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Le 3GPP déclare-t-il la guerre à Sigfox et LoRa ?

En mars dernier, le consortium 3GPP a publié un document qui régit le standard Narrow Band IoT : le LTE M1 et M2. Une menace pour Sigfox et LoRa dans les années à venir ?

Le consortium 3GPP ne dicte pas seulement des règles pour les réseaux de téléphonie, mais aussi pour l’Internet des Objets. Sous ce nom se cache la coopération entre organismes de standardisation en télécommunications nommée 3rd Generation Partnership Project (3GPP).

Présente en Europe, en Asie, et en Amérique du Nord, ces organisations produisent les spécifications techniques pour les réseaux mobiles de 3e et 4 ème générations plus communément appelés 3G et 4G.

Les organismes tels que l’ETSI en Europe , le CCSA en Chine et l’ATIS aux Etats-Unis s’occupent du développement et de la maintenance des standards GSM, UMTE, LTE, et LTE Advanced.

La partie LTE fait référence aux réseaux Long Term Evolution, une norme qui évolue sous l’impulsion du consortium 3GPP tous les 12 à 18 mois. La 4G est un LTE, mais la vraie 4G avec un débit descendant de 1Gbit/sec se nomme LTE Advanced. Derrière cette norme se trouvent également la 4,5 G et la 5G.

Il y a de quoi se perdre dans cette jungle technologique, dont les principes sont proposées par des grands groupes.

Le NB IoT dicté par le 3GPP : le concurrent de Sigfox et LoRa

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Un genre de sous-catégorie est dédié à l’Internet des Objets : le Narrow Band IoT. Le consortium préconise donc des capacités spécifiques aux besoins des appareils : une bonne couverture intérieure, un faible coût de connexion, une consommation d’énergie réduite et la possibilité de connecter un grand nombre d’appareils.

L’avantage de cette technologie réside dans le fait qu’elle se base sur un réseau établi, la 4G tout en utilisant une faible bande passante pour ne pas la saturer.

Le fabricant de smartphone et équipementier chinois Huawei a d’ores et déjà fait le choix de développer des équipements compatible Narrow Band IoT et LTE Advanced.

Ainsi, la firme mise sur deux types de systèmes de communications pour les objets connectés : le haut et le basse consommation, en termes énergétique mais également en termes de données diffusées. Connecter des smart grids est tout à fait possible avec le NB IoT. Quand il s’agit de connecter un véhicule, le nombre d’informations à traiter et la rapidité à laquelle elles sont communiquées s’avèrent essentiels.

Huawei a donc choisi le LTE-M, le nom du NB IoT standardisé par le consortium 3GPP depuis mars 2016 dans sa release 13, pour faire transiter des données entre objets et plateformes à 1Mbit/sec.

L’utilisation du LTE-M par les entreprises et les opérateurs vient directement concurrencer les compagnies comme Sigfox et l’alliance autour de LoRa. Ces deux réseaux IoT malgré une technologie différente ont des fonctions similaires, notamment connecter un grand nombre d’objets en respectant l’exigence d’une faible consommation d’énergie.

Malgré leur montée en puissance, ils doivent faire face à un consortium bien en place qui rattrape petit à petit son retard dans l’établissement de norme en direction de l’Internet des Objets. Cela affecte autant les opérateurs, que les équipementiers, les fabricants de composants et les clients.

Certains ont fait le choix de travailler avec Sigfox comme SiliconLabs et Microchips, d’autres comme le français Sequans, associé d’AT&T, mais aussi Sierra Wireless ont choisi de développer des puces LTE-M.

Au sein de l’ATIS, la branche américaine du consortium 3GPP se trouve les grands noms de l’industrie comme Alcatel-Lucent, Intel, Google, Nokia, Verizon, Cisco, Oracle, etc. Ajouté les autres acteurs, vous comprenez la force de frappe du 3GPP.

Une concurrence qui se base sur des prédictions impressionnantes. D’après Machina Research, les objets connectés engendreront 1,5 milliard de connexions d’ici 2020.

Dans la jungle des réseaux, les opérateurs télécoms pistent les bonnes affaires

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Serait-ce la mort annoncée de Sigfox et LoRa, avant même que les deux réseaux se soient développés à l’international ? Non, pas pour autant. Le choix de norme et de standard se fait également suivant les besoins des clients. Chacun a son rôle à jouer malgré les déclarations partisanes de tels ou tels secteurs. Ce catalogue d’offres réseau appelle de toute manière à régulation et les autorités comme l’ARCEP ont leur rôle à jouer dans le maintien de la concurrence en bonne intelligence.

Si pour certains, le choix est vite fait, pour d’autres les opportunités sont nombreuses. Alors pourquoi ne pas offrir à ses clients toutes les technologies disponibles ?

En même temps que son annonce de partenariat avec Sigfox, SFR a d’ailleurs indiqué l’utilisation prochaine du LTE-M via son réseau 4G.

Dans un secteur encore naissant, la compagnie part du constat qu’il faut s’adapter à toutes les demandes. L’avènement de la 5G pourrait, certes, faire bouger les choses, mais en attendant qu’un standard s’impose, les réseaux IoT sont florissants et pris très au sérieux. Un très bon indicateur pour l’avenir, à la fois une aubaine et un calvaire pour les clients actuels. Sigfox et LoRa Alliance ont-ils du souci à se faire ? Malgré la force du consortium, il est trop tôt pour le dire.

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