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[DIGIWORLD] Interview de Thierry Lestable, vice président de la Lora Alliance

Thierry Lestable, vice président lora alliance

LoRa Alliance, ce réseau IoT français adopté par de grands opérateurs pour couvrir la France et d’autres pays, n’est plus à présenter aujourd’hui. Aussi nous avons souhaité savoir ce qui était concrètement mis en place aujourd’hui par LoRa.

Qu’est-ce que la LoRa Alliance apporte ?

Le but est de construire un écosystème à travers un standard, un protocole de télécom. C’est le standard de facto qui propose une solution complète et c’est pour cela que de nombreuses entreprises font appel à nous comme Cisco, IBM, Sagemcom, Semtech et bien d’autres.

Nous aidons aussi les personnes qui ne savent pas comment connecter un objet, mais qui ont des idées. La certification LoRa assure ainsi de l’interoperabilité de l’objet. Nous ne sommes pas là pour tout remplacer, mais pour donner des clés.

Qu’en est-il au niveau du déploiement ?

Nous avons fait 9 annonces de déploiements nationaux. Le programme est bien lancé en Belgique, mais aussi aux États-Unis et d’autres pays. Avec Proximus en Belgique, il a fallu seulement 5 mois pour couvrir 50% de la population et d’ici 2016, toute la population le sera.

carte de déploiement de lora dans le monde

Aux État-Unis, Senet a déployé plus de 100 tours LoRa, le nombre va s’élever à 150 en janvier, et couvre actuellement 25 millions de personnes.

C’est aussi le cas en Russie notamment avec l’opérateur LACE qui couvre une quinzaine de villes, soit 30 millions de personnes. Compteurs électriques connectés Loesk, la ville du futur Innopolis, voilà quelques exemples de projets dans le pays.

En Chine nous sommes également présents avec Augtek, un des membres du board de l’alliance. Nous avons d’ailleurs de nombreux projets avec le gouvernement chinois concernant l’IoT.

Beaucoup d’opérations vont être menées en 2016 mais nous sommes déjà présents de façon concrète dans de nombreux pays et nous ne considérons donc pas que nous sommes en retard comparé à d’autres.

Que pensez-vous de l’idée de voir des objets connectés proposés avec un service intégré ?

Il y a beaucoup de débats dans l’alliance sur le fait qu’il y a à la fois des avantages et des inconvénients à sortir des objets connectés avec des services intégrés. Mais le problème c’est surtout celui des données puisque celles-ci ne peuvent passer les frontières.

Qu’est-ce que l’IoT Challenge ?

Nous avons lancé un challenge uniquement focalisé sur l’internet des objets afin que les participants proposent des solutions innovantes, que ce soit dans la production, les Smart City, la sécurité, les maisons connectées ou encore la santé.

120 startups ont répondu et nous allons annoncé les gagnantes au CES Las Vegas.

Nous avons aussi lancé des journées open house, d’abord pour nos membres, puis ouvert à tous, pour rencontrer les acteurs de l’écosystème, prendre des contacts, discuter, apprendre à coder pour faire son objet connecté. C’est un événement pour partager des connaissances.

Pourquoi est-ce important d’apprendre aux gens à coder ?

Le fait d’apprendre aux gens à coder permet aussi l’innovation grâce à des systèmes ouverts. Cela permet d’avoir une idée innovante qui utilise cette technologie. Ainsi, lors de la création d’un objet, la personne peut venir le tester chez nous pour voir s’il est compatible avec LoRa et, si il le souhaite, devenir membre ‘adopter’ (3000 dollars), et enfin décrocher la certification auprès de Test Houses recommandées par l’Alliance.

On pense souvent que les opérateurs rejoignent LoRa pour contrer Sigfox, qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas par crainte de quelque chose non, c’est parce qu’ils connaissent les besoins des consommateurs et voient dans l’alliance une technologie qui permet des services compétitifs dans l’IoT. Notre système est ouvert et transparent.

Comment voyez-vous votre réseau par rapport à Sigfox ?

Pour nous, notre réseau va être complémentaire de la 4G, de la 5G et ne va rien voir disparaître. Nous estimons que nous ne sommes pas sur le même segment de marché aussi nous allons être complémentaires et non concurrents.

Avec SigFox, nous offrons deux alternatives concurrentes totalement différentes en terme d’approche et de Business Model, donc en dehors du fait que d’après nous, nous couvrons un plus large spectre de cas d’usage et scénarios, c’est finalement à chacun de choisir ce qui convient le mieux pour son propre besoin IoT. Nous concentrons nos efforts à développer notre Vision de l’IoT.

L’industrial internet of things va aussi se déployer très vite et l’année 2016 va être très intéressante pour ça.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre déploiement en Afrique ?

Nous sommes présents en Afrique du Sud avec Fastnet. Pour ce qui est du reste du continent, nous pensons que le déploiement se fera d’abord dans l’industrie. C’est une belle façon de permettre aux pays en voie de développement de créer des services innovants. Propager la technologie en mettant à disposition les moyens de le faire, cela devrait accélérer leur prise de décision quant au fait de se tourner vers l’IoT.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Demain il y aura beaucoup de choses connectées, la technologie doit donc être efficace, simple, bas coût, transparente, mais avec des réseaux multiples et non pas un seul et cela devrait s’agréger. En terme d’interopérabilité, beaucoup de choses vont être réalisées. La communication entre appareils va arriver également.

Entre 4G et LoRa, l’opérateur devra prendre en considération les besoins de l’objet connecté pour proposer la meilleure solution au consommateur.

Il y a aussi un débat actuellement en France sur l’expansion de la bande ISM.

Beaucoup d’annonces vont être faites soit pendant le CES Las Vegas, soit en février à Barcelone. Il va falloir être patient et rester attentif !

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