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Cisco exprime son approche de la transformation numérique

Hier, nous nous sommes déplacés au PIRL, le centre parisien de recherche et développement de Cisco. Guillaume de Saint Marc, Directeur de l’innovation de Cisco France, nous attendait pour nous expliquer les enjeux technologiques pour l’équipementier et ses clients.

Rendez-vous au 6 e étage de l’immeuble Cisco à Issy-Les-Moulineaux. Nous rentrons dans une salle d’environ 20 mètres carrés. Sur la moitié des murs de la pièce s’étalent de nombreux écrans de bonne taille. Il s’agit de l’Immersive Lab. Ce lieu, on le comprend rapidement, facilite les échanges entre les équipes R&D entre Paris et les États-Unis. “Cela facilite la collaboration comme dans un Open Space, déclare Guillaume de Saint Marc. Nous partageons plus aisément les idées de cette manière”, avance-t-il.

Le PIRL, un centre R&D parisien pour couvrir les besoins européens

Le bâtiment abrite entre 250 et 300 salariés de Cisco. L’équipe du PIRL (Paris Innovation & Research Lab) représente environ 70 personnes. Les membres sont des consultants, un CTO, des ingénieurs, des développeurs, des prestataires et des stagiaires doctorants de Télécom Paris Tech et de Polytechnique. Il s’agit du hub européen de la recherche pour l’entreprise américaine.

Cisco n’a pas de grands laboratoires. Nous sourçons les recherches auprès des universités”, affirme Guillaume de Saint Marc. Le PIRL partage donc des projets avec les écoles comme celle citée ci-dessus.

Pour autant, le centre d’innovations créé en 2015 a pour principale activité d’incuber les nouvelles technologies et les architectures Cisco. Les ingénieurs développent des solutions en amont du travail des différentes divisions de l’équipementier.

Cela concerne de nombreuses briques comme les centres de données, les réseaux, l’IoT et les appareils durcis comme des routeurs, des switchs, des passerelles, des antennes cellulaires, etc. Ceux-ci sont conçus pour s’adapter à des environnements divers, que ce soit des bureaux ou des usines.

Selon le directeur de l’innovation, “l’enjeu c’est de connecter et de programmer l’ensemble des segments industriels par le biais d’une interface”.Cela concerne évidemment les villes et les usines intelligentes.

Co-innovation, startups, open source : les vecteurs de la transformation numérique

Pour cela, Cisco mise sur la co-innovation.C’est une nécessité fondamentale. Notre portefeuille de solutions permet de faire tout en général, mais ne répond pas à un cas d’usage en particulier. Ce n’est que lorsqu’on travaille avec un Bouygues, un Vinci, un Valeo ou un EDF que l’on applique et que l’on apprend comment concevoir des architectures dédiées à certains secteurs d’activité”, affirme le directeur de l’innovation.

Cette tendance forte à la collaboration s’explique par “les enjeux extrêmement brutaux de transformation” auxquels les entreprises font face. Ce qui nous intéresse c’est d’aider ces acteurs à conduire ce changement”, déclare notre interlocuteur.

Dans un même temps, le PIRL incube quelques startups. Cisco ne propulse pas autant de nouveau “challengers” que ses partenaires comme Orange. Selon Guillaume de Saint Marc, l’équipementier considère les jeunes pousses comme des soutiens de la transformation numérique. Il s’agit d’aider les grands groupes à accélérer cette phase en s’alliant avec les bons nouveaux venus. “On sort de l’ère startup versus corporate et on l’entre dans l’ère startup + corporate”. L’objectif se résume à adopter de nouvelles approches et de changer petit à petit l’état d’esprit de l’entreprise.

Cisco est un membre de la fondation Linux et a donc rapidement constaté l’importance de l’open source. Depuis 2007, elle participe à différents projets. Au départ, les efforts restaient minimes, mais aujourd’hui le spécialiste américain dispose de son Open Source Dev Center. La firme contribue activement à quatre briques : Mindmeld ( une plateforme d’AI conversationnelle), Fast Data Project (un gestionnaire réseau et stockage universel), Open Stack (des outils d’orchestration cloud) et OpenDaylight (un projet autour d’un Software defined Network).

Une nouvelle approche de la gestion réseau selon Cisco

Cette dimension permet de couvrir les besoins technologiques de Cisco afin d’accroître les capacités réseau. Pour Guillaume de Saint Marc, la multiplication des capteurs, l’évolution démographique mondiale, la connexion massive à des infrastructures Cloud, etc. demande de poursuivre la recherche fondamentale.

