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[Tribune] Trois conseils aux collectivités territoriales pour devenir une smart city

David Assou est un consultant spécialiste de la Smart City. Il explique dans cet article comment les collectivités territoriales peuvent s’adapter à cette nouvelle tendance qui transforme les villes. 

David-Assou collectivités territoriales

La smart city est une nouvelle façon de concevoir l’organisation et le développement de la ville qui prend en compte, les progrès technologiques, les contraintes environnementales, l’urbanisation, les changements démographiques et les paramètres socio-économiques des territoires.

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Les collectivités territoriales entrent progressivement dans l’ère des smart cities. L’adaptation à ce concept est globalement assez lente. Cependant, des leviers existent pour permettre aux acteurs publics et privés de réussir leur transformation.

Je formulerai trois conseils aux collectivités territoriales qui souhaitent opter pour la smart city.

Mettre en place une stratégie

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Avoir une stratégie, c’est d’abord analyser la situation et avoir réfléchi aux problématiques existantes. Les objectifs doivent être décrit dans un cadre espace-temps cohérent. Ensuite, il faut l’expliquer pour qu’elle soit bien comprise par les différentes parties prenantes et aussi la rendre publique (exemple de Paris, ville intelligente 2020).

Il est important que chaque territoire élabore une stratégie de ville intelligente adaptée à son identité et aux enjeux locaux, car il n’existe pas de modèle de smart city. La stratégie de Nice n’est pas celle de Toulouse, qui n’est pas celle du Havre.

Pour l’élaborer, la collectivité peut se faire conseiller dans le cadre d’une assistance à maitrise d’ouvrage (AMOA). Une procédure de marché de faible montant en utilisant par exemple la méthode du sourcing est une démarche pertinente.

Suivant les moyens financiers dédiés à la question et la volonté politique, la collectivité peut solliciter un cabinet de conseil ou un consultant indépendant spécialisé dans la stratégie et les projets smart city. Un état des lieux (matrice SWOT, benchmark) et un plan d’action cohérent sont le préalable à une action efficace.

Le consultant doit, dans son diagnostic, se baser sur les projets d’aménagement existants et y ajouter une « couche innovation » smart city en fonction de la stratégie et des objectifs de la collectivité.

Il doit également encourager la collectivité à évaluer les projets (méthode itérative) de manière à les réorienter si nécessaire.

La gouvernance : animer et faciliter

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L’enjeu de la gouvernance doit être décrit clairement dans la stratégie de smart city. Qui fait quoi ? Comment se prennent les décisions ? Qui donne l’impulsion ?

Dans notre pays, les différents écosystèmes sont encore trop cloisonnés et formés de silos qui ne communiquent pas assez entre eux. La logique de projet collaboratif qui est sans cesse invoquée n’est pas culturellement effective. Or, les enjeux de la ville de demain sont complexes et systémiques. Ils imposent donc une nouvelle approche, l’ingénierie collaborative : faire travailler sur des projets innovants des acteurs ayant souvent des intérêts divergents, mais des objectifs communs.

Aujourd’hui, une collectivité territoriale a pour mission de garantir un service public efficace. Demain elle devra jouer le rôle d’animatrice et de facilitatrice quant à la réalisation de ces projets en co-construisant ceux-ci avec les entreprises et les associations.

Ceci appellera plus de transversalités dans les services des collectivités. La mise en place d’une cellule de coordination des projets smart city placée sous la responsabilité du directeur général des services (DGS) représente un exemple de pas vers la conduite du changement organisationnel.

Par ailleurs, les besoins de l’usager ainsi que ses contraintes doivent être au coeur de la réflexion et pris en compte en permanence. Ceci implique plus de proximité entre les acteurs et avec le terrain.

Le design thinking, la maîtrise d’usage devraient constituer des méthodes incontournables dans le cadre de l’élaboration des projets relatifs à la ville. Les systèmes d’information géographique (SIG), le building information modeling (BIM) pourraient être encore mieux exploités dans le cadre de ces processus.

Les difficultés à voir éclore les smart grids en France symbolisent ces besoins de clarification de gouvernance et l’inadaptation du modèle de management de projets collaboratifs mis en place.
Tous les acteurs (public, privé, citoyens) ont à y gagner : en attractivité, confort, économies et création de valeurs.

Savoir-faire et faire savoir

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La communication est un élément clé de la transformation de la ville en smart city. En effet, l’élaboration d’une stratégie, la mise en place d’une gouvernance adaptée et la réalisation des projets smart city nécessitent une communication appropriée. Il ne s’agit pas de faire de la communication vide de sens et incohérente, mais de permettre aux parties prenantes de suivre le déroulement de la stratégie de manière à en augmenter l’acceptabilité.

Le degré de maturité du concept de smart city dans l’univers des collectivités territoriales est encore peu élevé. Une façon de le faire connaitre pourrait être de former ou de sensibiliser les cadres territoriaux, mais aussi les élus, à ce sujet fondamental pour l’avenir des collectivités. Celles-ci pourraient également contribuer à mettre en place localement, en liaison avec les parties prenantes, un ou plusieurs city lab ayant pour objectif de permettre aux usagers de s’approprier les innovations.

Les acteurs publics et privés, quant à eux, pourraient faire connaitre leurs projets de smart cities au plus grand nombre et recueillir les avis et propositions des visiteurs.

D’autre part, les expérimentations et les prises de risques relatifs aux projets d’aménagement de la ville ne sont pas assez nombreuses. Sur plusieurs champs de la smart city (logistique urbaine, éducation ou silver economy), trop peu de projets concrets voient le jour alors que le potentiel de nouveaux services est très encourageant. Les collectivités pourraient donc s’appuyer sur la commande publique pour envoyer un signal fort aux investisseurs et pour consolider leur stratégie smart city. Les partenariats d’innovation ont par exemple été créer en 2014 pour développer ce types de projets.

De la même manière, la démocratie participative n’est pour l’instant pas visible concrètement dans les projets de smart city. Les collectivités ne veulent pas ou ne réussissent pas encore à trouver les solutions managériales et techniques qui permettront aux habitants de participer à la co-construction des projets qui concernent directement leurs lieux de vie.

David Assou

David ASSOU est consultant indépendant stratégie et projets de la Ville Intelligente. Il réalise du conseil et de l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMOA), du pilotage de projets complexes, pour les entreprises et les collectivités territoriales.

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