Entree Medpi 2016

Le Medpi 2016 pose la question de l’interopérabilité

Du 17 au 20 mai se tenait, à Monaco, le grand salon Medpi. Organisé quelques mois après le CES de Las Vegas, ce grand salon de l’innovation permet de situer où nous en sommes avec les objets connectés. Bilan de ce Medpi 2016 ? Place à la simplification et l’interopérabilité des objets connectés.

Des objets connectés à l’Internet des Objets ?

C’est l’un des plus grands mensonges de ce XXIème siècle : l’Internet des Objets n’existe pas. Stricto sensu, l’IoT désigne un réseau de dispositifs communicant non seulement avec leur utilisateur, mais aussi entre eux. Aujourd’hui, en dehors de quelques systèmes fermés ou de hubs domotiques spécialisés, on voit rarement sa montre communiquer avec sa télévision ou faire en sorte que les lumières s’adaptent au comportement de son utilisateur.

La raison, on la connaît : chaque objet communique ses informations dans un langage qui n’est pas forcément identique à celui du voisin. Wi-Fi, Bluetooth, NFC, LoRa, Sigfox, Zigbee, EnoCean, 6LowPan, Li-Fi… Les protocoles de communication sans fil sont nombreux dans l’IoT. En l’absence d’un standard ultime adopté par la totalité des fabricants, impossible que les objets connectés se comprennent et inutile d’espérer voir se former un Internet des Objets.

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Salon Medpi 2016

L’IoT mûrit au Medpi 2016

Pour être franc, ce mouvement est en marche depuis plusieurs mois déjà (on l’avait remarqué au dernier CES de Las Vegas, avec des initiatives comme le SmartThinQ de LG), mais il nous a encore marqué lors du Medpi 2016. L’occasion pour nous de prendre du recul sur l’évolution de l’IoT ces dernières années et d’imaginer son avenir.

Comme pour tout marché, l’Internet des Objets connaîtra au moins deux phases : son développement et sa maturation. Depuis sa naissance, il y a quelques années, nous nous trouvions clairement dans une phase de développement frénétique. Phase de découverte même, puisque les fabricants, petits et grands, s’amusaient à créer des objets encore inexistants et découvraient sans cesse de nouvelles possibilités. Une période de création qui a amené à plusieurs projets tellement originaux qu’ils en étaient incompréhensibles, ou au contraire à la surreprésentation de certains objets connectés (on compte le nombre de bracelets connectés qui servent de trackers d’activité) ?

Ce développement fulgurant a été très fructueux pour certains, mais pas pour les consommateurs, dont les smartphones regorgent désormais d’applications diverses. C’est la conséquence logique de cette absence d’interopérabilité des objets connectés : pour fonctionner, chacun doit faire appel à une appli qui lui est propre. Jusqu’à ce que forcément, au bout d’un moment, nous nous sommes mis à saturer.

Ainsi, ces derniers mois, de plus en plus d’acteurs ont réalisé que nous avions tellement créé d’objets connectés que nous ne savions plus quoi en faire. Plusieurs projets ont déjà proposé de centraliser différents dispositifs, mais souvent en vain (citons le Revolv de Nest, récemment désactivé). Les objets présentés dans les allées du Medpi 2016 illustrent toutefois une prise de conscience de ce problème.

Entre Bonjour, le mini hub pour la chambre connectée de Hôli, et Concierge, un bouton qui propose d’activer ou désactiver plusieurs objets connectés d’une simple pression, on retrouve par exemple SmartPebble. Le fameux interrupteur connecté d’AwoX a d’ailleurs remporté le Prix de l’innovation du Medpi 2016, dans la catégorie Maison techno. Son but : allumer et gérer toutes les ampoules connectées de la maison sans à avoir à sortir son téléphone. Une fonctionnalité uniquement compatible avec les ampoules de la société française pour le moment, mais le porte-parole d’AwoX nous assure que le système s’ouvrira probablement bientôt.

SmartPebble Awox

Le SmartPebble met en évidence une autre tendance de l’IoT et observée au Medpi : la simplification de l’usage. Comme il l’a été mentionné dans une table ronde autour du thème de la stratégie, la pédagogie et la compatibilité pour la Smart Home, s’il est nécessaire de sortir son téléphone et de chercher une application pour allumer la lumière, il y a une sévère régression économique. Une question que l’on ne se posait pas avec autant d’assiduité il y a quelques années.

Pour résumer, on suppose que nous sommes en train d’assister au début de la phase de maturation des objets connectés. Une phase qui, à l’avenir, devrait se manifester par la multiplication de hubs de ce genre et une guerre féroce entre les différents protocoles de communication pour s’imposer en tant que standard. L’objectif : l’IoT.

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