L’avènement du Cloud amène à une nouvelle approche. Le Network Functions Virtualization s’impose. “L’on déploie de plus en plus des fonctionnalités de routing, de switching, voire de firewall par le biais d’un serveur banalisé et d’un logiciel dédié” assure le directeur de l’innovation. De même, la cybersécurité connaît des changements rapides grâce à l’IA. Cela modifie la manière d’adresser le marché tout en provoquant de nouvelles attentes. Le PIRL développe là des solutions notamment basées sur Fast Data Project.

La 5G, une technologie pour les entreprises

La 5G s’impose évidemment comme un sujet de recherche important. Elle rejoint et amplifie les problématiques abordées ici. L’équipementier a présenté récemment sa collaboration au projet 5G Rural First. Cette initiative du gouvernement britannique consiste à faire appel à une trentaine d’organisations pour déployer le nouveau LTE dans les campagnes. Cisco pilote ce consortium et a installé un coeur de réseau. Elle participe à l’expérimentation de nombreux cas d’usage dans les domaines du transport, du tourisme et de l’énergie. L’objectif visé ? Apporter de la valeur ajoutée à des entreprises présentes dans des zones rurales et voir si l’essor de ces activités ne peut pas amortir le coût de l’infrastructure déployée à l’échelle nationale.

L’on évoque des Vaches connectées, une couverture des zones blanches pour les touristes, des éoliennes connectées pour faciliter la maintenance préventive, etc.

“La 5G réclame des investissements énormes. Aujourd’hui, les consommateurs ne sont pas prêts à payer leurs forfaits téléphoniques bien plus chers qui le payent déjà. Pour la première fois, la demande ne vient pas du grand public, mais la transition va être financée par les besoins de numérisation de l’industrie”. Nous aimerions beaucoup avoir une initiative similaire en France.”

Vers la convergences des réseaux IoT

Les autres technologies ne doivent pas pour autant être rejetées. La norme WiFi 6 qui sera adoptée d’ici la fin de l’année s’avère beaucoup plus performante que la précédente. Les entreprises investissent également dans des solutions de couverture de type Narrow Band IoT et LPWAN. Il y a un besoin de contrôler ces infrastructures grâce à une plateforme unifiée. Cisco mise donc sur le réseau hétérogène ou Het Net.

Lors du Mobile World Congress 2019, l’équipementier a présenté son Unified Domain Center. Constatant que la 5G sera fortement adoptée par les entreprises, il propose à ces dernières de gérer une part du réseau d’un opérateur et de le protéger. Cette sorte de bulle permettrait de ne pas déployer sa propre infrastructure.

Pour mitiger les nouveaux risques, Cisco considère que la cybersécurité a besoin de l’intelligence artificielle.

Guillaume de Saint Marc déclare : “Notre problème, c’est de ne pas remplacer les individus, mais de ne pas engager trop de personnel parce que les réseaux atteignent une taille inégalée. L’IA va augmenter les capacités des experts de la cybersécurité”.

La société propose notamment la brique Encrypted Traffic Analysis qui détecte les menaces au sein du trafic chiffré. Les algorithmes de machine learning, d’analyse contextuelle et de détection fonctionnent pour l’instant dans un environnement Cisco. La plateforme Stealthwatch Entreprise détecte les données en provenance des commutateurs et des routeurs de la marque.

Les DSI n’avancent pas à la même vitesse que Cisco

Cette vision à long terme ne reflète pas totalement la réalité du marché. Les différentes sociétés n’avancent pas aussi rapidement, même celles qui ont déjà entamé leur transformation numérique. Notre interlocuteur identifie trois types d’attitudes imputables à ces directions informatiques. Ceux qui débutent viennent se nourrir d’idée, réfléchir à voix haute avec les membres du PIRL.

Ils souhaitent des résultats les plus immédiats possible que l’on obtient souvent en connectant leurs infrastructures avec leurs métiers. Par exemple, nous discutons avec de grandes enseignes qui veulent profiter des routeurs WiFi fraîchement installés. Nous leur rappelons que ces boîtiers sont fournis avec logiciel de mapping qui permet de repérer les zones chaudes dans un magasin”.

La seconde catégorie cherche à migrer une partie de ses actifs dans le Cloud tout en évitant de se retrouver bloquée chez un fournisseur. Ils veulent également améliorer la maîtrise de leurs réseaux par le biais du logiciel, connecter leurs chaînes de montage, et autres.

Enfin, une troisième portion de DSI souhaite gérer précisément les environnements désagrégés en adoptant le concept de Software Defined Perimeter. Ce service consiste à renforcer la sécurité en installant un périmètre défini par logiciel. L’outil n’a plus systématiquement confiance dans l’utilisateur et son périphérique enregistrés, car il vérifie le contexte de connexion. De plus, la personne connectée accède à une application et non à l’entièreté du réseau.

Autant de problématiques qui obligent Cisco et ses partenaires à non seulement imaginer des solutions pour demain, mais aussi à répondre aux enjeux présents.

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