entre elles égale voire dépasse celui des cas d’usage majoritaire.

L’opérateur a donc commencé à proposer des offres de bout en bout pour différents acteurs comme ceux du BTP et de l’agriculture. Évidemment, le spécialiste du réseau ne maîtrise pas tous ces métiers. Il fait appel à des intégrateurs qui fournissent les briques additionnelles nécessaires au fonctionnement du service.

Pour Orange, il s’agit d’un changement profond de modèle économique, car dans le milieu du mobile le revenu par équipement avec les forfaits téléphoniques à 9,99, 19,99 euros et plus, facilite la génération d’un bon chiffre d’affaires. À moins de 10 euros l’année par capteur, l’IoT demande une approche différente”, assure Gabor Pop.

Répondre à de multiple cas d’usage IoT …

C’est justement de cette manière qu’E-novACT, une jeune société fondée en 2016 propose sa plateforme IoT et ses solutions de bout en bout. Cet outil facilite la remontée d’alerte et le déploiement de modèles de machine learning sans écrire une ligne de code. IoT Fusion recueille les données de capteurs, de smart grid et d’équipements de protection des personnes.

E-novACT répond notamment à une dizaine de cas d’usage en mettant en avant les métiers industriels. Par ailleurs, la plateforme combine le savoir-faire des professionnels avec des algorithmes de machine learning dans le but d’affiner l’analyse des pannes, des anomalies et de les prévenir.

…Ou à un seul

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Hiboo agit autrement. Cette startup fondée en 2017 se focalise sur la supply chain. Elle travaille notamment avec des acteurs du BTP comme Bouygues BTP ou encore Kiloutou veulent suivre des actifs comme des tourets ou des machines. Clément Bénard, cofondateur de la société, explique qu’il peut ainsi faire le lien entre l’activité d’un véhicule (camion, tracto-pelle, pelleteuse, etc.) et sa consommation de gasoil. Une chose auparavant difficile à réaliser. Par ailleurs, les professionnels trouvent plus rapidement le matériel sur les différents chantiers. Pour cela, elle utilise une balise connectée par le biais du réseau Sigfox ou les protocoles des engins déjà connectés comme ceux de Caterpillar (GSM). Il faut donc une plateforme capable de prendre en charge de nombreux standards de communication.

L’importance de la certification

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Lors de son intervention consacrée aux erreurs d’un projet IoT, Florian Splendido, Directeur de la Sigfox IoT agency, a notamment insisté sur le fait de faire certifier ses objets connectés. Cela permet d’être aux normes par rapport aux marquages CE et FCC, par exemple, mais aussi de respecter les critères des différents réseaux IoT comme Sigfox, LoRa, NB IoT et autres. “Il y a deux mois, un de nos clients a fabriqué près de 15 000 objets avant de les faire certifier. Il n’a pas obtenu le précieux sésame et s’est retrouvé avec sa production sur les bras”, témoigne Florian Splendido.

Pour réussir cette étape, il faut donc penser en amont à l’ensemble des paramètres de la conception, de l’idée en passant par le financement, les différents essais, l’industrialisation, la certification et la commercialisation. Selon le responsable, “95 % des erreurs constatées sur les projets IoT proviennent de la partie matérielle”.

Des objets connectés fiables permettent de multiplier les cas d’usage pertinents. Présente lors de l’IoT Break, Chronolife, une startup spécialisée dans le Deep learning médical a mis au point un t-shirt intelligent qui prend 21 mesures différentes. Hélène Desponds, Chef de projet, expliquait que n’ayant pas trouvé de solutions assez précises et faciles à proposer aux patients, la société a dû concevoir son propre dispositif médical. De son côté, Craft.AI travaille avec Direct Énergies pour transformer les données avec son intelligence artificielle. Les deux acteurs se reposent sur le développement effectué par Enedis sur le compteur Linky. Enfin, Indigo Media a fabriqué ses meubles connectés pour analyser l’expérience client en magasin.

Merci à Avanade, et à l’Association du Master Ingéniérie Sorbonne Université pour son chaleureux accueil.

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