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Obsolescence programmée : la Californie veut changer la fabrication IoT

La Californie s’apprête à voter le Right To Repar Act, une loi anti obsolescence programmée déjà appliquée dans 17 états américains. Les cibles ? Les fabricants de produits électroniques et d’objets connectés. 

L’obsolescence programmée est un véritable cancer pour les consommateurs. C’est en tout cas ce que pensent de nombreuses associations californiennes et d’autres États qui ont convaincu Susan Eggman une élue démocrate de la Californian State Assembly. La femme politique a annoncé qu’elle présentera devant l’Assemblée le Right To Repair Act, une loi déjà appliquée dans 17 états américains afin de faciliter la réparation des produits électroniques, dont les objets connectés.

À ce sujet, Motherboard cite Susan Eggman qui déclare :

« Le Right To Repair Act donnera la liberté aux consommateurs de faire réparer leurs produits électroniques et leurs appareils par un magasin spécialisé ou un fournisseur de services de leur choix, une pratique qui était prise pour acquise une génération en arrière, mais qui est en train de se raréfier dans un monde d’obsolescence programmée”.

Il s’agit à la fois de permettre aux citoyens de réparer leurs produits et ainsi de les utiliser plus longuement, mais aussi de réduire le nombre de déchets électroniques rejetés par les foyers. Selon l’association Californians Against Waste, les États-Unis rejettent 6 millions de tonnes de composants électroniques chaque année.

De possibles nouvelles obligations pour les constructeurs

déchet obsolescence programmée

Encore aujourd’hui, les consommateurs participent indirectement à cette obsolescence programmée. En effet, faire réparer un produit électronique par son constructeur coûte souvent plus cher qu’en racheter un. Cela est vrai aux États-Unis et en France. Sauf que dans le premier pays cité, les magasins de réparations ne courent pas les rues. Cependant, les constructeurs ne voient pas d’un bon oeil le Right To Repare Act.

Dans les états où cette loi a été adoptée, des fabricants comme Microsoft, Apple, John Deere ou encore AT&T ont largement mis à contribution leurs lobbies pour faire barrage à cette loi anti obsolescence programmée. Leur argument principal ? La réparation de leurs produits par des sociétés tiers pourrait provoquer des problèmes de sécurité et de sûreté. Cependant, ils n’ont pas fourni de détail ou d’études pour prouver leur dire.

Il faut dire que du point de vue des constructeurs, le Right To Repair Act impose de nouvelles contraintes. Ce moyen de faire reculer l’obsolescence programmée repose sur le fait de les obliger à fournir davantage de détails techniques sur leurs téléviseurs, véhicules ou objets connectés, ainsi que les méthodes de réparation adéquate. Auparavant, il fallait passer par des sites comme iFixit pour bénéficier de tutoriels pour démonter et réparer de nombreux produits électroniques.

L’obsolescence programmée, une problématique mondialisée

La loi déjà appliquée à Hawaï, en Virginie, dans le New Jersey, ou encore dans le Tennessee prend une nouvelle tournure. Une possible application en Californie ajoute un aspect symbolique aux combats des associations et des politiques engagés dans ce combat contre l’obsolescence programmée. L’État où la Silicon Valley prospère, là où sont imaginés la plupart des objets connectés et les produits High Tech, serait fortement impacté. Cela porterait ainsi un coup au règne sans partage des géants de l’électronique. Évidemment, une telle loi profiterait également aux autres nations, dont la France qui est le seul pays pour l’instant à reconnaître la notion d’obsolescence programmée depuis août 2015. La sanction : deux ans d’emprisonnement, une amende de 300 000 euros ou 5 % du chiffre d’affaires annuel d’une entreprise dans des cas graves.

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