Matoocard

[Startup Tour] Matooma, faire communiquer les objets grâce à une carte SIM

Comment faire communiquer les objets entre eux à portée maximale et moindre coût ? C’est le défi relevé par la start-up Montpelliéraine Matooma fondée par Frédéric Salles en 2012. L’idée : résoudre les problèmes de multiplication des cartes SIM dans les boîtiers connectés chez les opérateurs réseau en créant un acteur tiers. Nous avons contacté Frédérique Salles pour en savoir plus sur Matooma, cette jeune pousse qui monte.

Matooma, ou la gestion externalisée des parcs d’objets connectés

Frédéric Salles
Frédéric Salles, Fondateur de Matooma

 

Après dix ans d’expérience en tant qu’ingénieur informatique chez SFR, dont 5 ans dans la communication M2M, Frédéric Salles réalise que les procédures en matière de connectivité des objets entre eux sont vraiment trop laborieuses. Il décide de créer un acteur tiers, Matooma, contraction de Machine To Machine, pour simplifier le tout. Il conjugue la connexion des objets grâce à un atout : sa carte SIM mono ou multi-opérateurs, la Matoocard. 

« J’étais responsable du marché chez SFR, et je voyais les gens qui se promenaient avec plusieurs cartes SIM sur eux, ils testaient le réseau qui passait le mieux, et changeaient de carte SIM en fonction. Si l’opérateur fait des travaux sur le réseau, il fallait en changer et cela engendrait des problèmes de SAV. Ce n’est pas possible d’avoir trois cartes dans la poche, pour trois coûts et trois SAV à chaque fois, soit quinze euros l’intervention. On a travaillé sur la Matoocard, une carte intelligente qui permet de s’adapter au réseau ».

Matooma

Pourquoi le choix de la carte SIM ?

Tandis que certains se positionnent sur de nouveaux réseaux bas coût et bas débit, tels que Sigfox (Ultra Narrow Band) ou Bouygues avec le LoRa (Low Range), Frédéric Salles a préféré employer une technologie plus dépendante puisqu’elle doit être reliée à un boîtier lui même alimenté, mais comportant d’autres avantages.


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UNB
La technologie Sigfox, l’UNB (Ultra Narrow Band)

 

Parmi ces avantages : la carte SIM peut contenir davantage d’informations et peut même servir de stockage, là où les réseaux Sigfox et LoRa ne peuvent émettre que de courts messages sans stockage. Elle permet également d’être rapidement compatible avec le monde entier, selon Frédéric Salles, qui précise : « Il y a de nombreux réseaux mobiles déjà existants et homogènes déployés internationalement. Avec notre système, on travaille partout dans le monde, c’est la même norme. Ensuite, on a pu négocier des tarifications très basses grâce à des accords internationaux. On va utiliser les accords de roaming de nos partenaires. La carte SIM intègre dans son circuit imprimé un scanner, avec une applette Java. Ainsi le boîtier au démarrage scanne tous les réseaux et utilise ainsi le meilleur possible. La force de Matooma, c’est son prix unique, quelque soit le pays, alors qu’en roaming, ça peut être plus cher. J’ai réussi à négocier de tels tarifs car les opérateurs sont venus d’eux-mêmes pour travailler avec moi, j’ai ainsi pu imposer mes conditions« .

Les cartes SIM Matooma permettent de transmettre des données plus importantes, de la voix, de la data, des sms et démarrent à 50KO de transmission. Il est possible de faire du bidirectionnel, avoir une adresse IP fixe…

La Matoocard est assortie d’un ERP, le M2M Manager, qui permet de gérer la vie d’un boîtier, de sa fabrication à son installation chez l’utilisateur, avec une traçabilité. Egalement habituée aux accords avec les grands industriels, la société Matooma préfère intégrer sa carte à l’usine, dès la fabrication du boîtier. La clientèle de Matooma (1000 clients dans son portefeuille) est exclusivement BtoB, et composée à 50% par le secteur sécurité et la santé, et les 50% restants sont dans le secteur de l’automobile embarquée et la télé relève.

Est-ce que les technologies Sigfox et LoRa sont concurrentes ?

