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[Startup Tour] Lucie Labs recrée le lien entre la scène et le public grâce à ses bracelets lumineux connectés

Créer une nouvelle forme de spectacle et refaire le lien entre le public et la scène, c’est la promesse de Yan Lee-Dajoux et de François Mazard. Armés, à leurs poignets, de bracelets LED connectés, ils sont partis à la conquête des salles de concert et des stades.

« Quand nous sommes allés présenter notre produit à Tokyo, représentants de l’écosystème de l’Entertainment nous ont partagé qu’ils ne voyaient aucune utilité pour l’objet mais que notre technologie les intéressait fortement », se remémore Yan Lee-Dajoux, le co-fondateur de Lucie Labs.

A ses côtés, le second entrepreneur, François Mazard, appuie ses propos en hochant la tête et en souriant. L’un est diplômé de l’école d’ingénieurs ISTIA d’Angers, l’autre sort de Polytech Nice. Ils se sont rencontrés quand ils travaillaient pour Texas Instruments, alors basé à Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes. Début 2013, l’entreprise licencie ses 500 salariés. Dans la foulée, Yan Lee-Dajoux et François Mazard s’associent pour créer leur première startup : CODLIGHT.

De la coque de smartphone au bracelet lumineux connecté

Leur premier projet portait le nom de cPulse. C’était une coque de Smartphone équipée de 128 LED, qui pouvait jouer avec la lumière selon la musique émise par le téléphone. On pouvait aussi afficher ses messages, des notifications et régler un réveil basé sur nos cycles de sommeil. Tout un programme qu’ils ont porté jusqu’à des représentants de l’écosystème de l’Entertainment japonais, qui n’ont gardé que leur technologie pour l’intégrer dans un bracelet.

« Au Japon, les organisateurs de concerts utilisent déjà des bracelets lumineux basés sur les LED. Mais nous, on propose une expérience et des services qui vont bien plus loin que les bracelets lumineux traditionnels », défend Yan Lee-Dajoux. En effet, le bracelet va permettre au public d’interagir avec la scène et son environnement : selon la musique qui est jouée, la configuration lumineuse change.

« On s’appuie beaucoup sur les basses. Une musique techno fera donc plus varier les couleurs et l’intensité de la lumière », précise François Mazard.

Deux modes sont proposés : automatique et créatif. Le premier se base sur l’analyse de la musique et, comme son nom l’indique, change de couleur automatiquement. Le second, lui, est directement géré par l’artiste qui peut contrôler la couleur émise par les LED, son intensité et son rythme. « C’est beaucoup plus vivant, plus artistique », ponctue Yan Lee-Dajoux.

Bracelets Lucie Labs

Un bracelet qui en dit long sur son propriétaire

Mais les deux entrepreneurs ne s’arrêtent pas là et proposent aussi la collecte, le stockage et l’analyse des données.

« Aujourd’hui, le « Big data » prend une place de plus en plus importante dans le monde des objets connectés et les industriels de la musique n’ont que très peu de données sur leur public », explique Yan Lee-Dajoux.

Dans un premier temps, le bracelet devrait être vendu par les organisateurs avec le billet de l’événement. Les informations rentrées par le client lors de l’achat du billet seront donc stockées. Et ses créateurs aimeraient pousser l’introduction de nouveaux e-services comme le billet dématérialisé (« e-billet ») ainsi que le paiement sans contact à travers le bracelet: les clients pourraient payer leurs consommations par le biais du bracelet, qui garderait en mémoire les traces de leurs achats. Une fois ces données analysées, différents profils émergeront.

« On pourra ainsi proposer de la publicité ciblée et des offres promotionnelles aux clients », détaillent-ils. « Si une personne sort du concert de David Guetta, on peut mettre en avant celui d’autres artistes électro-pop, par exemple ».

Leur seconde étape, c’est aussi de proposer un divertissement après l’événement. Le premier scénario consiste à faire rester le public sur place, une fois le spectacle terminé, en lui proposant des quiz avec des lots à la clef. « Ou, à la fin d’un concert, on peut organiser un tirage au sort. Le dernier bracelet allumé peut monter sur scène, par exemple », explique François Mazard.

Le deuxième scénario se propose d’accompagner le spectateur jusque chez lui, en lui permettant de réutiliser son bracelet grâce à une application Smartphone. Une fois rentré, il pourra revoir les moments forts du concert et accéder à du contenu gratuit ou payant, qui proposera des interviews ou des instants en back-stage. « Ce qu’on aimerait aussi, dans un second temps, c’est que chaque bracelet soit le pixel d’un écran géant », déclare Yan Lee-Dajoux en souriant. « Les artistes pourraient projeter des vidéos ou des images sur la foule. Ce serait vraiment énorme ».

Mais concrètement, leur prochaine étape reste la finalisation de leurs contrats actuels, la production de l’objet final et les déploiements commerciaux.

