Hexoskin : un t-shirt connecté pour surveiller les maladies pulmonaires

Des chercheurs ont mis au point un t-shirt connecté Hexoskin permettant de surveiller l’activité respiratoire. Une invention qui pourrait s’avérer précieuse pour les personnes atteintes de maladies pulmonaires…

La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) touche près de 64 millions de personnes à l’échelle mondiale. Cette maladie chronique, qui englobe la bronchite obstructive chronique et l’emphysème, se caractérise par une dégénérescence des tissus pulmonaires et par une obstruction des voies respiratoires.

Il s’agit d’une maladie chronique, qui nuit au quotidien aux personnes qui en sont atteintes. Elle peut être traitée, mais pas guérie. Il est donc nécessaire de surveiller les patients confrontés à des symptômes fréquents, comme la toux et l’essoufflement, afin de prédire l’aggravation de la maladie pour augmenter le traitement de façon proactive.

Ces symptômes surviennent généralement pendant les activités quotidiennes, par exemple quand les malades montent des escaliers ou font le ménage. Cependant, il est difficile de surveiller la respiration pendant ces activités.

Traditionnellement, la surveillance est effectuée à l’hôpital à l’aide d’équipement comme un vélo d’appartement, un masque et un ordinateur. Or, cet équipement encombrant n’est pas adapté à une observation des activités quotidiennes.

Pour remédier à ce problème, une équipe de chercheurs a présenté son projet de t-shirt connecté dans le cadre de l’European Respiratory Society International Congress. Ce type de vêtement intelligent existe déjà sur le marché, mais est principalement utilisé par des sportifs pour mesurer leurs performances. Les chercheurs voulaient vérifier s’ils peuvent aussi se révéler utiles dans le domaine de la santé.

En détectant la façon dont les mouvements du torse et de l’abdomen du porteur étirent le tissu, le t-shirt Hexoskin est capable de mesurer l’activité respiratoire et pourrait donc se révéler très utile pour les patients atteints de MPOC. En plus du volume d’air inhalé et exhalé, le t-shirt est capable de mesurer le rythme cardiaque et de suivre les mouvements du corps.

Hexoskin offre la même précision que les équipements de mesure respiratoire traditionnels

Afin de vérifier l’efficacité du vêtement connecté, les chercheurs l’ont testé sur des personnes en bonne santé pendant qu’elles effectuaient leurs activités du quotidien. Quinze volontaires ont accepté de porter le t-shirt pendant qu’ils étaient assis, allongés, debout, qu’ils montaient des marches ou passaient l’aspirateur.

Dans un second temps, les volontaires ont effectué les mêmes activités en portant l’équipement de mesure traditionnel incluant un masque et un lourd sac à dos. Les données générées par les deux expériences ont ensuite été comparées.

Les chercheurs se sont aperçus que les mesures effectuées par le t-shirt et celles réalisées par l’équipement traditionnel étaient très similaires. En position allongée, la différence entre les mesures prises par les deux équipements était de seulement 0,2% en moyenne. Ceci ne représente que quelques millilitres d’air.

La différence était un peu plus importante dans certaines situations, notamment lorsque les volontaires passaient l’aspirateur. L’écart moyen était alors de 3,1%, soit environ 40 millilitres d’air. L’expérience confirme donc que le t-shirt peut être utilisé pour surveiller l’activité pulmonaire avec précision.

A présent, les chercheurs prévoient de réitérer leurs tests sur des personnes effectivement atteintes de MPOC. En outre, la technologie pourrait s’avérer tout aussi utile pour les personnes atteintes d’autres maladies respiratoires comme l’asthme et la fibrose kystique ou les patients après une transplantation.

Les chercheurs ont pour objectif d’améliorer la qualité de vie des malades, et de surveiller les symptômes avec précision pour pouvoir les traiter plus rapidement et ainsi limiter les séjours à l’hôpital. Le t-shirt connecté à l’avantage de pouvoir être utilisé au quotidien et de ne pas gêner les malades durant leurs activités.

Les données collectées pourront ensuite être obtenues et analysées par les professionnels de la santé via une interface pour smartphone. Avec l’essor de l’intelligence artificielle et du Deep Learning, les chercheurs sont convaincus que la gestion de ces données sera facilitée et que le monitoring sera en grande partie automatisé…

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