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Bus enjambeur : la Chine ouvre enfin une enquête pour financement illégal

Dimanche 2 juillet, la police chinoise a annoncé l’ouverture d’une enquête concernant le bus enjambeur électrique TEB déjà soupçonné depuis de longs mois de couvrir une arnaque à l’investissement.

L’innovation est une course sans fin vers l’amélioration du quotidien. Après identification d’un besoin, d’un marché, les entreprises proposent leurs idées, si besoin cherchent des fonds pour la réaliser et tentent de convaincre les clients potentiels de l’intérêt de leur projet.

Un projet trop beau pour être vrai

C’est ce que l’entreprise chinoise de l’homme d’affaires Bai Zhiming avait réussi à faire auprès de la ville de Qinhuangdao, situé dans la province du Hebei, et des investisseurs. Imaginé en 2010, ce projet avait pour but de créer un bus enjambeur afin de désengorger le trafic souvent ralenti par les bouchons. Le TEB – pour Transit Elevated Bus – avait été testé en aout 2016 sur un banc d’essai de 300 mètres, prouvant la viabilité du projet, malgré de nombreuses critiques techniques, et attirant le regard du reste du monde.

Cependant, le bus enjambeur n’a pas été remis en service depuis ce test. Alors que l’ingénieur responsable du projet défendait le fait d’avoir passé un contrat avec la ville portuaire de Qinhuangdao il y un an, l’espace de test est aujourd’hui démantelé depuis la fin du mois de juin après avoir causé de multiples bouchons. Un comble.

Le bus enjambeur dans le radar de la police

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Il ne s’agirait finalement que d’un appât pour organiser une arnaque à l’investissement. Dans un premier temps, Bai Zhiming se serait servi du projet pour amasser près de 23 millions d’euros auprès de 200 investisseurs chinois à qui il promettait un taux de rentabilité de 12 %. Bloomberg avait rapidement signalé cette arnaque commune en Chine orchestrée par des entreprises qui souhaitent se financer avec un projet factice par le biais de plateforme de prêts en ligne.

En l’occurrence, Bai Zhiming aurait utilisé sa firme crédit en ligne Huaying Kailai pour flouer les investisseurs puisqu’une toute petite partie de la somme aurait servi à mettre sur pied le bus enjambeur. Les autorités chinoises réagissent enfin dans un contexte de la multiplication des scandales financiers et ont ouvert une enquête pour collecte de fonds illégale. Une trentaine de dirigeants, dont le fondateur de cette entreprise, ont été arrêtés. La police demande aux investisseurs escroqués de se signaler afin de porter plainte. Selon le Southern Metropolis Daily, près de 72 personnes ont déjà effectué cette démarche d’accusation.

Mais l’arnaque semble aller plus loin que prévu. Au total, Huaying Kailai aurait levé illégalement 1,3 milliard de dollars autour du projet de bus enjambeur. Le plus gros investisseur étant le gouvernement de la province du Heibei. Il sera difficile pour Bai Zhiming “d’enjamber” un procès d’envergure.

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