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Cisco IoT : deux ans après, qu’est devenu la plateforme Jasper ?

Cisco s’est lancé comme les autres équipementiers sur le marché de l’Internet des Objets. Gaël Dulong, spécialiste IoT chez Cisco IoT revient sur les avancées de l’entreprise dans ce domaine tout en proposant en observant les possibilités de ce secteur en pleine croissance.

Cisco se devait de s’attaquer au marché de l’Internet des Objets. Pour ce faire, l’équipementier américain avait racheté Jasper en 2016 pour 1,4 milliard de dollars. Cette plateforme de gestion de connexion est finalement devenue une solution motrice dans la stratégie IoT de la firme.

Une croissance rapide en deux ans

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Gaël Dulong.Crédit : Cisco

Renommée Cisco Jasper, puis Cisco IoT, la plateforme de gestion de connectivité est utilisée par un nombre croissant d’entreprises. Gaël Dulong, spécialiste IoT chez Cisco IoT rappelle les chiffres clés à retenir : “Cisco IoT gère près de 50 millions d’objets connectés à travers 120 pays dans le monde. Cela est rendu possible par des accords passés avec plus de 50 opérateurs de télécommunications. Nous comptons 11 000 clients entreprises, à raison d’une augmentation de 500 clients par mois.

Pour expliquer cette croissance, il convient de rappeler comment fonctionnent Cisco IoT et sa solution Control Center. Il s’agit d’une plateforme de gestion de connectivité (gestion d’un parc, mises à jour, installation, etc.) consacrée à des objets connectés utilisant une carte SIM. Il s’agit donc de gérer des produits communiquant avec des réseaux licenciés comme la 2G la 3G et la 4G. La plateforme supporte et supportera également les connectivités Narrow-Band IoT et LTE-M.

Cela est prévu dans la Roadmap”, rappelle Gaël Dulong.”C’est dans l’ADN de la société que de suivre les évolutions des déploiements opérés par les opérateurs”, précise-t-il.

En revanche, le spécialiste IoT explique que Cisco IoT est “très dépendant des réseaux opérateurs” et des investissements mis en place par ces acteurs.

Notre interlocuteur analyse ce phénomène :

Nous avons une position agnostique. Les opérateurs choisissent les réseaux IoT qu’ils veulent exploiter. Nous travaillons donc au cas par cas. Un partenaire comme AT&T se concentre sur l’utilisation du LTE-M afin de se laisser la possibilité de communiquer par la voix. En Chine et en Asie, Huawei rencontre un certain succès avec son réseau NB-IoT puisqu’il permet une baisse de la consommation énergétique”.

La plateforme de gestion de connectivité Control Center n’est cependant pas compatible avec les réseaux LPWAN comme Sigfox et LoRa. Selon Gaël Dulong, ces technologies sont récemment arrivées à maturité. Il faut dire que le modèle économique adopté par Cisco IoT pour la plateforme est calibré en fonction des opérateurs de télécommunications. Ils sont à la fois les pourvoyeurs des différents réseaux sur lesquels Cisco effectue du roaming de connexion et à la fois les distributeurs exclusifs de la solution Control Center.

L’enjeu du traitement de la donnée primordial pour Cisco IoT

L’équipementier américain y ajoute une solution d’agrégation de données nommée Kinetic. Rattachée à la plateforme CIsco IoT, elle permet d’extraire les données de la plupart des objets connectés et des les traiter. Le client a le choix de la date et du lieu du traitement. Le traitement peut s’effectuer en mode Edge computing, sur site ou dans un cloud. Il a le choix entre le temps réel ou différé. Dans le cadre de l’application du RGPD, elle facilite la sécurisation et l’anonymisation des données. “Les plateformes de ce type deviennent des tiers de confiance”, conclut Gaël Dulong.

La plateforme proposée par la division Cisco IoT séduit les fabricants de voitures connectées, les gestionnaires d’équipements dédiés à l’énergie, les entreprises qui adoptent l’IIoT et la maison connectée. L’adoption de ces technologies pousse la croissance de Cisco IoT. En revanche, ce changement de modèle économique pour l’entreprise entraîne des incertitudes. Si le bénéfice net du premier trimestre a augmenté par rapport à l’année 2017 (2,69 milliards contre 2,52 milliards de dollars), si le chiffre d’affaires s’établissait à 12,46 milliards de dollars, Cisco a réduit ses prévisions à la baisse pour le trimestre qui s’est récemment terminé. L’IoT, le Cloud et la cybersécurité ne complètent pas encore les pertes liées aux méventes des routeurs.

Sources & crédits Source : - Crédit : Photos : Prayitno Flickr CC2.0

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