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[Startup Tour] Construisez facilement n’importe quel objet intelligent grâce à Thingz

Thingz

Connectez quelques briques sur une base, téléchargez un programme et le tour est joué. Avec Thingz, Cyril Loucif-Durouge vous ouvre les portes du bricolage connecté.

A la fin de ses études d’ingénieur, Cyril Loucif-Durouge a eu envie de prendre du temps pour lui. « J’avais besoin de bricoler dans mon coin », précise-t-il. Une pause salvatrice puisque, en septembre 2014, il entre au Camping Toulouse (petit frère du Camping Paris) avec Thingz.

[author title= »Cyril Loucif-Durouge » image= »https://www.objetconnecte.com/wp-content/uploads/2015/11/thingz.jpg »]Diplômé par l’IUT de Montpellier, puis par l’Insa Toulouse, Cyril Loucif-Durouge est ingénieur informatique. A sa sortie de l’école, il lance directement Thingz, dont il est le CEO et fondateur.[/author]

D’un réveil « aspergeur » à une startup

Thingz

La naissance de Thingz est assez insolite. « Pendant mes études, je n’entendais jamais mon réveil. J’étais tout le temps en train de solliciter mes proches pour qu’ils viennent chez moi, me réveiller », se remémore Cyril Loucif-Durouge.

Le temps des études révolu, il a alors trouvé une solution: fabriquer un réveil qui l’arrose d’eau de bon matin. « J’ai trouvé une voiture téléguidée chez Emmaüs, dotée d’une pompe à eau, que j’ai équipé d’un circuit Arduino », explique-t-il.

Mais l’expérience s’avère plus longue et difficile que prévue.

« Je voulais lancer quelque chose de simple, avec lequel les gens n’auraient qu’à assembler des briques prêtes à l’usage pour concevoir un objet électronique de leur choix »

Il a donc lancé Thingz.

Deux publics distincts

Thingz décoré par un ruban de la Maker Faire de Paris. Photo @wemakethingz
Thingz décoré par un ruban de la Maker Faire de Paris. Photo @wemakethingz

Thingz fonctionne en B to C, la vente se faisant par l’intermédiaire de son site Internet, voire B to E (Business to Education). Le premier public se compose de particuliers. « Ce sont des bidouilleurs, des curieux. Certains achètent des kits pour leurs enfants, mais c’est aussi un cadeau qu’ils se font, de monter un objet ensemble », analyse Cyril Loucif- Durouge.

L’autre public, ce sont les gens qui organisent des ateliers d’initiation au numérique à destination des enfants. Car, avec son utilisation accessible à tous et son design simplifié, Thingz a également une vocation pédagogique.

Une base, des briques et un programme

Les briques en cours de construction. Photo @wemakethingz
Les briques en cours de construction. Photo @wemakethingz

Thingz, c’est construire un objet électronique en branchant des briques comme des LEGOs. L’utilisateur part d’une base, ajoute les briques dont il a besoin: des Leds, des boutons ou des capteurs. Une fois l’objet construit, il suffit de le brancher à un ordinateur pour y installer un programme.

Actuellement, Thingz ne propose que six briques aux fonctions différentes (bouton, Led, afficheur, capteur météo, buzzer et infrarouge), mais Cyril Loucif-Durouge prépare les suivantes.

«La prochaine sera la brique Bluetooth, qui permettra de faire communiquer l’objet avec son Smartphone ou d’autres objets connectés»

Tout se fait de façon automatique

Cyril Loucif-Durouge présente Thingz à la Maker Faire de Rome. Photo @wemakethingz
Cyril Loucif-Durouge présente Thingz à la Maker Faire de Rome. Photo @wemakethingz

Le programme est lu par la carte principale Thingz sur laquelle viennent se brancher les différentes briques. Si c’est Cyril Loucif-Durouge qui a pour l’instant développé tous les programmes exemples, les utilisateurs sont libres d’en proposer.

