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Assistants : pourquoi Amazon, Google et Apple écoutent les conversations

Les assistants vocaux s’avèrent très pratiques. Pour autant, ils entraînent une peur : celle de se faire écouter par un tiers. Malheureusement, Amazon, Google et maintenant Apple ne rassurent pas leurs clients.

En avril dernier, Bloomberg mettait au jour que des milliers d’employés d’Amazon écoutaient les requêtes des utilisateurs avec leurs enceintes connectées. Plus perturbant encore, les conversations sont envoyées à des entreprises tierces situées en Roumanie, au Costa Rica ou bien en Inde.

Amazon, Google, Apple : l’écoute des conversations, une pratique répandue

Le 10 juillet 2019, le média belge VRT précisait la nature du traitement des données en provenance de Google Assistant par les employés de la firme. Elle vérifierait 0,2 % des requêtes par le biais de sous-traitants cette fois-ci présents dans les pays où ont lieu les enregistrements. VRT a eu accès à plus de 1000 fichiers vocaux auprès de trois compagnies dont certains contenaient des informations confidentielles et sensibles (adresse, nom, conversations privées, violences, ébats sexuels, agressions, etc.).

Vendredi 26 juillet, The Guardian révélait qu’Apple observe les mêmes pratiques concernant les enregistrements effectués par Siri. La firme de Cupertino utilise, elle aussi, des contractuels pour écouter une portion de ces fichiers provenant des iPhone, iPad, HomePod, Mac, ou de l’Apple Watch. Selon Apple ces documents représentent moins de 1 % des activations quotidiennes de Siri. Encore, une fois les employés traitent des informations à caractère privées et entendent des choses dont ils ne devraient pas avoir connaissance. De plus, les coordonnées de géolocalisation sont associées à certaines discussions.

C’est là tout le problème. Même anonymisées, ces données renvoient à des événements de la vie quotidienne, de la sphère intime des consommateurs. Pour autant,les firmes n’entendent pas faire à mal quand elles écoutent ces informations.

Les assistants vocaux : des algorithmes largement perfectibles

Les trois géants informatiques expliquent utiliser ces fichiers pour améliorer leurs services. Il s’agit de régler des problèmes techniques. Oui, certains enregistrements évoqués dans les différentes enquêtes sont issus de bugs. Les algorithmes estiment avoir compris les phrases ou les mots déclencheurs, c’est-à-dire “Hey Siri”, “OK Google”, “Alexa”, et leurs variantes alors qu’ils n’ont pas été prononcés. Selon le lanceur d’alertes cité par The Guardian, le problème touche particulièrement Siri quand elle est embarquée sur l’Apple Watch. Un mouvement de bras brusque, le zip d’une fermeture éclair suffisent à déclencher l’application.

À ce titre, il déclare : “Nous sommes encouragés à atteindre nos objectifs et à terminer le travail le plus rapidement possible. La seule raison de notifier de ce que vous écoutez semble rapporter aux problèmes techniques. Nous n’avons aucune indication concernant le signalement du contenu”.

De son côté, Google s’évertue à améliorer la traduction fournie par son service. En effet, il s’agit d’une fonctionnalité clé qui devient essentielle dans un monde où l’on voyage beaucoup plus que nos ancêtres.

Amazon assure que cette tâche que l’on pourrait considéré ingrate sert à “améliorer l’expérience utilisateur”, autrement dit les algorithmes.

Des justifications ambiguës

Cette justification brandie à outrance par les GAFA sous-entend la nécessité d’écouter en permanence les consommateurs. Ainsi, les entreprises peuvent continuer à utiliser les informations à des fins commerciales. Suivant le type de requêtes, Amazon, Google et Apple imaginent des services susceptibles d’améliorer la vie des citoyens.

Cela induit que les assistants sont largement perfectibles. Il suffit d’essayer une des applications citées sur son smartphone pour se rendre compte des limitations actuelles des “intelligences artificielles” de reconnaissance vocale. L’écoute humaine s’avère encore nécessaire pour faire évoluer les services. Malgré les avancées dans le domaine, les entreprises ont beaucoup à faire.

Sans vraiment rompre leurs habitudes, les firmes nommées ci-dessus jouent sur l’ambiguïté du traitement des données. Elles se justifient après les polémiques au lieu d’adopter une attitude transparente. Les vieilles habitudes ont la vie dure.

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