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Sony voit l’avenir des objets connectés dans le smartphone

Le 27 Janvier se réunissaient David Mignot, Directeur Général de Sony Mobile Communications, Géraldine Bouchot, Responsable des études prospectives de l’agence de style Carlin et Thomas Husson, Vice-Président et Analyste Principal au sein du cabinet d’études Forrester, autour des « enjeux et perspectives du marché des objets connectés ». Une table ronde pour faire le point. 

Des wearable acceptables

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Sony Mobile Communications
David Mignot, Directeur Général de Sony Mobile Communications
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C’est face à un parterre de journalistes de la sphère high-tech que David Mignot (Sony) a souhaité mettre en perspective le futur des objets connectés. L’occasion pour la filiale (anciennement Sony Ericsson) d’anticiper la sortie des chiffres que publiera GFK, le célèbre institut d’études et d’audit marketing, le 5 février prochain, concernant les ventes d’objets connectés pour l’année 2014. Des chiffres gardés confidentiels jusqu’au dernier moment, qui permettront aux acteurs de l’Internet des Objets de prendre le pouls du marché.

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Pour lancer le débat, David Mignot s’appuie sur des chiffres-clés récoltés par Forrester. A la question « Sur quelle partie du corps envisageriez-vous de porter un objet connecté ? », les consommateurs interrogés ont répondu : à 51%, au niveau du poignet, à 29 %, pourquoi pas un clip sur les vêtements, à 13 % d’accord pour des lunettes, 12 % autour du bras, 11 % au niveau des chaussures… tandis que 24 % ont répondu : « nulle part ».


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Ce « flop » actuel des lunettes dans le domaine des objets connectés, fortement ressenti par Google avec l’abandon récent de la vente des Google Glass, n’est pas une fatalité selon David Mignot, mais plutôt un signal d’alerte. Une logique du Test & Learn qui permettra aux concepteurs de lunettes de mieux s’adapter au grand public.

Selon les études de Forrester toujours, en France, 38% des sondés déclareraient être « intrigués à l’idée de posséder un objet connecté« . Et la question qui taraude David Mignot pour l’avenir, c’est bien de savoir comment rendre l’objet connecté facile d’utilisation et rationnel pour les consommateurs. Car en effet, comme le précise Thomas Husson (Forrester), c’est aujourd’hui 80 à 90% d’objets connectés qui finiront par prendre la poussière, le marché étant encore trop dominé par les gadgets et produits trop vite obsolètes. Comment Sony pourra donc se démarquer dans ce secteur ?

Le style, plus important que l’innovation technologique ?

Smartband Sony Roxy
SmartBand Sony en partenariat avec Roxy

Selon l’agence de style Carlin, représentée par Géraldine Bouchot, les concepteurs d’objets connectés devront surtout se pencher sur la question de la représentation de l’usager dans une société dominée par les technologies. La mode et le design font partie des critères fondamentaux d’achat, puisque, comme le précise Géraldine Bouchot, dès qu’un objet est porté, il devient objet de mode, et l’usager souhaite malgré tout pouvoir continuer d’affirmer sa singularité. C’est pourquoi Sony compte sur ses partenariats, avec des entreprises telles que Roxy pour le bracelet connecté SmartBand SWR10.

Le smartphone comme hub numérique

Toujours d’après les études de Forrester, 29 % des sondés auraient été favorables à la citation : [blockquote style= »1″] »J’en ai assez de sortir mon smartphone de ma poche »[/blockquote]. Soit, une bonne raison donc de gérer en amont l’interopérabilité des systèmes entre eux, et permettre aux usagers de smartphones de le laisser dans leur poche, et d’accéder à leurs données via leurs appareils connectés (montre, bracelet, capteurs,…). Une question à laquelle Sony répond en mettant en avant son application de collecte de données Lifelog, un agrégateur sous Android pour pouvoir consulter toutes ses données au même endroit. Mais également en prévoyant de concevoir une grande majorité de ses futurs produits high-tech comme des objets connectés, grâce à des systèmes d’interopérabilité, fonctionnant à la manière de la clé multimédia Chromecast ou des produits Apple.