« C’est l’objectif, que les gens imaginent et créent des objets connectés par eux- mêmes »

Mais, évidemment, inutile d’avoir des connaissances poussées en programmation ou en développement pour profiter des services de Thingz, car tout se fait intuitivement. « Les briques sont détectées automatiquement par la base, il n’y a plus qu’à écrire un programme simple pour faire fonctionner son invention », précise son fondateur.

L’objet intelligent au centre de la démarche

Thingz

« Thingz, c’est donner le comportement souhaité à un objet », précise Cyril Loucif- Durouge. Et c’est précisément grâce à ça qu’il tire son épingle du jeu. En effet, l’univers makers et DIY étant de plus en plus tendance, beaucoup de projets de ce type voient le jour.

On pense évidemment au TinkerKit d’Arduino, qui reste cependant moins axé vers le grand public. On peut aussi penser à LittleBits, qui s’adresse tout particulièrement au jeune public, mais qui, selon le fondateur de Thingz, ne permet que l’assemblage de blocs électroniques.

« Ils ne sont pas dans la démarche de la fabrication d’un objet programmable, il faut agencer les blocs dans le bon ordre pour faire un circuit qui fonctionne. Avec Thingz, les blocs sont reconnus automatiquement, l’enjeu n’est pas là, mais dans la programmation de son objet », argue-t-il.

« Je veux permettre aux gens de créer des objets simplement, créer quelque chose », ajoute-t-il. Une envie qui se ressent dans le nom de la startup – Thingz – qui renvoie explicitement aux choses.

Comprendre la technologie qui nous entoure

Une poignée d’années en arrière, les entrepreneurs de l’innovation étaient facilement « étranglés » par les industriels, « impuissants ». « Grâce au numérique, on a accès facilement à des ressources et des outils pour créer et innover. C’est ce que Thingz illustre, en permettant de faire de l’électronique simplement », précise Cyril Loucif- Durouge.

Mais, même si tout coule de source avec Thingz, son CEO n’en démord pas: nous sommes obligés de nous intéresser un minimum à la technologie. « Elle est omniprésente dans notre quotidien. Il faut la comprendre au moins dans les grandes lignes, avoir une idée globale de la chose, pour la maîtriser et non pas la subir », achève-t-il.

Quant à Thingz, après un an et demi d’existence, la jeune startup va maintenant se focaliser sur son industrialisation et, à moyen terme, chercher des distributeurs extérieurs, pour pouvoir être commercialisée ailleurs que sur son propre site Internet.

5 questions à Thingz

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Thingz s’insère dans une tendance du côté des makers, c’est un projet qui parle aux gens qui veulent devenir acteurs de l’innovation. Nous avons longtemps été dans un monde stéréotypé, de consommation. Maintenant, les particuliers peuvent devenir acteurs de l’économie. Je pense notamment à Blablacar ou Airbnb, qui illustrent cette tendance.

Notre seconde force: initier les enfants à la programmation, qui est un sujet qui s’inscrit dans l’actualité.

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Le côté hardware est probablement le plus difficile. Quand on ne propose pas un service purement numérique, dont les problèmes peuvent se résoudre en tapant des lignes de code, c’est plus difficile. La fabrication obéit à des contraintes matérielles et physiques.

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Il faut y aller, se lancer. Ce n’est pas forcément évident, il faut accepter de faire des erreurs et peut-être de se planter, mais c’est une occasion de construire quelque chose qui peut avoir un impact.

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Il n’y en a pas vraiment, car on n’est jamais sûrs d’être sur de bons rails. Lancer une entreprise, c’est comme prendre les montagnes russes : un jour on tombe sur une pépite, le lendemain on se rend compte qu’on n’a rien compris. Être distribué massivement sera probablement une étape clé.

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Je me suis lancé sur fonds propres et en fonctionnant grâce au système D, en trouvant des astuces à bas prix pour minimiser les coûts. Cette débrouille, ça fait partie de l’ADN de Thingz.

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