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Les objets connectés attirent la convoitise des assureurs

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Bracelet, lunettes, voiture et même détecteur de fumée, aujourd’hui les objets connectés sont partout. Ils enregistrent le rythme cardiaque, le nombre de pas effectués dans une journée et les moindres habitudes de conduite. Mais derrière ces petits objets d’allure anodine se cachent de grands enjeux pour les assureurs.

Si l’on en juge par le nombre d’articles consacrés au sujet, l’année 2015 sera connectée ou ne sera pas. Chaque jour semble accoucher d’un nouvel objet connecté. Aux premières loges de ce marché émergeant, les assureurs, bien décidés à ne pas rater le virage de l’assuré digital.

La course est déjà lancée pour les assureurs

En 2014, Axa propose à 1 000 assurés d’accepter pendant quatre semaines la collecte et l’exploitation de leurs données à des fins de « prévention médicale ». Parmi les informations recueillies, la distance parcourue, le temps de sommeil, les calories brûlées, l’oxygénation du sang et même le rythme cardiaque. En échange de cette intrusion dans leur vie intime, les assurés au comportement jugé « vertueux », c’est-à-dire ayant fait plus de 10 000 pas par jour (la norme quotidienne recommandée par l’OMS), ont reçus des chèques cadeaux. Ces dernières semaines, Allianz offre avec son assurance habitation un détecteur de fumée connecté. Et les initiatives de ce genre ont tendance à se multiplier.

Et si l’assuré de demain était hyper-surveillé ?

Pour le moment, les choses gardent un aspect plutôt ludique. Mais que se passera-t-il si les objets connectés deviennent un passage obligatoire pour l’assuré ? Jusqu’à présent, les assureurs établissent des profils en fonction de données théoriques sur leur assuré, comme par exemple l’âge ou la date d’obtention du permis de conduire. Ils évaluent ainsi qui a le plus de chance de tomber malade ou d’avoir un accident de voiture. La compagnie d’assurance lisse ensuite les risques avec les profils de tous ses autres assurés et détermine le montant de cotisation. C’est le principe de mutualisation des risques.

Cette mutualisation des risques pourrait voler en éclats si demain l’assureur recevait et analysait les données reçues en temps réelles : l’assuré a-t-il une activité physique quotidienne suffisante ? Mange-t-il équilibré ? Son sommeil est-il de qualité ? La compagnie saura tout et pourra qualifier les comportements qu’elle juge « vertueux » et les récompenser, par exemple en baissant la cotisation. A l’inverse, si elle estime que l’attitude quotidienne de son assuré augmente son potentiel « risques », elle pourra ajuster les cotisations à la hausse.

Vers la fin du principe de mutualisation des risques ?

Bien sûr il faudra encore plusieurs années pour que le taux d’équipement augmente et que les assureurs soient organisés pour traiter un flux continu de données, mais on comprend aisément en quoi cette hyperpersonnalisation du profil des assurés et de leurs contrats pourrait signifier la fin du principe même de mutualisation des risques. Les assureurs eux-mêmes en sont conscients, et Maud Schnunt, responsable assurances des personnes et affaires européennes du GEMA reconnaissait récemment dans un entretien que « Si l’on veut préserver les fondamentaux de l’assurance, et donc le principe de mutualisation, il faudra trouver un juste milieu sans excès d’individualisation ».

Merci à Stéphanne Coignard

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