Vie privée

[Digiworld] Comment tirer profit des données personnelles ?

En 2006, le Digiworld Summit devient la 28ème marque des Journées, l’internationale de l’IDATE (Institut de l’Audiovisuel et des Télécommunications en Europe). Avec la conférence « Comment tirer profit des donnés personnelles », est mise en perspective l’exploration des enjeux liés au marché de l’IoT, sur les principales applications et familles d’objets connectés et à la place des données récoltées dans les futurs business models. Mais également un focus sur les enjeux de sécurité de l’IoT et d’utilisation des données personnelles qui en découlent.

Des données personnelles contre un revenu fixe

Lors de la conférence « Comment tirer profit des données personnelles », faisaient face à Olivier CARMONA, Directeur du Développement Commercial chez AWOX, quatre intervenants :

Olivier BEAUJARD, VP Market Dévelopment, Sierra Wireless

Black Friday : -75% sur le stockage à vie 500Go et 2To chez pCloud 🤑

Jean-Michel FOURNIER, Directeur Général et co-fondateur de Bitgym

Frédéric ROMBAUT, Head of Acquisitions and Investment, Cisco

Benoît VAN DEL BULCKE, Consultant Expert, Fédération Française de la Domotique.

Olivier Carmona
Olivier Carmona, Awox

Chef d’orchestre de la Conférence, Olivier CARMONA, a orienté le débat sur le faible nombre de business models stables qui se sont aujourd’hui imposés comparativement au marché florissant des objets connectés.

La principale source actuelle de revenus pour les fournisseurs d’objets connectés dits « wearables » , c’est aujourd’hui la vente aux particuliers. Les revenus récurrents sont très limités. En effet, un revenu uniquement généré par l’usage des consommateurs semble difficile puisque la connectivité de ces objets est souvent effectuée via Bluetooth ou Wifi, deux sources de connectivité gratuites pour l’utilisateur.

L’évolution du business model se fera certainement dans le sens de la commercialisation par les fournisseurs des données produites par leurs objets. Une évolution controversée en raison des normes législatives en matière de respect de la vie privée des usagers.

Des données personnelles contre des réductions

Jean-Michel Fournier, Directeur Général et co-fondateur de Bitgym s’est interrogé sur un moyen de baisser le prix des objets connectés liés à la sécurité des immeubles. Aux États-Unis, il est possible de signer un contrat qui offre un pourcentage de réduction sur l’installation des objets connectés en échange du libre accès par l’industrie de certaines données récoltées. Il en va de même pour les assurances qui baissent le prix si l’on peut prouver via nos objets connectés que l’on fait son maximum pour être en bonne santé (avec une activité sportive régulière par exemple ou une bonne gestion de l’alimentation). Un autre exemple flagrant, celui de Strava qui a fait de l’échange de données son fond de commerce puisque ce site communautaire expose les performances de ses utilisateurs, ce qui représente 100 milliards de données sur leur Cloud.

Ce phénomène d’utilisation des données est récent mais en plein expansion, Google en est l’exemple parfait avec l’utilisation des données issues des recherches personnelles pour les publicités personnalisées.

Des données personnelles contre un sentiment de sécurité

Le Vice-Président Market Development de Sierra Wireless défend le B2B en notant l’avantage non négligeable du système de iCall que l’on retrouve dans les voitures Volvo, et qui permet un contact direct entre la voiture et notamment les services de réparation. L’utilisation de ces données n’est que dans un but pratique de précaution ou afin de sauver la vie du conducteur en appelant automatiquement les services de secours. Ce n’est ici pas le même principe que la boîte noire installée dans les voitures américaines qui permet à l’assureur d’avoir accès à toutes les données de conduite en échange d’une réduction sur le prix de l’assurance.

C’est également le cas de Nespresso qui a installé un certains nombre de capteurs au sein de ses gros appareils que l’on peut trouver dans les restaurants et qui permettent de connaître à la fois les habitudes des consommateurs, notamment les heures de pointes, mais aussi les problèmes internes à l’appareil ou les pièces défectueuses.

Olivier Beaujard, de Sierra Wireless, rappelle enfin le problème évident de la batterie des objets connectés qui ne permet pas un accès aux données sur le long terme. En effet, une batterie qui durerait plusieurs années ne pourraient pas transmettre un grand nombre de données et ne permet donc pas un business model pérenne. Une problématique réglée par Sigfox grâce à l’implantation de leur système UNB (Ultra Narrow Band) à très faible consommation et pour une très longue durée de vie. 

Des données personnelles pour prendre le pouvoir

Benoît Van Del Bulcke
Benoît Van Del Bulcke, Fédération Française de la Domotique

Le Big Data fait aujourd’hui l’objet de grands questionnements, les opérateurs téléphoniques commencent à se demander comment ils pourraient tirer profit des données collectées.

Celui qui aura toutes les données sera probablement le « grand maître du web », mais le ciblage des données souhaitées pourrait être un casse-tête de taille. Il faudrait donc pousser la recherche en ce sens. Il convient d’utiliser un routeur qui fera un mini data center permettant d’extraire le signal et ainsi, n’envoyer que les données intéressantes.

Le consultant expert de la Fédération Française de la Domotique, Benoît Van Del Bulcke, explique que la récolte des données permet de savoir comment se comportent les utilisateurs au jour le jour, cela peut permettre une adaptation des fournisseurs aux besoins. Un diagnostic énergétique intelligent qui servira l’intérêt des usagers et des fournisseurs.

« Le comportement intelligent qui s’entend au niveau de la santé, de la sécurité et de la conscience écologique a de nombreux avantages économiques s’il peut être prouvé, aux États-Unis » affirme Benoît Van Del Bulcke.

Malgré tout, le B2B demeure bien plus intéressant que le B2C puisqu’il convient de rappeler qu’en moyenne, un objet connecté a une durée de vie estimée à quatre mois.

source : DIGIWORLD 2014

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *