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Smart city et surveillance : qu’en est-il vraiment ?

Lors de la dernière édition de la conférence Micromobility World, les orateurs ont débattu de l’avenir de la technologie des villes intelligentes. La question était de savoir si elle améliorait réellement la mobilité urbaine ou facilitait simplement la croissance de l’État de surveillance.

Une surveillance cachée ?

Près d’une décennie après le début du mouvement de la smart city, les observateurs des domaines de la planification, des transports et de la protection de la vie privée posent un regard critique sur la technologie. Julia Thayne, fondatrice d’Urban Movement Labs déclare que les projets de villes intelligentes finissent trop souvent par n’être au final que de la surveillance

Les experts pensent que le système n’est plus ce qu’il a été sept ans auparavant, à ses débuts. Pour étayer ses dires, Julia Thayne évoque les controverses autour d’un programme de lampadaires intelligents de 30 millions de dollars à San Diego. Les  habitants ont affirmé que le service de police était souvent autorisé à accéder à des séquences vidéo recueillies à partir des caméras montées sur les luminaires

Les orateurs de la conférence sur la mobilité ont émis une opinion douteuse sur la façon dont la smart city a évolué dans le lexique de l’urbanisme, de l’innovation et de la notion générale de ce qui constitue une ville moderne.

La smart city, une notion vague

David Zipper, chercheur au Taubman Center for State and Local Government du Harvard Kennedy School a fait remarquer que la smart city était un terme particulièrement vague.  Par ailleurs, il conçoit que les applications de villes intelligentes traitent un problème  particulier que la technologie peut résoudre. Mais il déplore le fait que les produits ne résolvent pas un problème immédiat.

Le chercheur invité souligne également le problème de la confidentialité. Trop souvent, affirment les experts, les villes ne disposent pas de garde-fous politiques pour adapter de manière étroite les applications des villes intelligentes contre une portée excessive en matière de confidentialité. Et pour reprendre l’exemple de San Diego, le conseil municipal de de la ville a suspendu son programme de lampadaires intelligents en éteignant les caméras. Ceci, sous la pression des militants de la justice sociale.

Besoin d’accéder à plus de données

Selon Lilian Coral, ancienne responsable des données de la ville de Los Angeles, la méthode d’utilisation du Big Data ne respecte pas la démocratie. Cela devient donc une source de grande tension. Et pourtant, les villes ont vraiment besoin d’accéder à plus de données qui sont réellement disponibles, afin de prendre de meilleures décisions. Il faut aussi trouver un moyen de mieux utiliser ces données, ce qui reste un grand défi.

Selon les experts, toutes les innovations ne sont pas technologiques. Et parfois, pour être vraiment intelligentes, les villes doivent simplement s’en tenir à l’essentiel. D’après Janette Sadik-Khan, qui préside l’Association nationale des responsables des transports urbains (NACTO). L’important dit-elle n’est pas la technologie ni ce qu’elle rend possible. L’idée serait de repenser les besoins en infrastructure de transport

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