Lifelog de Sony
L’application Lifelog de Sony, agrégateur de données personnelles liées à l’activité sportive

L’idée ? Pouvoir accéder à tous ses appareils, depuis son smartphone, employé comme « hub » numérique des objets connectés. Pour cela, Sony mise sur la compatibilité avec tous les systèmes d’exploitation du marché.

La fin de la course à la performance technologique

Sony, qui souligne que l’innovation technologique est dans son « A.D.N » depuis 70 ans, affirme qu’à présent, l’urgence n’est plus à la valorisation de la performance technique. Place à la concrétisation des attentes. Et quelles sont les attentes ? Selon Géraldine Bouchot, de l’agence Carlin, les trois critères des usagers sont les suivants :

– se faciliter la vie et pouvoir accomplir toutes les tâches souhaitées grâce à des services intelligents et autonomes,
– réenchanter le quotidien en créant de nouveaux usages,
– accéder facilement à toutes les données récoltées, et ce, de façon sécurisante

CNIL

Côté sécurité, l’usager français doit gérer un paradoxe. La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) fait partie des instances les plus performantes en matière de protection des données. Mais dès lors qu’il utilise un moteur de recherche, il sait qu’il confie de nombreuses informations le concernant, sans savoir comment ni par qui elles seront utilisées. La même contradiction s’applique au domaine des objets connectés, Géraldine Bouchot (Carlin) pense que la transition se fera comme lors des débuts de Google, par des compromis pragmatiques, consentis si les objets connectés offrent des services compétents et offrent une « praticité bénéfique« .

Car certains consommateurs attendent certaines innovations au tournant, surtout en matière de domotique, un secteur de l’intime, où la collecte des données n’est pas encore ancrée dans les usages.

Selon les études de Forrester, l’intérêt des consommateurs est toutefois en majeure partie tourné vers le secteur de la sécurité à domicile, avec 45 % des sondés manifestant leur intérêt pour les systèmes de type alarmes connectées, vidéosurveillance,… Viennent ensuite les outils de diagnostic énergétique avec les thermostats connectés notamment (44 % des sondés), 34 % en faveur d’objets connectés voués à la surveillance de la santé, puis viennent les informations sur l’alimentation, le sommeil, et, tout en bas du classement, l’accès aux communications mobiles, à Facebook, aux sms en fin de liste.

« Il ne faut pas résumer les objets connectés à des objets »

C’était un peu le mot de la fin pour David Mignot, qui aura beaucoup insisté sur l’interconnexion primordiale des systèmes entre eux, mais surtout aux smartphones. Dans un marché jeune et encore saturé de gadgets, David Mignot ne souhaite pas trouver tout de suite la recette magique de la technologie du futur, mais se concentrer sur les usages.

Selon les estimations de Cisco Systems, il y aura 25 milliards d’objets connectés en 2020, une estimation plausible pour Sony, qui voit son futur en cohérence avec l’expansion du marché des smartphones, actuellement sur une base de 2 milliards dans le monde.

Sony souhaite rester accès sur ses cinq pôles de vente, avec 160 produits référencés comme « objets connectés » dans les catégories suivantes : le Gaming (jeux vidéos, réalité virtuelle,…), la musique (enceintes, casques connectés,…), le sport et le Health Care (montres et bracelets connectés), la photo (avec la création des SmartLenses de Sony) et la vidéo. Les partenariats sont également primordiaux pour l’entreprise nippone, afin d’affirmer un style dans lequel les consommateurs pourront se retrouver, mais également l’accessibilité et la pédagogie autour des objets connectés pour faciliter l’expérience usager et l’immersion.

Vers la fin de la course à la performance technologique, donc ?
Seul l’avenir et les futurs chiffres des ventes sauront renseigner Sony quant à la pertinence de cette nouvelle orientation.

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