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Laurent Alexandre et Olivier Ezratty s’affrontent lors d’un combat de l’IA

Lors de la 8e édition de Startup Contest, Olivier Ezratty et Laurent Alexandre ont débattu sans prendre de gants de l’avenir de la France dans le secteur de l’intelligence artificielle.

Hier soir avait lieu Startup Contest, un événement organisé par Entrepreneur Engine pour départager sur un ring les startups venus pitcher et discuter avec de possibles investisseurs.

Le “combat” principal, le “main event” comme disent les américains, a fait monter sur les planches de Bobino transformé en ring Olivier Ezratty, ingénieur, célèbre influenceur dans le secteur des nouvelles technologies, maintes fois interrogé dans nos colonnes, auteur sur son blog Opinions Libres, auteur du Guide des startups et des Rapports du CES. Son adversaire du soir : Laurent Alexandre, Chirurgien, Urologue, cofondateur de Doctissimo, président de l’entreprise belge DNA Vision et auteur du livre “La guerre des intelligences : intelligence artificielle versus intelligence humaine”.

Cette rencontre au sommet lors du Startup Contest était l’occasion de voir ces deux célébrités “s’affronter” lors du “combat de l’Intelligence artificielle”. Plus qu’un affrontement, cette intervention ressemblait davantage à un débat où les uppercuts étaient remplacés par des “punchlines” envoyés à la face des législateurs de Bruxelles et aux politiques français.

La France et l’IA : KO face au GAFA ?

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Sur le thème “La France est-elle vraiment KO debout en matière d’Intelligence Artificielle face au monde ?” Laurent Alexandre et Olivier Ezratty avaient 4 rounds de quatre minutes pour asséner leurs arguments ponctués par les questions de la présentatrice.

Il fallait commencer par un diagnostic du marché de l’intelligence artificielle en France. A ce sujet, les deux experts sont unanimes.

La réalité, c’est que ça fait quinze ans que l’on se gargarise sur notre puissance à cause du fait que l’on a plein de mathématiciens, mais comme vous savez on peut mettre un million de mathématiciens, là, devant nous, ce n’est pas ça qui va fabriquer un GAFA ou un BATX (les géants du Web chinois : Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi NDLR). À force d’être dans le déni, les politiques sont persuadés que l’on peut rapidement être leader dans l’intelligence artificielle, alors que la réalité c’est que nos nains numériques, ils sont super petits […]”, assène rapidement Laurent Alexandre.

Selon Laurent Alexandre, il faut avoir d’importantes réserves de données pour éduquer une intelligence artificielle, cela nécessite des plateformes logicielles et de Cloud “qui représente des dizaines de milliards d’investissements”. En France, nous sommes donc “mal partis” par que “les politiques ont été nuls”, parce que “les organes de régulation comme la CNIL ont ouvert une autoroute pour les GAFA”, tandis que la Commission européenne complique “énormément la vie des startups” avec le GDPR puisque les grandes entreprises pourront s’armer convenablement afin de se conformer au règlement européen.

La verve de Laurent Alexandre, l’analyse d’Olivier Ezratty

Toujours selon Laurent Alexandre “On est presque mort, mais il y a un réveil des entreprises”. Olivier Ezratty souligne de son côté qu’il reste “encore des opportunités”. L’influenceur précise rapidement son propos en précisant que : “le problème n’est pas nouveau […] on a rêvé d’être les meilleurs du monde dans tout un tas de domaines du numérique, mais à chaque fois on s’est un peu planté”.

En revanche, le B2B est un secteur de réussite pour la France. Olivier Ezratty cite notamment Talend, Criteo, ou encore Dassault Système qui ont joué la carte de l’international. Pour lui “la vraie question” est de savoir si les entrepreneurs doivent abandonner le B2C et se concentrer dans certains domaines du B2C. “J’ai l’impression que l’IA va donner beaucoup d’opportunités dans le B2B et qu’il y a des opportunités pour beaucoup de startups, après il faut aider les entrepreneurs, c’est un autre grand sujet”, affirme l’auteur du Guide des startups.

Il convient de repérer les forces du tissu français. Laurent Alexandre et Olivier Ezratty rappellent que les influenceurs et les entrepreneurs sont en général en matière d’Intelligence Artificielle, mais le chirurgien précise que les politiques et les régulateurs confondent “IT et IA”, tandis que “les parlementaires ne comprennent rien à l’informatique moderne”.

Laurent Alexandre établit les conditions sine qua non de la réussite de l’Europe dans ce domaine : “Si on travaille bien, si les politiques continuent à progresser […]alors à l’horizon d’une vingtaine d’années il n’est pas exclu que l’Europe ait une petite part du gâteau mondial de l’intelligence artificielle.

Faciliter le travail des startups et les laisser disrupter le marché

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Selon Olivier Ezratty, il ne faut pas oublier la dimension financière. Les nombreuses startups françaises doivent essayer, mais pour cela il faut “qu’elle soit bien financée”. Cela demande de partir à l’étranger, “partir loin”, car “la France ne représente que 2% du PIB mondial”. La confiance est l’autre condition à la réussite des futures licornes. L’influenceur rappelle l’importance de suivre les idées de “ceux qui sont à la marge” dont les grandes idées divergent de l’opinion commun. Cela implique un changement culturel et de “réenchanter les sciences”. Il faut que collectivement le pays ait confiance dans les sciences et les technologies. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas”, tranche l’ingénieur.

Enfin, les startups françaises doivent sortir du giron des grands groupes qui selon les deux invités du Startup Contest veulent contrôler le développement de ces entreprises qui pourraient leur faire de l’ombre. Laurent Alexandre taille sévèrement les groupes français :

Le pouvoir de lobbying des grands groupes est absolument énorme et qu’il s’agisse de tous les secteurs les administrations publiques et les grandes organisations émasculent l’innovation et les startups parce qu’elles y voient des concurrents. […] On ne peut pas s’autonomiser, on ne peut pas devenir une belle boîte si on reste finalement un gentil camarade des grands groupes, il faut forcément leur rentrer dans le lard et leur piquer des parts de marché pour grossir.

Après un tel débat, le combat de l’intelligence artificielle semble avant tout un combat entrepreneurial qui, la plupart du temps, demande de retirer les gants et d’y aller à mains nues.

2 Commentaires

  1. Est ce qu’il y aurait un moyen de voir la vidéo de cet échange ?

    • Bonjour,

      Le débat a été filmé, mais je pense que le montage n’est pas terminé. Mon conseil : suivez la page Startup Contest sur Tweeter. Elle devrait relayer la vidéo prochainement.

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