La chute de Sidewalk Labs et la ville du futur de Toronto expliquée par Josh O’Kane 

Très critiqué depuis ses débuts, le projet d’urbanisme à Toronto de Sidewalk Labs, une filiale de Google, fait aujourd’hui partie de l’un des grands échecs des projets de ville intelligente. Josh O’Kane, l’auteur du livre Sideways: The City Google Couldn’t Buy revient sur ce fiasco dans son interview avec Emerging Tech Brew

À l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Sideways : The City Google Couldn’t Buy, Josh O’Kane, s’est entretenu avec emerging tech brew sur les leçons que l’on peut tirer de cette expérience de Sidewalk Labs à Toronto. Particulièrement intéressant, cet entretien nous permet d’en apprendre un peu plus sur l’échec du projet et les défis à relever pour assurer le futur des smart cities. Nous avons décidé de le traduire et le résumer pour plus de clarté.

Quelles sont les raisons de la mauvaise communication entre les partenaires ?

Selon Josh, la mauvaise communication entre Sidewalk Labs et Waterfront Toronto vient principalement du fait que la filiale de Google n’avait pas saisi le véritable statut de son partenaire. En effet, lorsqu’ils avaient entamé les discussions sur le projet, Waterfront Toronto a quelque part omis de dire qu’il n’avait pas d’actionnaire majoritaire. En fait, celui-ci est géré par trois entités gouvernementales différentes. À savoir, le gouvernement fédéral, provincial et municipal.

Ainsi, Sidewalk Labs devait composer avec l’un ou l’autre des entités pour pouvoir implémenter des innovations qui nécessitaient des changements politiques ou réglementaires. Dans les faits, Waterfront Toronto était tout simplement incapable de répondre aux demandes et aux besoins de Sidewalk Labs. Cela a conduit au déséquilibre de leur relation et généré de la frustration.

Qui est responsable de l’échec du partenariat entre  Sidewalk Labs et Waterfront Toronto ?

De manière générale, en se cachant derrière Waterfront Toronto, les gouvernements ont empêché Sidewalk Labs d’exploiter pleinement ses idées qui pourtant avaient tout pour changer le quotidien des Torontois.

De son côté, Sidewalk Labs était beaucoup trop dépendante d’Alphabet, la maison mère de Google. Notons que cette dernière exerce énormément de pression sur l’entreprise afin qu’elle soit rentable.

La première leçon à tirer de cette expérience serait donc d’identifier de manière pertinente et claire quelle entité va décider de ce que va ressembler la future ville intelligente avant d’entamer n’importe quel projet.

Quelles autres leçons peut-on en tirer ?

Selon Josh, il est important de se poser les bonnes questions dès le départ, surtout en matière de protection des données privées.

Est-ce que Sidewalk Labs a visé trop grand ?

Dans les faits, si Sidewalk Labs s’est plus focalisé sur les réels besoins de Waterfront Toronto ou simplement sur quelques technologies bien ciblées, il aurait certainement eu plus de succès. La firme aurait également pu simplement acquérir un terrain.

En définitive, une chose est sûre, il y avait beaucoup trop d’obstacles et de bureaucraties pour créer la ville du futur. D’autant que leur partenaire n’était pas en mesure de faire tout ce qui était nécessaire pour concrétiser ce projet.

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