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[Startup Tour] Avec Terradona, triez et empochez

Vous triez vos déchets, on vous offre des cadeaux. Les deux cerveaux de Terradona ont lancé Cliiink, l’appli qui vous récompense pour votre geste citoyen. Présentation.

Terradona

[author title= »Jean-Marc Toubiana » image= »https://www.objetconnecte.com/wp-content/uploads/2015/08/jean-marc-toubiana-terradona.jpg »]Jean-Marc Toubiana est le fondateur et dirigeant de Terradona. Diplômé d’un Master en marketing, décerné par l’Institut français de gestion (IFG) de Lyon, il a ensuite été responsable d’analyse qualitative pour les collectivités dans le comportement des usagers, dans le domaine des ordures ménagères et le tri sélectif pendant dix ans.[/author] [author title= »Mathieu Oliveri » image= »https://media.licdn.com/mpr/mpr/shrinknp_400_400/p/4/000/14f/12b/246c718.jpg »]Mathieu Oliveri est directeur du développement technologique. Ingénieur diplômé par l’école nationale supérieure de Mines de Saint-Etienne, il est spécialisé dans les systèmes embarqués. Il a travaillé dans différentes startups, en tant chef de projet et ingénieur de développement logiciel.[/author]

Récompenser le geste citoyen

Lancée en août 2013, la startup est une réponse au fait que les français ne trient pas leurs déchets. “Les Allemands trient 45% de leurs déchets, quand nous n’en trions que 25%”, précise Jean-Marc Toubiana.

Après plusieurs années d’étude comportementale, il s’est donc rendu compte que la solution est simple: il faut récompenser le citoyen.

pcloud

“Les containers sont comme des grandes boîtes vides. On leur a donné une intelligence”

La consigne 2.0

Le procédé fait penser à la consigne d’antan. “On parle là d’un temps que les moins de trente ans ne connaissent pas”, ajoute Jean-Marc Toubiana, en rigolant.

Il y a quelques dizaine d’années, en France, le prix d’une bouteille comprenait 10 à 30 centimes qui étaient rendus au consommateur s’il ramenait le récipient vide. Aujourd’hui plus en fonction en France, la consigne perdure toujours en Allemagne et en Belgique.

Avec Cliiink, les entrepreneurs de Terradona vous propose de trier vos déchets (verres, cartons, papiers, plastiques) et vous récompensent en vous offrant des réductions. Il suffit à l’utilisateur de s’identifier via l’application Smartphone ou grâce à une carte sans contact. Chaque déchet jeté rapporte des points, qui donnent droit à des réductions.

Fonctionnement_Cliiink

Des récompenses ciblées

Selon certaines études, trois principaux profils de gens qui ne trient pas leurs déchets se dégagent: les jeunes, les personnes défavorisées et les cadres supérieurs, une population aisée.

“On adapte donc nos cadeaux en fonction de ces profils”, précise Jean-Marc Toubiana. Des places de cinéma gratuites et des réductions sur la billetterie de spectacle pour les jeunes, des réductions chez les commerçants locaux pour les gens moins aisés et des promotions sur les sites de e-commerce pour les cadres supérieurs.

“On privilégie les partenariats avec les commerçant locaux, pour favoriser l’économie locale”

Une technologie très poussée…

Le système embarqué est doté d’une technologie unique assez poussée. Et pour qu’elle puisse voir le jour, Terradona a investi un millions d’euros en recherche et développement.

Développée avec le Laboratoire de l’électronique et de la technologie de l’information (Leti), elle peut reconnaître l’usager trieur, récompense le tri, mesure le remplissage du container et analyse différentes données.

“C’est une technologie de très haut niveau que l’on a pu développer en deux ans. Les conteneurs de tri deviennent intelligents et connectés”

En effet, le système permettra aux collectivités de connaître le taux de journaux, bouteilles et autres déchets triés par quartier. Il leur sera aussi possible de relever le taux de remplissage des containers, une donnée utile lors des tournées de ramassage.

Cliiink_communication

…et rentable pour les collectivités

Cette volonté de mettre en valeur le geste citoyen, c’est très beau. Mais, concrètement, les collectivités y trouvent-elles leur compte ? Oui.

« Cette technologie permet de réduite les émissions de CO2 de 2.000 tonnes par an pour une agglomération de 600.000 habitants, tout en réduisant les coûts de traitement de 1,8 millions d’euros »

S’équiper de containers Cliiink coûte 1,50 euros par an et par habitant aux collectivités. Un investissement certes, mais qui rapporte de l’argent.

