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[Dossier] L’observance médicamenteuse grâce aux objets médicaux

Comment améliorer la prise de médicaments par les patients ? C’est un problème qui touche autant les malades que les médecins et les pharmaciens. Les objets connectés et l’IoT peuvent-ils aider à améliorer l’observance médicamenteuse ? Petit tour d’horizon de la question.

L’observance médicamenteuse n’est pas une expression très répandue. Pourtant, cette expression désigne quelque chose de simple : le respect des indications données par un médecin ou un spécialiste comme le pharmacien. Simplement, le patient suit le traitement qu’on lui prescrit.

Une définition médicale à dimension internationale

L’observance thérapeutique comprend trois catégories : le suivi de la prise médicamenteuse, le respect des prises de rendez-vous et l’adhésion aux règles d’hygiènes de vie.


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Cette définition représente un enjeu important pour la médecine. A cet égard, l’Organisation Mondiale de la Santé a statué en 2003 des facteurs dominants du respect de cette notion par les patients. Selon ce rapport, les patients peuvent rencontrer de nombreux obstacles dans le suivi de leur maladie. Ces obstacles sont d’ordres socio-économiques, liés aux systèmes de soins et de remboursements, aux traitements et ses effets secondaires, ainsi qu’à la maladie en elle-même.

Autant de causes qui peuvent conduire à la non-observance médicamenteuse. Le fait que le patient ne suive pas correctement son traitement lui pose problème à lui, cela a évidemment  un impact sur sa vie quotidienne et son espérance de vie, mais aussi pour son médecin et pour l’ensemble de la société.

Depuis de nombreuses années, le remboursement des médicaments pèse sur les caisses d’allocations maladie. En France le déficit la branche maladie de la sécurité sociale atteint 6,3 milliards d’euros en 2015, d’après la commission des comptes de la sécurité sociale.

Ajoutons à cela le fait que les Français  sont les plus gros consommateurs de pilules en Europe comme le note l’Assurance Maladie. Ces traitements médicamenteux en tout genre sont soit surconsommés, soit gaspillés, soit laissés à l’abandon dans les armoires.

Par ailleurs, les malades chroniques atteints du cancer par exemple doivent gérer un grand nombre de gélules. Ces traitements lourds les obligent à acheter de nombreuses boites et sont un frein à la bonne observance médicamenteuse.

Ainsi, le respect de la prise de médicaments est un des facteurs qui peut faire baisser les dépenses dans le remboursement. Pour cela l’Internet des Objets ou plutôt les objets médicaux sont des solutions pour aider le malade, en premier lieu, puis le médecin, le pharmacien et par extension l’Etat.

Tracer la gélule de la fabrication à l’organisme du patient

blister intelligent observance medicamenteuse

Avant que l’on ne parle d’Internet des Objets, l’industrie pharmaceutique a adopté le « blister intelligent », l’emballage connecté par une puce RFID. Sa première fonction, encrypter des informations sur la provenance et la fabrication d’un médicament pour améliorer la traçabilité des boites produites. A savoir que ces emballages technologiquement augmentés peuvent envoyer des données lors du bris de l’opercule par le patient. Ainsi, les fabricants sont susceptibles d’obtenir des données sur la consommation de leurs produits, notamment la date et l’heure exacte de la prise. Si cette solution existe depuis près de dix ans, elle n’est pas si simple que ça à mettre en place puisqu’un patient doit souvent prendre de nombreux médicaments. Si la surveillance de l’observance est améliorée, cette méthode n’influe pas sur le comportement du patient. Depuis, d’autres technologies ont vu le jour.

Le pilulier connecté, une solution de choix pour le moment

L’e-santé attire les investisseurs. Nous parlons beaucoup de wearables capable de mesurer les battements du cœur, la pression sanguine, les cycles de sommeil, etc. Mais l’observance médicamenteuse n’est pas la pratique connectée la plus populaire. Pourtant, elle intéresse fortement les entreprises, les startups et les pharmaciens.

