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Et si on parlait de télémédecine en prison ?

Créer une université d’été des déserts Numériques et Médicaux concernant la télémédecine au fond de l’Allier avec une quasi inexistante couverture internet était un pari fou, que Guillaume de Durat a su relever avec brio, lors de la première Université des déserts numériques et médicaux, début septembre 2017.

En effet, il fallait oser et surtout pouvoir réunir, Laboratoires pharmaceutiques, startups, institutionnels, représentants des ministères, médecins, représentant de la Santé des Armées ….afin de discourir sur les déserts médicaux et numériques.

Cette première édition n’apportait pas des réponses immédiates, mais a su poser les bonnes questions et mettre en exergue de jolies initiatives et projets.
Lors de ces deux jours, a d’abord était posé le B.A-BA : Qu’est-ce qu’un désert médical ?

De nombreuses questions à explorer

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Les avis ont été en effet assez différents, tant bien même que pour quelques professionnels, la France n’a pas de désert médical. Reprenons alors tout simplement la définition de la DRESS de février 2016 « La notion de désert médical est avant tout médiatique et ne repose sur aucune définition précise. La question du rapport entre le nombre de professionnels de santé et la taille de la population d’un territoire donné ne peut pas être abordée uniquement sous l’angle quantitatif.

L’attractivité économique, l’offre de services et de loisirs sont des éléments saillants dans cette problématique, tout comme la structure de la population qui y réside (en termes de revenus, d’âge, de conditions de santé, etc.).  Bref une jolie petite nébuleuse sémantique qui ne règle pas le problème, de ressenti de manque de professionnels de santé sur le territoire. Il faut donc développer des initiatives qui pour certaines ne manquent pas d’intérêt.

Lors de ces deux jours, les sujets de la télémédecine, télé expertise et télé consultation ont été largement abordés ainsi que les objets connectés et applications de santé.
En matière de télémédecine, on peut se demander si Barjavel n’était pas précurseur, son descriptif de communication téléphone/vidéo, semble aujourd’hui d’utilisation courante.
La télémédecine prend une place de plus en plus importante et ses champs d’applications sont assez vastes.

La télémédecine dans le premier désert médical : la prison

Dans l’univers carcéral, extraire un prisonnier pour une consultation hors mur équivaut à un coût de minimum à 300 €, correspondant à la sécurité, au véhicule … Pour pallier ces gouffres financiers, mais surtout pour apporter un peu d’humanité dans les prisons et permettre aux détenus de pouvoir consulter des spécialistes, le centre Hospitalier de Moulins –Yzeure propose des consultations de télémédecine.

Un médecin salarié de l’hôpital se situe dans une unité sanitaire, il est relié à un spécialiste de l’hôpital par téléconsultation. Aucun paiement à l’acte n’a lieu, mais un intérêt financier fort, puisque la prison s’exonère du prix d’une extraction.

Pour les cas d’AVC, l’intérêt de la téléconsultation a toute sa place. Concernant les accidents cérébraux, la temporalité est capitale et tout se joue dans les 4 heures. Au sein des urgences, du centre Hospitalier de Moulins –Yzeure si un AVC est suspecté, une téléconsultation est immédiatement déclenchée avec le CHU de Clermont Ferrand.

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Le Centre Hospitalier de Moulins –Yzeure semble être très en pointe en matière de téléconsultation, technologie qu’il utilise aussi avec les EHPAD où des plages horaires ont été créées. Mais comme l’explique Jean-Jacques Bonnichon, coordinateur de projets de télémédecine au Centre Hospitalier de Moulins-Yzeure : «Jamais l’outil de télémédecine, ne remplacera le médecin, c’est un complément , rien d’autre »

Les objets connectés et applications de santé prennent une part importante dans l’utilisation des nouvelles pratiques d’exercices. Raison pour laquelle Guillaume de Durat a convié quelques startuppeurs de IoT a présenter et partager leurs sujets.

En terme de pharmacovigilance, EveDrug a créé un outil, My eReport, particulièrement intelligent pour remonter tous les effets indésirables des médicaments.
On connaissait les food Trucks, mais qui connait les med Trucks ?

Anass El Hilal, ingénieur de formation a crée une « caravane médicale » qui permet d’aller vers les patients directement. Grâce à une application de cartographie collaborative, les patients pourront indiquer leur localisation et ainsi MedTrucks optimisera les itinéraires. Il sera peut-être possible, l’application de MedPIcs qui permet l’échange des cas médicaux avec les données entre tous les professionnels de santé. Ce qui ne manque pas d’intérêt au vu de la raréfaction des spécialistes.

Enfin, Merci Docteur est un service de conciergerie pour médecins. Aymeric du Mesnil du buisson part du principe que les médecins exerçant en cabinet ont un volant d’heures professionnelles qu’ils peuvent mettre à profit pour un cabinet secondaire, là où il y a un désert médical. Mais pour attirer les professionnels de santé, il est nécessaire de mettre en place tout un système d’accueil permettant aux médecins de se consacrer à ses patients sans s’occuper de tout le reste.

Et le gouvernement dans tout cela ?

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« Depuis les années 70, la DRESS travaille sur la thématique des déserts médicaux » selon Giovanna Marsico, Déléguée au service public d’information en e-santé . Il existe un répertoire partagé des professionnels de la santé. Les ARS (Agence Régionale de Santé) identifient les ressources existantes avec un répertoire d’offres de soins en régions. Mais cela ne semble pas suffisant, c’est la raison pour laquelle, le gouvernement a crée le site, santepublic.fr permettant d’offrir aux citoyens de l’information validée et indépendante.

Elle met également en avant la difficulté des professionnels de santé à utiliser les nouvelles technologies, d’où une forte demande d’acculturation à cet univers.
De cette université d’été on a peut avoir des retours positifs d’actions qui fonctionnent sur les terrains et qui peuvent être démultipliées. Cependant deux ombres sont au tableau.

Les opérateurs en retrait

Premièrement la quasi non-présence des grands opérateurs, qui sont quand même les premiers concernés par un tel évènement. En effet, excepté Orange, ils n’étaient pas aux universités des déserts numériques/médicaux, alors qu’ils étaient invités à partager leurs expériences. Seul, Orange avait détaché ses collaborateurs en les présences de la directrice de communication de la branche santé, Emmanuelle Pierga Jean-Marc Barraqué Directeur des Services Numériques et Jean Beraud, directeur des relations avec les collectivités locales.

Les savoirs-faire d’Orange sont en autre, la transmission, l’hébergement et la sécurisation des données. Cette dernière étant la base de tout développement de santé numérique.
Concernant la branche Healhcare, Emmanuelle Pierga , a ainsi pu présenter un projet de télémédecine en Auvergne très qualitatif. L’appétence pour cette technologie est forte pour l’opérateur et selon sa représentante « la télémédecine devrait être un acte médical».

Deuxièmement manquement, les politiques qui ne sont pas emparés du sujet. Très peu de représentants dommage car leurs rôles est prépondérant pour une pérennité de démocratie de santé.
Que ce soit les objets connectés, les applications de santé, la télémédecine, les initiatives sont nombreuses pou palier aux déserts médicaux ou tout simplement pour avancer avec son temps.
Couvrir le territoire National de réseau internet se doit d’être une obligation et gageons que la volonté du gouvernement d’Emmanuel Macron puisse le permettre rapidement.

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