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Un objet connecté qui s’adresse à tous

« On voulait que ce soit un objet simple et accessible à tous. On ne voulait pas s’adresser uniquement aux geeks », précise Yan Lee-Dajoux.

Pari réussi, car le fonctionnement du bracelet est très simple. Il suffit juste d’appuyer sur le bouton de marche et c’est parti pour quatre heures de spectacle ininterrompu. La régie du spectacle contrôle l’ensemble du parc de bracelets au travers du WIFI. Éventuellement, « le contrôle peut être dévolu au capot (leader d’un groupe de supporters, NDLR), lors d’un match de football, qui agirait sur la couleur des bracelets par l’intermédiaire de sa tablette », relève François Mazard.

De plus, la Near Field Communication (NFC), intégrée au bracelet, permet d’introduire une nouvelle génération de services, comme le paiement sans contact et l’e-billet. L’objet se recharge grâce à une prise USB et même le prix n’est pas excessif. « On va commencer à le proposer à un peu moins de 25 euros et, au fil des ventes, on espère pouvoir encore diminuer le prix », explique Yan Lee-Dajoux, avant d’établir un parallèle avec les lunettes 3D, distribuées dans les cinémas : « Au début l’offre de films 3D était limitée. Elle est maintenant conséquente, on ne peut plus s’en passer pour vivre pleinement l’expérience 3D ».

Fondateurs Lucie Labs

La startup aux deux accélérateurs …

Leur petite particularité ? Lucie Labs bénéficie de deux accélérations grâce à Allianz et Orange Fab France. Du pur hasard, si l’on en croit les deux ingénieurs.

« En fait, on avait déposé des dossiers un peu partout en espérant être pris dans un accélérateur. Et nous avons reçu deux réponses positives. Ça nous permet d’avoir un pied dans le monde de la musique avec Orange et un second dans le sport, grâce à Allianz », expliquent-ils. « Sans oublier que c’est un argument de poids, face aux investisseurs », ajoute François Mazard.

Tout est donc doublé pour les deux Français : deux fois plus de conseils, deux fois plus de monitoring, deux fois plus de contacts … et peut-être deux fois plus de contrats…

et aux deux noms

Le lecteur attentif aura noté que Yan Lee-Dajoux et François Mazard ont lancé leur startup originellement sous le nom de CODLIGHT. « Quand nous sommes allés présenter notre projet au Japon, nos interlocuteurs n’arrivaient pas à prononcer CODLIGHT », se remémorent-ils. « Ils nous ont dit que, chez eux, un nom à consonance française est synonyme de luxe et il nous ont conseillé d’utiliser un nom français ».

Donc Lucie pour luciole et, en italien, « luce » signifie lumière. Avouez que vous étiez à des années-lumière de trouver la signification !

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On répond au besoin d’un écosystème. Les industriels de la musique ont trois grands problèmes : ils ont peu de données sur leurs clients, le public est souvent passif. Avec notre bracelet connecté, nous utilisons la lumière pour créer de nouvelles interactions entre le public et l’artiste, tout en permettant aux industriels d’analyser les données de sur leurs clients, afin de mieux comprendre leurs besoins.

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L’investissement dans l’industrialisation est un obstacle majeur pour une société de notre taille. De plus, le monde de l’Internet des objets est relativement nouveau dans la communauté des investisseurs. Nous progressons sur les deux fronts dans notre quête de financement et notre industrialisation, grâce au fait que nous présentons une technologie de rupture, qui n’existe nulle part ailleurs, avec un besoin marché exprimé.

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Il faut s’entourer de personnes avec des compétences complémentaires et très pointues dans tous les domaines (hardware et software). Et ne surtout pas attaquer l’industrialisation à la légère, il faut s’y préparer. Devenir entrepreneur demande énormément de compétences, d’investissement personnel et de persévérance. Pour résumer : c’est difficile et il faut avoir la foi.

Quel est l etape cle a franchir

Se rendre compte qu’on répond à un vrai besoin. Quand nous nous sommes rendus à Tokyo et que les représentants de l’écosystème de l’Entertainment se sont montrés intéressés, on a senti qu’on était sur la bonne voie. Par ailleurs, on a quand même été accepté au sein des deux accélérateurs dans le but de signer des contrats commerciaux. Et, cerise sur le gâteau, des entreprises nous ont contactés pendant le MIDEM, pour des précommandes de nos bracelets.

Comment financer son lancement

On a opéré une première levée de fonds, nourrie par nos proches et des investisseurs habitués au monde de l’entrepreneuriat. Nous avons fait par ailleurs appel à Bpifrance dans le cadre de la PTR (Prestation Technologique Réseau) pour le dépôt de notre premier brevet ainsi que de l’ADI (Aide pour le développement de l’Innovation) dans le cadre de notre première levée de fonds.

Cahier des tendances « RETAIL CONNECTE »

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