Frédéric Salles : « Ce ne sont pas des concurrents, puisque ce sont des opérateurs. Nous, nous faisons de la gestion de parcs externalisés. Je pourrais très bien utiliser Sigfox et LoRa. Je trouve que l’évolution technologique qu’ils proposent est intéressante, ça me permettra d’étendre mon offre. Je pense que Sigfox est bien plus avancé, avec davantage de points. Ce qui m’intéresse de mon côté, c’est la couverture maximale, et Sigfox a pris pas mal d’avance. Avec Bouygues, on est vraiment sur du démarrage. »

« Si un client me dit qu’il a dix millions de palettes et qu’il veut mettre un boîtier pour les localiser, je vais lui dire non. Je ne peux pas, c’est plutôt un job pour Sigfox. Nous n’attaquons pas les mêmes secteurs. Par contre, c’est un complément sur le marché. » précise t-il.

Matooma et la sécurité des données

En matière de sécurité des données, Frédéric Salles semble inflexible : « On ne veut vraiment pas être comme Google, on veut prendre le contrepied. Sur Google, vous êtes tracés. On garantit à nos clients l’acheminement de la donnée mais on ne la capte pas. Je ne veux pas reproduire le schéma des débuts d’Internet sur le marché de l’objet connecté, qui est un peu nouveau et critique. Pour moi, la donnée est à mon client, pas à moi, ce n’est pas mon créneau que de l’utiliser. »

Les cartes SIM Matooma sont compatibles avec des objets prévus pour fonctionner avec le réseau mobile. Si un objet n’est pas adapté, il est possible de connecter l’objet en Bluetooth au boîtier grâce à des petits hub. Une carte SIM Matooma coûte entre 1 et 4 euros par mois avec un budget fixe qui ne change pas quelque soit l’utilisation (qui est définie au préalable).

Pour sécuriser les boîtiers, Matooma propose une solution d’encryptage directement à partir de la carte SIM.

« On a créé un réseau privé de communication qui fait que, quand la donnée part du boîtier, elle part de la carte SIM pour arriver jusqu’au serveur, en passant par notre réseau privé. C’est à notre avantage de faire ça car cela nous permet l’affectation d’adresses IP fixes. On peut faire de la télémaintenance et le client peut reprendre à tout moment la main sur son boîtier. » décrit Frédéric Salles.

Matooma en chiffres

Aujourd’hui, Matooma, c’est une gestion de 100 000 boîtiers. Pour rester concurrentielle, la société a du se dépêcher de démarcher ses clients, ce pour quoi Frédéric Salles a souhaité faire une levée de fonds d’un million d’euros en avril dernier. Il y a environ 500 usages différents sur les 1000 clients du portefeuille, ce qui prouve que la carte SIM peut être adaptée à de nombreux marchés.

Equipe Matooma
L’équipe de Matooma

 

Matooma compte 22 collaborateurs, la société va bientôt recruter deux collaborateurs dont l’un sera muté à New York pour l’ouverture récente de la filiale américaine et sera responsable des exports. Prochaine étape : monter un support technique aux Etats-Unis, la demande se faisant grandissante. Des commerciaux seront ensuite recrutés pour le siège parisien Rue de la Boétie.

Le mot de la fin…

OBJETCONNECTE.COM : Quel usage de votre carte SIM vous a le plus marqué, Frédéric Salles ?

Frédéric Salles : « Je suis en train de faire un catalogue des usages, parce que c’est quand même dommage de ne pas communiquer dessus, on est présents sur de nombreux projets. Ce qui m’a marqué, c’est du park sharing, avec Yes Park. Cela permet de détecter des places libres dans la journée quand le parking n’est pas utilisé et ainsi pouvoir sous-louer les places. Ça détermine aussi le temps de réservation et on peut envoyer automatiquement une alerte dès lors que le temps est passé.« 

Park Sharing
Yes Park, une application et des installations avec boîtiers et cartes SIM Matooma, pour optimiser l’utilisation des parkings

 

Matooma a réalisé un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros en 2014 et souhaite réaliser un deuxième tour de table d’ici fin 2015 pour lever des fonds complémentaires.

Pour en savoir plus sur Matooma.

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