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La Suisse entrepreneuriale s’éveille à la révolution 3.0

Un vent entrepreneurial se lève sur la conservatrice Suisse. Pays géographiquement enclavé et culturellement ancré sur quelques industries traditionnelles, la Confédération s’éveille à la révolution 3.0.

Les leaders de l’industrie pharmaceutique, du luxe, des biens de grande consommation s’orientent lentement vers une transition connectée. C’est aussi et surtout un écosystème qui se créé autour d’un nombre toujours plus important de start-ups dans le mobile, la biotech, la medtech, la fintech, la cleantech, l’électronique ou l’horlogerie. Grand angle et focus sur nos cousins helvètes.

Un écosystème solide: biotech, medtech, mobile, électronique…

2015 a marqué une étape importante dans la structuration de ce tissu entrepreneurial. Dans son édition du 2 février, le magasine Bilan souligne une croissance de 50% du nombre des levées de fonds à hauteur de 670 millions de francs suisses. Les montants maximum s’approchent également des normes mondiales avec un peu moins de 100 millions pour CeQur ou 77 millions pour ADC therapeutics, deux sociétés biotech. D’autres levées de fonds plus modestes comme celle d’InSphero pour 20 millions ou plusieurs fusions-acquisitions attestent de la vitalité de cette économie.

Ecole Polytechnique de Lausanne
Ecole Polytechnique de Lausanne

Quelques pépites de l’internet des objets sont également en phase de décollage. Orbiwise développe des solutions logicielles au-dessus des réseaux dédiés IoT, notamment LoRa, et adresse des verticaux type smart city comme à Mumbai ou Bengalore, où la solution est déployée. ComfyLight, startup basée à Saint-Gallen, a développé une ampoule assez intelligente pour sécuriser la maison. La solution comprend les habitudes de consommation et les imite pour simuler une présence, par exemple.

Plus ambitieuse dans l’approche technique et le potentiel marché, Biowatch propose une solution biométrique wearable pour sécuriser les transactions physiques ou digitales, remplacer les clefs, les code PIN, cartes de transport ou les mots de passes. Fondée en 2015, Biowatch s’est associée cette semaine aux deux organismes majeurs et « traditionnels » du software et du hardware suisse que sont l’IDIAP et le CSEM. Elle s’appuie également sur l’écosystème développé par FintechFusion, l’accélérateur genevois qui les a sélectionné pour un programme entrepreneurial de douze mois.

Matthias Vanoni, le CEO et co-fondateur, argumente ce partenariat à plusieurs titres : « Nous adressons un marché globalisé dont les normes de sécurité sont, à juste titre, parmi les plus strictes. Ce partenariat nous permet à la fois d’accélérer la disruption de l’identification par la forme des veines du poignet, mais aussi et surtout d’agréger des compétences en physique et micro-électronique à la pointe de la compétition mondiale ».

Et c’est là, l’un des points importants de ce nouvel écosystème. Il participe à la fois de ce tsunami disruptif qui bouleverse les « vieilles économies », mais il n’en fait pas table rase. C’est au contraire, une  mutation darwinienne qui s’opère ici, où seuls les moins adaptés disparaitront pour faire place à une nouvelle génération.

Des licornes helvètes, ici et maintenant

Comme Orbiwise et Comlight, Biowatch fait partie des « 50 start-ups dans lesquelles investir » du magazine Bilan. « Nous ouvrons une fenêtre d’opportunité, jusque fin mars, pour un seed de 1,2 millions de francs suisses, – détaille Florent Bourachot, CFO de Biowatch. – Les besoins en investissement sur des technologies hardware sont conséquents. Entre la R&D, l’industrialisation, l’IP et le recrutement d’experts centraux sur ces sujets, ce montant est un minimum, assez standard, en somme pour développer un prototype commercialisable. Pour autant, nous sommes confiants dans le fort potentiel économique de Biowatch, car nous avons développé, enrichi et protégé une solution d’authentification unique novatrice et scientifiquement prouvée depuis 1985. La traction du marché, notamment auprès des industries horlogère, bancaire et automobile, est également un élément central qui explique le très fort taux d’adhésion à notre levée. Des business angels et des venture capitalists souscrivent, au-delà même de la Suisse. Nous sommes confiants, même si des tickets sont encore ouverts. C’est un travail assez consommateur de temps, mais indispensable pour expliquer la révolution à venir incarnée par Biowatch ».

MassChallenge Start-Up Summit ouvrira ses portes le 10 février
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C’est donc un écosystème solide adossé à un tissu universitaire et financier traditionnel qui  dessine les disruptions suisses. « Nous sommes également soutenus par la confédération qui nous a octroyé une aide à la R&D d’un montant dépassant le million de francs suisses, – précise Matthias Vanoni. – C’est un atout incontestable, à la fois accélérateur de particules et aimant à investissement. En somme, l’état suisse a été un acteur essentiel pour atteindre la masse critique ».

Ainsi la Suisse n’est plus le pays de l’incubateur calme, mais bien un acteur européen de premier plan. L’engagement de ses start-ups constitue déjà un des dynamiteurs des industries traditionnelles que sont l’horlogerie ou le pharmaceutique. C’est ici et maintenant que naissent les licornes helvètes.

1 commentaire

  1. Ça fait de nombreuses années que la Suisse s’oriente vers les industries et les services à haute valeur ajoutée du XXIème siècle. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Mais il est vrai que depuis 2015, la tendance semble s’accélérer.

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