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L’humain connecté, une finalité ?

Aujourd’hui quand nous parlons « d’humain connecté », nous pensons aux utilisateurs, aux millions de détenteurs de smartphones et de montres connectées. Pour autant, cette expression est vouée à évoluer, tout comme les hommes et les femmes en passe de se transformer, grâce ou à cause du transhumanisme.

Aller au-delà des limites du corps humain n’est pas une tendance nouvelle. On observe depuis le début du vingtième siècle, des explorations, des tentatives pour améliorer les capacités humaines.

Jusqu’alors ce besoin de performance est satisfait, non sans problèmes, par des « médicaments », des solutions moléculaires utilisées hors de leur contexte d’application comme l’EPO qui fournit aux sportifs malhonnêtes un avantage par rapport aux concurrents non dopés.

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Les amphétamines, les agents dopants, mais aussi les hormones de croissance ou encore les pilules anti-sommeil sont autant de créations pour dépasser nos possibilités physiques ou cognitives. Plus récemment l’apparition de la tendance du Quantified Self, exprime ce besoin de numériser, de chiffrer les données sur son propre corps afin de dépasser ses performances ou améliorer sa façon de manger, par exemple.

Le transhumanisme s’inscrit totalement dans cette tendance. Ce courant de pensée née à la fin des 1950 vante la nécessité « d’humain+ », des êtres modifiés dans le but d’améliorer leur condition de vie, de santé et de développer leurs potentiels physiques et intellectuels, jusqu’à atteindre l’immortalité. Le projet Calico, une filiale de Google est de vaincre le cancer et à terme atteindre ce rêve perpétuel.

Ce courant de pensée s’inspirant fortement de la Renaissance a clairement influencé l’Art, notamment le cinéma : de Frankestein de James Whale, en passant par Blade Runner de Ridley Scott, Minority Report de Steven Spielberg à Transcendence de Wally Pfister, et bien d’autres.

Cette présence d’être mi-homme, mi-machine sur nos écrans, dans les pages de nos livres et dans les produits de masse comme les jeux vidéo- les licences Bioshock et Deus Ex en lice- s’inspire des prouesses scientifiques autant et sont aussi source d’inspiration pour ceux-ci.

Les transhumains existent déjà…mais ne sont pas forcément connectés

humain connecté second sight

Les avancées de la médecine moderne le prouvent. Le transhumanisme existe déjà. Les personnes mutilées dont les membres manquants sont remplacés par des prothèses faites d’un alliage performant (comme le tristement célèbre Oscar Pistorius) ou des prothèses mécanisées peuvent être considérées comme des transhumains. Toutefois, ces exemples ne peuvent pas rentrer dans la catégorie « objet connecté » vu qu’ils n’utilisent pas les technologies liées à l’Internet des Objets.

La santé est pourtant un domaine d’application idéal pour ce genre d’avancées connectées qui paraissent futuristes aux communs des mortels. La société Second Sight l’a bien compris et a conçu une prothèse rétinienne qui traitent les informations recueillies par des électrodes placées dans la rétine endommagée  via vidéo et une connexion sans-fil. Le non-voyant ne retrouve pas la vue, mais peut percevoir des formes qui l’aident à se repérer.

Aux stades de prototypes, ces technologies vont forcément bénéficier de l’apport de l’IoT dans les prochaines années. La connexion de l’humain connecté à un serveur, l’envoi de données issues du corps humain semble l’étape logique après les objets connectés, que cela nous plaise ou non.

L’humain connecté, le travailleur idéal ?

travailleur humain connecté

De l’implant-capteur pour surveiller notre état de santé en passant par des processeurs pour améliorer notre mémoire ou encore développer notre puissance musculaire. Il ne s’agit plus de rafistoler l’humain, mais de l’augmenter.

L’humain connecté de ce nouveau genre serait ainsi capable de travailler plus vite et mieux. Les entreprises profiteraient ainsi d’une main d’oeuvre capable de supporter une charge de travail plus lourde sur un temps allongé. L’association de nos capacités cérébrales à des mécanismes de deep learning, une sorte de moteur de recherche interne, plaît aux adhérents du transhumanisme.

Cela impliquerait des problématiques d’embauche. Les personnes équipées de ces ajouts pourraient ainsi bénéficier d’un travail plus facilement que l’être « normal ».

Des risques éthiques

humain connecté

Le principal d’égalité, fondamental dans notre démocratie, ne serait plus respecté alors même que la lutte contre les inégalités lors du recrutement font parler d’elle en ce moment.

Les modifications électroniques, voire mécaniques, demandent alors de nouvelles régulations, tout comme la biomécanique dont les nanotechnologies sont les nouveaux représentants.

L’idée d’une dictature émerge également chez certains penseurs comme Jean Michel Besnier, professeur de philosophie des technologies d’information et de communication :

« Ce que veut le transhumanisme, ce n’est pas parfaire l’humanité, mais nous arracher à l’humanité. Faire de nous des êtres qui ne naîtront plus mais, qui seront fabriqués, lisser la vie psychique, ne plus vieillir grâce au téléchargement de la conscience, éradiquer la souffrance et donc le plaisir. Le désir même, alors que c’est le moteur de l’humanité… Arrêtons de dire que c’est au service de l’humanité, alors que ce n’est que pour la détruire.»

Cette incompatibilité philosophique aurait donc de possibles répercussions sur l’ensemble de notre société. Mais les scientifiques eux-mêmes remettent en cause ce mouvement suite « logique » de l’IoT actuel.

Eric Le Bourg chercheur sur la cognition animale écrit dans l’Humanité :

« Les transhumanistes promettent l’immortalité pour demain, mais il semble bien que ces ingénieurs ignares en biologie soient à la science ce que les astrologues sont à l’astronomie. Certains semblent des illuminés ou avides de notoriété médiatique, d’autres sont de simples charlatans promettant la Lune. »

Des technologies déjà avancées

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Néanmoins, ce scepticisme n’enlève pas le fait que le transhumanisme existe déjà, sans la dimension de la vie éternelle. Les « body hackers » cherche ainsi à s’ajouter par leurs propres moyens des « fonctionnalités supplémentaires » comme une caméra derrière la tête pour étendre son champ de vision ou des implants RFID pour ouvrir une porte de maison ou prendre le contrôle de son véhicule.

Si l’immortalité est loin d’être accessible, la modification corporelle par l’emploi d’implant est une réalité qui risque de prendre de l’ampleur dans les prochaines années. L’humain connecté n’est peut-être pas une finalité, mais un phénomène qui fera partie de nos évolutions technologiques, comme les robots.

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