Parmi les solutions qui existent dans le commerce, le pilulier connecté apporte une réponse à ce problème.  Par exemple, Medissimo propose le imedipac. Il s’agit d’un objet médical de ce genre qui relie un calendrier où l’on insère une recharge hebdomadaire à préparer par le patient ou par le pharmacien.

Il s’éclaire et sonne à chaque fois que la personne doit prendre son médicament. Medissimo le fait communiquer avec sa propre plateforme grâce au réseau mobile. Ainsi, les professionnels de santé qui assistent le malade ont accès aux données récoltées par l’appareil : heure de la prise, respect des doses, etc. Les proches peuvent également recevoir des SMS et des emails ou des appels vocaux.

imedipac medissimo observance medicamenteuse

L’installation est simple, il suffit d’activer le pilulier sur la plateforme en ligne, y rentrer les heures de prise de médicaments et la posologie et faire préparer la recharge par Medissimo ou un pharmacien. Ainsi, l’observance médicamenteuse peut être améliorée par le patient lui-même, sa famille et les professionnels qui l’entourent. L’entreprise qui propose ce service note une observance respectée à 98 % lors de ces tests effectués en Normandie avec l’ensemble de ces services.

Cependant, le coût à l’achat reste élevé : le pack de base est vendu 299 euros avec un forfait de communication à 9,99 euros par mois ou loué 29,99 euros par mois (boitier + forfait compris). Medissimo a évidemment d’autres solutions moins coûteuses pour les particuliers ou pour les centres de soins de type EHPAD.

Dans ce cas-là, la technologie est plus simple. Le pilulier préparé par le pharmacien dispose d’un code-barre et d’un QR Code qui renferment les informations  du patient : son ordonnance. A chaque recharge, le pharmacien voit directement si l’observance médicamenteuse a été suivie, puisque les pilules sont protégées dans un opercule transparent. Le malade ou sa famille peuvent suivre les conseils de leur pharmacien, les indications et les contre-indications, à travers une application pour smartphone.

Les piluliers connectés sont nombreux et prennent diverses formes : flacons, fioles, calendriers, etc. Les startups et les entreprises comme Biogaran, AdhereTech, Domedic ou MedSecure proposent déjà des fonctionnalités similaires à des tarifs locatifs qui peuvent varier de 20 euros par semaine à 40 euros par mois suivant les services proposés.

Une histoire de plateforme Cloud…Et de pharmaciens

pharmacie observance medicamenteuse

Tous ces services demandent des plateformes  disponibles sur le web qui rassemblent l’ensemble des données sur le patient. Pour l’instant des plateformes de télémédecine comme Calmedia, HomeCareOnline, Watson d’IBM existent, mais elles ne sont pas spécialisées dans l’observance médicamenteuse. Il s’agit d’une des composantes à prendre en compte. Il faut que le médecin et le pharmacien puisse se répartir les tâches. Inévitablement, la protection des données à caractère privée rentre en compte. Un pharmacien n’a pas forcément besoin d’avoir accès au dossier médical d’un patient.

De plus, il faut former les professionnels de la santé à ces nouveaux outils, afin d’améliorer la vie des patients et optimiser la charge de travail pour le personnel responsable des soins. Les apothicaires des temps modernes ont besoin d’être informé du mieux possible de ces nouvelles pratiques. Pour les étudiants, cela doit passer par des cours dédiés aux nouvelles technologies de l’observance médicamenteuse.

La profession en a parfaitement conscience et organise pour cela des salons comme Pharmagora Plus, aujourd’hui et demain, le 2 et le 3 avril 2016, il sera question de la pharmacie 3.0 et de l’intégration de ces objets médicaux connectés, capables de renforcer l’efficacité du système de soin et de remboursement. De nombreuses conférences et des débats auront lieu. Le pharmacien de demain devra-t-il être un expert en Internet des Objets ? Voilà une des nombreuses questions que les spécialistes se posent pour faciliter la vitalité de leur commerce tout en respectant la clientèle.

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