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[Startup Tour] Vivoka développe un majordome intelligent holographique

Vivoka est une startup basée à Metz depuis 2015. Elle a été fondée par trois anciens élèves de l’École d’ingénieur informatique Epitech, Vincent Leroy et Geoffroy Heckmann et William Simonin. Ce dernier est le CEO de Vivoka. C’est avec lui que la rédaction a pu s’entretenir pour découvrir le projet de la startup rassemblant aujourd’hui neuf personnes.

Depuis près de trois ans, Vivoka développe Zac, un assistant domotique intelligent. Zac se matérialise sous la forme d’un hologramme projeté par un objet connecté ressemblant fortement à un Z. L’utilisateur interagit à la voix avec Zac et lui demande d’augmenter la température dans la maison, de lui indiquer s’il a reçu du courrier, d’activer l’alarme, de fermer toutes les portes. Bref, Zac est une box domotique nouvelle génération.

Zac, un  majordome raton-laveur et un assistant domotique

William Simonin explique : “Zac est capable de répondre aux questions et d’effectuer toutes les actions dans la maison. Nous avons essayé de pousser le côté intuitif au maximum : le majordome bouge, sourit, réagit suivant les demandes de l’utilisateur”.

Il s’agit d’augmenter le confort, la sécurité, de faciliter les économies d’énergie et le maintien à domicile des seniors.

De prime abord, l’on pourrait le comparer au Google Home ou au Amazon Echo, mais ce serait sous-évalué le travail des trois jeunes entrepreneurs. Celui-ci se traduit d’abord par cette interface intuitive : “En tant qu’humains, nous avons du mal à parler à un objet. C’était important pour nous de rajouter du visuel à cet assistant afin de favoriser le dialogue”.

Ensuite, selon William Simonin, Google Home, Siri ou Amazon Alexa “sont des assistants très génériques. Pour nous, ils [Les GAFAM] n’ont pas poussé assez loin la partie domotique”. A proprement parler, il n’embarque pas assez de protocoles domotiques pour s’installer dans n’importe quelle maison. De plus, pour “la création de scénarios d’automatisation, il faut quand même passer par l’interface mobile : tous ces petits freins forment une barrière pour l’utilisateur« , conclut William Simonin. C’est ce manque que Vivoka a voulu combler avec Zac.

Vivoka mise sur la spécialisation de son système de reconnaissance vocale

vivoka visuel

Au lieu d’intégrer les API des géants du Web, Vivoka a développé sa propre intelligence artificielle spécialisée dans le contrôle de la maison connectée à la voix. Dans un souci d’interopérabilité, son assistant domotique est compatible avec de nombreux protocoles : Zigbee, Z-Wave, Enocean, KNX, WiFi et Bluetooth.

L’objectif, pouvoir associer Zac à un grand nombre d’objets connectés. Vivoka en a pour l’instant testé une centaine avec son assistant domotique doué de reconnaissance vocale. “Évidemment, notre produit ne sera pas forcément connecté avec tous les produits du marché. Nous souhaitons proposer une liste de produits compatibles dans chaque catégorie : éclairage, audio, alarme, etc. Nous avons effectué des partenariats avec une trentaine de marques”, affirme le CEO de Vivoka.

Sur le site Web de la startup, on retrouve des constructeurs bien connus des amateurs de domotique : Arlo, le fabricant de caméras connectées, Netatmo dont le dernier produit est une station météo connectée, divacore, la startup française qui conçoit des enceintes connectées, Philips Hue et ses ampoules connectées, Nest, etc.

Une première excursion prévue sur le marché B2B2C

Ces produits seront vendus par la startup avec Zac. En effet, Vivoka ne va pas se lancer tout de suite sur le marché grand public. Elle souhaite d’abord percer en B2B2C. L’idée est d’obtenir des contrats avec des promoteurs immobiliers, des champions des nouvelles technologies et les opérateurs de télécommunications. Vivoka aura la charge d’installer son assistant domotique et les objets connectés liés. “En termes de SAV et d’installation, c’est bien plus facile pour de nous de traiter avec quelques clients plutôt qu’avec des milliers.C’est une fois que ce modèle sera validé que Vivoka commercialisera son produit auprès du plus grand nombre. Zac sera proposé à un prix “abordable”, toutefois “un peu plus cher que Google Home ou Amazon Echo”, précise William Simonin.

