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DigiWorld : Smart City, la confiance à la mode nordique

La troisième journée du DigiWorld Summit s’est terminée le 17 décembre dans l’après-midi. Mais avant la clôture de cet événement synonyme de débats sur la confiance dans les nouvelles technologies, la table ronde consacrée à la Smart City nous a permis de découvrir les innovations mises en place au cœur de certaines villes nordiques.

Les projets de Smart City se multiplient partout. Les initiatives asiatiques, principalement chinoises et indiennes, monopolisent l’attention médiatique, en tout cas lorsque l’on consulte Google Actualités. Aux États-Unis, les investissements se concentrent sur l’avènement des transports autonomes. Et en Europe ? Les essais français ne nous sont pas inconnus : les métropoles de Lyon, Montpellier, Paris, Nice, etc. expérimentent des services connectés.

Ce que nous connaissons moins est peut-être ce qui « marche » le mieux. Deux cités proposent, dans le cadre d’un partenariat public-privé, une utilisation concrète du Big Data et des objets connectés : Copenhague au Danemark et Eindhoven aux Pays-Bas.

Faciliter l’administration publique à l’aide du Big Data

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Au Danemark, L’entreprise KMD est née du besoin de fournir des infrastructures informatiques pour les municipalités locales. Depuis 1972, l’entreprise, qui était d’abord l’émanation d’une association, fait le pont entre le secteur public et privé. L’entreprise coopère avec les ministères de l’éducation et de la santé danois. KMD développe actuellement le « Data Distributor ». Cet outil permet aux autorités et aux entreprises d’accéder de manière sécurisée à des données simples réunies sur une plateforme combinée. Ainsi, une seule solution de distribution remplace les anciennes infrastructures de gestion des informations administratives.

Ce Hub facilite le contrôle des tâches administratives et les relations public-privé. Par exemple, KMD a aidé à la mise en place d’un système de signature numérique appelé NemID. Les citoyens peuvent ainsi se connecter aux services administratifs et leurs comptes bancaires en ligne à l’aide d’un générateur de clé/mot de passe. Instauré en 2010, NemID a subi une attaque de déni de service en 2013. La cyberprotection mise en place a permis de bloquer les accès aux comptes le temps de réguler la crise, empêchant ainsi le vol d’identité des Danois utilisant le service.

Eindhoven, Minority Report à la hollandaise

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Eindhoven, plus réputé pour son équipe de football que pour son bassin d’innovation, abrite le Brainport. Il s’agit d’un centre consacré à l’expérimentation des nouvelles technologies. N’oublions pas de préciser que la ville est le berceau d’origine du groupe Philips, le spécialiste de l’éclairage intelligent.

Cependant, toute l’intelligence du projet dont nous allons parler provient du laboratoire « Living Lab ». La métropole collabore avec Atos dans le test d’un système de surveillance intelligent de l’équivalent de la rue de la soif que l’on retrouve à Lille, Rennes ou Paris. L’objectif avec CityPulse est de faire diminuer la criminalité et les accidents provoqués par la surconsommation d’alcool et la surfréquentation.

Pour cela, Atos utilise des caméras connectées, des micros connectés et l’analyse en temps réel des flux en provenance des réseaux sociaux. Ainsi, les caméras sont agrémentées d’un algorithme basé sur la computer vision afin de suivre les déplacements des personnes à distance. Concrètement, un tracé par personne s’affiche sur l’écran observé par le policier en charge. Il peut facilement suivre du regard un individu suspect sur des dizaines d’écrans correspondant à autant de caméras.

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Par ailleurs, Atos écoute la ville. La société de services ne veut pas écouter les conversations des gens, mais détecter les attroupements et les possibles affrontements. Encore une fois, ces données sont rendues visibles sur les images remontées par les caméras.

En ajoutant la composante de l’analyse des réseaux sociaux en temps réel, les opérateurs peuvent encore plus facilement repérer les situations dangereuses et intervenir en conséquence. Les forces de l’ordre peuvent même agir avant qu’un délit ou un crime n’ait lieu en combinant ces trois flux de données.

La transparence et la confiance, les clés de la Smart City

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Ces deux solutions posent évidemment des cas de conscience pour les administrateurs et les citoyens. La première a montré des failles il y a trois ans, tandis que la seconde évoque la menace d’un « Big Brother » en bonne et due forme. Ces interrogations majeures posent le problème de la confiance envers le numérique. KMD considère à cet effet avoir réussi à protéger ces six dernières années les données des Danois et d’avoir amélioré l’administration publique.

De son côté, Atos certifie que les données des caméras de surveillance ne sont pas stockées, seuls les incidents sont conservés pour aider la police dans ses enquêtes. Dans les deux cas, les entreprises associées aux états jouent la carte de la transparence.

« Nous communiquons beaucoup sur l’expérience CityPulse. Les emplacements des caméras connectées sont publics et les habitants sont habitués à ce genre d’expérience en provenance du Living Lab » affirme Niels De Schutter, Responsable des relations publiques chez Atos.

Plus tôt dans la journée du jeudi 17 novembre, Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique, s’est exprimé lors de la cérémonie de clôture des sessions plénières du DigiWorld. Si la dirigeante a majoritairement évoqué les choix politiques pour le numérique en France, elle a déclaré se sentir « nordique » quant au thème de ce salon.

De par ses origines québécoises et son ancien poste de député des Français établis hors de France, ses relations professionnelles avec le Nord de l’Europe lui ont permis de forger son opinion. « L’innovation n’est pas possible sans confiance et sans transparence » a-t-elle affirmé.

Gestion des données : Les trois défis IoT de la ville intelligente

Si ces exemples démontrent la faisabilité de la Smart City, il faut pouvoir les étendre aux autres pays, apporter des standards correspondant à la ville intelligente. Même si l’Europe met en avant une législation commune en la matière, la réticence presque naturelle de certains citoyens comme en France ne favorise pas l’émergence de solutions connectées dans l’espace urbain.

Cette table ronde avait pour but de comprendre comment instaurer de la confiance dans la ville de demain. A Copenhague et Eindhoven, le contrat est rempli. Le DigiWorld prêche des convertis, il faut maintenant s’adresser aux plus grands nombre avec un discours clair, notamment sur les partenariats publics privés.

Cahier des tendances « RETAIL CONNECTE »

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