« En comptant les cadeaux reversés aux citoyens, notre offre permet de redistribuer 180 euros par an et par habitant« , précise Jean-Marc Toubiana. Comment ?

D’une, les récompenses font fonctionner le commerce local, comme précisé plus haut. Ensuite, le tri est valorisé par beaucoup de marques, qui reversent quelques centimes par objet recyclé. A l’échelle d’une collectivités, la somme grimpe vite.

Un tube dans le container

Démonstration du fonctionnement de Cliiink © Facebook Terradona
Démonstration du fonctionnement de Cliiink © Facebook Terradona

Mais où ce système intelligent sera-t-il disposé ? Directement dans le container. “On va passer un tube dans l’opercule qui permet de jeter les déchets et les utilisateurs n’auront qu’à les faire glisser dedans”, explique Jean-Marc Toubiana.

Et c’est là que commencent les difficultés. Les deux têtes pensantes de Terradona ont donc du concevoir un système embarqué pouvant résister aux différentes températures, assez solide pour supporter les chocs données par les camions poubelle lors de leur tournée de ramassage, suffisamment protégé pour ne pas être impacté par les jets d’huile ou les tâches de confiture (par exemple) et costaud au point de survivre au lavage des containers, qui se fait au karcher.

Une première phase de test

Le président François Hollande a testé Cliiink © Terradona
Le président François Hollande a testé Cliiink © TF1

Lancé en août 2013, la startup va déjà se lancer dans une première phase de test de six mois, dans la métropole d’Aix-Marseille et la communauté d’agglomération du Pays d’Aix.

“On va valider la technologie. Ca comprend 100 containers et 50.000 habitants”, précise Jean-Marc Toubiana. Selon les résultats, le déploiement de Cliink pourrait se faire à l’échelle nationale d’ici 4 ans.

La startup multi primée

Terradona_Prototype

Même si elle n’a que deux ans, Terradona présente déjà un CV impressionnant, qui peut mettre ses parents en confiance. Hébergée par l’école des Mines de Saint-Etienne, elle est déjà labellisée French Tech.

Mais elle est aussi lauréate du prix Gemalto 2015, du prix CNRFID 2015 et a été reçu seconde au prix des Tremplins de l’économie 2014 ainsi que lauréate du réseau entreprendre 2014.

Parmi ses partenaires, elle compte la CCI Marseille-Provence, Minalogic et peut compter, entre autres, sur des subventions de l’Agence nationale de la recherche (ANR). Et surtout, la startup peut compter un membre éminent qui devrait bientôt entrer dans son capital. Le suspense sur son nom est total, mais sachez que c’est un acteur majeur du service aux collectivité.

Nommée pour s’exporter

En effet, Cliiink est d’abord prévu pour les collectivités locales, mais son modèle peut se développer dans les pays du monde entier.

Si le nom de Terradona est compréhensible (“Terra” pour terre et “Dona” pour don), celui de Cliiink l’est un peu moins. “C’est en fait le bruit que font les bouteilles en tombant dans la poubelle. C’est un nom compréhensible par toutes les cultures, parce qu’on veut s’exporter à l’international”, précise Jean-Marc Toubiana.

Avouez que vous n’aurez jamais trouvé.

5 questions à Terradona

quelle cle de votre succes

On va permettre aux collectivités territoriale de faire des économies et on valorise le geste citoyen avec des cadeaux. C’est une proposition écologique, économique, intelligente et connectée. Notre solution est unique.

quel est obstacle majeur que vous ayiez eu a surmonter

La conception de la technologie.

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Il faut toujours vérifier qu’il y a bien une demande par rapport à ce qu’on propose. L’objet doit toujours coller à une demande et être cohérent avec le marché.

Quel est l etape cle a franchir

C’est la signature de tous nos partenariats et le gain de tous nos prix qui nous a mis en confiance. Être hébergé par l’école des Mines est aussi une grande chance, car nous sommes en contact avec ses professeurs. La subvention ANR, la bourse BPI French Tech, le partenariat avec la CCI de Marseille-Provence… tous ces entretiens nous ont forcé à défendre notre projet devant de grands comités, à prouver son intérêt. Ca nous a vraiment conforté dans ce projet.

Comment financer son lancementOn a commencé en dégageant 100.000 euros de nos fonds propres, puis nous avons présenté le projet à des comités. Puis nous avons eu droit à la bourse BPI France, à la subvention ANR, à l’abonnement du Conseil Général et, maintenant, nous comptons sur l’entrée au capital d’un acteur très important.

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