Pour l’instant, il semble un peu tôt pour annoncer cet élément différenciant puisque la startup est en phase d’industrialisation depuis l’été 2017. Elle s’occupe de chercher les moyens de réduire les coûts de production, de trouver le bon fabricant pour la carte électronique, de passer les homologations, etc.

C’est un peu la course à la montre pour développer ce produit et de pouvoir le déployer. C’est pour cela que nous avons fait le choix d’aller au CES pour annoncer le produit.”, déclare notre interlocuteur.

Vivoka était en effet présent au CES 2018 à Las Vegas où elle a pu vanter les mérites de Zac :

“Nous sommes repartis avec les contacts d’une centaine de potentiels partenaires techniques et de possibles clients”, affirme William Simonin.” Le CES c’est également un moyen de prendre contact avec de grosses entreprises qui sont inaccessibles en France. À Las Vegas, nous avons pu présenter notre produit à plusieurs groupes finalement intéressés par ce projet.”

Le 6 février dernier, Vivoka a clôturé une levée de fonds de 1 million d’euros auprès de Business Angels, de BPI France et de la Caisse d’Épargne pour commercialiser son produit au cours de l’été 2018. Elle compte également recruter 5 nouveaux talents, dont des experts en intelligence artificielle et en traitement du langage naturel. Lola, le système de reconnaissance vocale qu’elle a au départ développé pour Zac est décliné dans une version mobile et appliqué à d’autres secteurs. Vivoka souhaite l’installer dans des bornes d’informations, des applications e-commerce ou des services de transport.

questions vivoka

   

Je dirais la persévérance, la positivité et une équipe complémentaire : c’est la base de tout. Il n’y a pas de recette miracle. La plupart des startups vivent leur première aventure entrepreneuriale et rencontrent tous un tas de problèmes à résoudre. Ensuite, il faut trouver les bons mentors, bien s’entourer, savoir parfois dire non à des choses. Il faut passer à côté de certaines opportunités pour mieux réussir. Avant tout, il faut être passionné par ce que l’on fait.

Au tout début, à la création. Nous étions étudiants, sans fonds, sans expérience entrepreneuriale, sans crédibilité. L’obstacle majeur que nous ayons eu à surmonter fut de convaincre les partenaires. Il fallait réussir à montrer que nous étions capables de faire. C’est vraiment une fois que nous avons convaincu les premiers partenaires techniques que tout a commencé à rouler. Une fois que nous avions les premiers partenaires, nous avons obtenu les premiers financements, puis nous avons séduit les investisseurs et à partir de là la boucle se déroule naturellement.

Je leur dirais de ne pas vouloir réinventer la roue. C’est l’une des erreurs que nous avons faites. Nous savons que c’est fastidieux de réaliser un Benchmark, de regarder tout ce qu’il se fait et d’aller contacter des entreprises pour comprendre leur positionnement, mais ça fait gagner du temps. Il ne faut pas faire tout, tout seul.

Il y en a plusieurs, dont certaines que nous n’avons pas franchies comme la production, le premier chiffre d’affaires ou le premier test produit. Selon moi l’étape clé à franchir, c’est le financement parce que la première partie de la vie d’une startup se résume à concevoir un POC, de prototype fonctionnel pour séduire des investisseurs. Une fois que l’on a ces fonds, c’est là que l’on peut vraiment développer le produit.

Il faut bien évidemment s’intéresser aux différentes méthodes de financement. L’option courante, c’est de participer à des concours. Mon conseil serait de ne pas perdre son temps à préparer des concours pour parfois remporter quelques milliers d’euros parce qu’il ne faut pas oublier qu’il faut le maximum de temps disponible pour développer son produit. Il ne faut surtout pas hésiter à lâcher du capital et préparer une levée de fonds en n’oubliant pas de peser le pour et le contre. En France, on a des outils qui sont merveilleux comme la BPI qui permet d’obtenir des subventions, des fonds d’amorçage avec des modalités assez avantageuses pour les startups. Se diriger vers un incubateur ou un accélérateur peut être un bon moyen de trouver ces fonds.

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